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	<title>mille plateaux &#187; blogs et internet</title>
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	<description>mémoire des lignes de fuite</description>
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		<title>pseudo génétique</title>
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		<pubDate>Tue, 13 Nov 2007 00:38:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
				<category><![CDATA[blogs et internet]]></category>
		<category><![CDATA[pseudo]]></category>

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		<description><![CDATA[Ayant signé hier un commentaire de mon pseudo habituel, « cgat », mon interlocuteur m’a à ma grande surprise répondu que ce pseudo évoquait pour lui « ces gars, comme dans la marine » ! à chacun ses fantasmes et les pompons ne font pas partie des miens, mais cela m’inquiète un peu : de grâce, commentateurs, commentatrices, dites-moi [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ayant signé hier un commentaire de mon pseudo habituel, « cgat », mon interlocuteur m’a à ma grande surprise répondu que ce pseudo évoquait pour lui « ces gars, comme dans la marine » ! à chacun ses fantasmes et les pompons ne font pas partie des miens, mais cela m’inquiète un peu : de grâce, commentateurs, commentatrices, dites-moi à quoi vous fait penser mon pseudo ?</p>
<p>Sans même attendre vos réponses (mais en comptant tout de même sur elles !) je vous inflige l’explication (un peu tortueuse j&#8217;en conviens) qui est la mienne.</p>
<p>Premier signifié de ce signifiant particulier : CG sont mes initiales, et AT vaut pour @<br />
Deuxième signifié (puisque comme dirait ce cher Roland Barthes « Le Signe est une fracture qui ne s’ouvre jamais que sur le visage d’un autre signe ») : C G A et T sont les lettres qui désignent les composants de la molécule d’ADN (vous savez, comme dans « <a hreflang="fr" href="http://www.filmdeculte.com/culte/culte.php?id=163">Gattaca, bienvenue à</a> »).</p>
<p>L’ADN, ou acide désoxyribonucléique, est une macromolécule formée par deux chaînes qui s&#8217;enroulent l&#8217;une autour de l&#8217;autre pour former la fameuse double hélice, chaînes dans la composition desquelles entrent notamment quatre base azotées, l&#8217;adénine (A), la thymine (T), la cytosine (C) et la guanine (G), qui sont en quelque sorte les <a hreflang="fr" href="http://www.lps.ens.fr/recherche/biophysique-ADN/dna1.html">« lettres » dont les différentes combinaisons successives composent le code ou « livre » génétique</a>.</p>
<p>Il me plaît, il m&#8217;a toujours plu depuis que je l&#8217;ai appris, que mes initiales fassent partie de ces lettres singulières … à priori, donc, rien à voir avec les pompons ni les gars de la marine.</p>
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		<title>je n’aime pas ce qui m’enserre</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Jun 2007 01:15:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
				<category><![CDATA[blogs et internet]]></category>
		<category><![CDATA[queneau]]></category>

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		<description><![CDATA[Je voudrais trouver quelque chose d’original qui ne soit pas le contraire d’une banalité. 2 août 1920, p. 67 Avoir un système borne son horizon ; n’en avoir pas est impossible. Le mieux est d’en posséder plusieurs. 10 septembre 1920, p. 68 On ne se fait (presque) jamais entièrement comprendre et l’on ne comprend (presque) jamais [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="/public/images%20juin07/queneau03.gif" alt="queneau03.gif" /></p>
<blockquote><p>Je voudrais trouver quelque chose d’original qui ne soit pas le contraire d’une banalité.<br />
2 août 1920, p. 67</p>
<p>Avoir un système borne son horizon ; n’en avoir pas est impossible. Le mieux est d’en posséder plusieurs.<br />
10 septembre 1920, p. 68</p>
<p>On ne se fait (presque) jamais entièrement comprendre et l’on ne comprend (presque) jamais entièrement un autre esprit. La discussion est donc (presque) toujours inutile.<br />
On n’a jamais raison sur une question d’ordre philosophique ; une discussion n’aboutit jamais. À tout raisonnement on peut opposer un raisonnement contraire de valeur égale. (Ceci n’entraîne pas forcément, je crois, une conclusion sceptique.)<br />
vers le 6 décembre 1922, p. 111</p>
<p>Je n’aime pas ce qui m’enserre.<br />
16 août 1939, p. 367</p>
<p>Raymond Queneau, <em>Journaux</em>, 1914-1965 (Gallimard, 1996)</p></blockquote>
<p>Ces quelques notes de Raymond Queneau pour saluer la création d&#8217;un beau <a hreflang="fr" href="http://www.queneau.fr/">site consacré au Fonds Queneau</a> de la Bibliothèque universitaire de Dijon. Il s&#8217;agit de l&#8217;ancien fonds du CIDRE (Centre International de Documentation de Recherche et d’Édition Raymond Queneau) : manuscrits, dactylographies, articles et notes préparatoires ; beaucoup, malheureusement, ne sont pas (encore) consultables, pour des raisons juridiques ou parce qu&#8217;ils sont en cours de numérisation.</p>
<p>Rappelons qu&#8217;existait depuis longtemps déjà un site sur <a hreflang="fr" href="http://www.queneau.net/">Raymond Queneau</a>, complémentaire, créé par Suzanne Bagoly, responsable du CDRQ (Centre de Documentation Raymond Queneau) de Verviers, en Belgique.</p>
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		<title>courir est le meilleur choix</title>
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		<pubDate>Thu, 21 Jun 2007 01:11:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
				<category><![CDATA[blogs et internet]]></category>
		<category><![CDATA[lignesdefuite]]></category>

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		<description><![CDATA[En ces temps électoraux, les propositions très suggestives pour se tirer de situations conflictuelles de la réédition chez Rivages du répertoire chinois de proverbes tactiques inspirés par le Yi King, Les 36 stratagèmes, a été beaucoup utilisée par les journalistes : « 1. Traverser la mer à l’insu du ciel », « 7. Créer de l’être à partir [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img style="float: right; margin: 0 0 1em 1em;" src="/public/images%20juin07/36_stratagemes.jpg" alt="36_stratagemes.jpg" /></p>
<p>En ces temps électoraux, les propositions très suggestives pour se tirer de situations conflictuelles de la réédition chez Rivages du répertoire chinois de proverbes tactiques inspirés par le Yi King, <a hreflang="fr" href="http://www.payot-rivages.fr/asp/fiche.asp?Id=5533">Les 36 stratagèmes</a>, a été beaucoup utilisée par les journalistes : « 1. Traverser la mer à l’insu du ciel », « 7. Créer de l’être à partir du rien », « 10. Cacher un couteau derrière un sourire », « 14. Emprunter un cadavre pour y loger une âme », « 26. Montrer du doigt le mûrier pour sermonner le sophora », « 27. Jouer au simple mais non au fol », « 28. Retirer l’échelle après avoir fait grimper l’autre au toit », « 30. D’invité se transformer en maître de céans », etc.</p>
<p>Mon stratagème préféré est bien sûr le trente-sixième : « Mais la fuite est encore le mieux … ». Toutefois, à cette traduction des éditions Rivages, j&#8217;ai tendance à préférer celle, plus elliptique et très élégante, proposée en ligne par l’AFPC :</p>
<blockquote><p><a hreflang="fr" href="http://www.afpc.asso.fr/wengu/wg/wengu.php?lang=fr&amp;l=36ji&amp;no=36">courir est le meilleur choix</a></p>
<p>Opte contre !<br />
Choisis de ne pas participer,<br />
de ne pas jouer le jeu que ton adversaire joue.</p></blockquote>
<p>Cette <a hreflang="fr" href="http://www.afpc.asso.fr/wengu/wg/wengu.php?l=bienvenue&amp;lang=fr">base des principaux textes classiques chinois</a> proposée en ligne par l&#8217;Association Française des Professeurs de Chinois est rendue très agréable à parcourir et à utiliser par une excellente utilisation des liens hypertextes.</p>
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		<title>entassement non panoramique</title>
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		<pubDate>Tue, 27 Feb 2007 00:39:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
				<category><![CDATA[blogs et internet]]></category>
		<category><![CDATA[citations]]></category>
		<category><![CDATA[michaux]]></category>

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		<description><![CDATA[Un dernier détail de Piero della Francesca pour vous remercier d&#8217;avoir continué à lire et animer par vos commentaires les lignes de fuite pendant mon absence ! Je veux voir la boîte d’albâtre mystérieuse et translucide qu&#8217;y tient Marie-Madeleine comme une antidote à la déprimante « fosse à bitume » de François Bon, métaphore injustement négative pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="/public/images%20fev07/madeleine3.jpg" alt="madeleine3.jpg" /></p>
<p>Un dernier détail de Piero della Francesca pour vous remercier d&#8217;avoir continué à lire et animer par vos commentaires les lignes de fuite pendant mon absence !</p>
<p>Je veux voir la boîte d’albâtre mystérieuse et translucide qu&#8217;y tient Marie-Madeleine comme une antidote à la déprimante « <a hreflang="fr" href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article749">fosse à bitume</a> » de François Bon, métaphore injustement négative pour rendre compte de l’entassement vertical des billets des blogs, en sédiments certes éphémères mais pas davantage promis à l’oubli que toutes les autres humaines créations.</p>
<p>Sans doute ce texte intéressant est-il très juste sur plusieurs points, mais il me semble accuser les blogs d’évolutions qui sont celles d’internet en général : en se démocratisant, les formes d’expression en ligne se sont aussi standardisées, et il n’est plus temps d’opposer des sites dont la forme serait travaillée et personnelle à des blogs sans personnalité &#8230; ici comme là on trouve quelques pépites et beaucoup de déchets.</p>
<p>Je préfère pour ma part parcourir le chaos bavard d’internet comme Orion &#8211; aveugle et égaré &#8211; les <a hreflang="fr" href="/post/2007/02/26/fonds-commun">carrefours de sens</a> &#8230; ou comme Michaux le dictionnaire :</p>
<blockquote><p>Une de mes joies de toujours, c&#8217;est dans un état détaché, souvent sorti d&#8217;un découragement, de contempler un entassement non panoramique des efforts de l&#8217;humanité. Je prends donc un dictionnaire. Tous ces bourgeons humains, dans leur foule alphabétique (je ne lis aucune définition) bien plus qu&#8217;aucune grande idée, m&#8217;émeuvent et m&#8217;agrandissent tout en m&#8217;humiliant justement.<br />
Étincelles du monde du dehors et du dedans, j&#8217;y contemple la multitude d&#8217;être homme, la vie aux infinies impressions et vouloir être, et j&#8217;observe que ce n&#8217;est pas en vain que le monde humain existe. Même je succombe bientôt à ces myriades d&#8217;orbites.</p></blockquote>
<blockquote><p>Henri Michaux, « Idées de traverses » (1942) dans <em>Passages</em> (Gallimard, p. 19-20)</p></blockquote>
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		<title>ceci tuera cela</title>
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		<pubDate>Mon, 12 Feb 2007 00:02:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
				<category><![CDATA[blogs et internet]]></category>
		<category><![CDATA[citations]]></category>
		<category><![CDATA[Hugo]]></category>

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		<description><![CDATA[Après avoir lu les réponses de François Bon et de Berlol à un article où Francis Marmande (Le Monde, 8 février 2007) accuse la « toile cirée » d&#8217;internet de tuer la littérature, j&#8217;ai envie d&#8217;ajouter mon grain de sel en ricochant sur une autre expression. Comme trop souvent ceux qui accusent aujourd&#8217;hui internet de tous les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="/public/images%20fev07/.gargouilles_notre_dame_m.jpg" alt="gargouilles_notre_dame.jpg" /></p>
<p>Après avoir lu les réponses de <a hreflang="fr" href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article737">François Bon</a> et de <a hreflang="fr" href="http://www.berlol.net/dotclear/index.php/2007/02/11/543-juste-avant-dans-la-virgule">Berlol</a> à un article où Francis Marmande (<em>Le Monde</em>, 8 février 2007) accuse la « toile cirée » d&#8217;internet de tuer la littérature, j&#8217;ai envie d&#8217;ajouter mon grain de sel en ricochant sur une autre expression. Comme trop souvent ceux qui accusent aujourd&#8217;hui internet de tous les maux, Francis Marmande cite en effet Victor Hugo :</p>
<blockquote><p>« Oui, sans doute, voir le « Ceci tuera cela » de Hugo dans Notre-Dame de Paris. La Toile tuera le livre, vous avez raison, mais vous n’avez que raison. Cette mort promise du livre, de la littérature, du journal, plonge dans la joie sale qu’ont toujours éprouvée les nouveaux barbares devant ce qui les rassure. Rien à dire, rien à faire contre la conjuration des imbéciles et la revanche des 4 × 4. Vous avez raison, mais vous avez tort d’avoir raison. Nous n’avons que pauvrement raison d’avoir tort. »</p></blockquote>
<p>&#8230; et comme chaque fois ce détournement d&#8217;intention et le fait que jamais personne ne pense à replacer cette citation dans son contexte hugolien m&#8217;agace.</p>
<p>La sentence « Ceci tuera cela » est en effet proférée dans <em>Notre-Dame de Paris</em> par le peu sympathique archidiacre de la cathédrale, Claude Frollo, en 1482 ; elle est ensuite développée par Hugo dans un long chapitre qui précise le sens de ces « paroles énigmatiques » : « ceci » c&#8217;est le livre et « cela » l&#8217;architecture religieuse ; l&#8217;écrivain applaudit à la victoire de « ceci », celle du livre, qui, depuis le moyen âge, s&#8217;est heureusement confirmée au moment où il écrit.</p>
<p>Quelques extraits de ce texte, qui de plus est très beau (et souvent pourrait fort bien décrire internet) à l&#8217;appui de ce propos :</p>
<blockquote><p>Nos lectrices nous pardonneront de nous arrêter un moment pour chercher quelle pouvait être la pensée qui se dérobait sous ces paroles énigmatiques de l&#8217;archidiacre : <em>Ceci tuera cela. Le livre tuera l&#8217;édifice</em>.<br />
À notre sens, cette pensée avait deux faces. C&#8217;était d&#8217;abord une pensée de prêtre. C&#8217;était l&#8217;effroi du sacerdoce devant un agent nouveau, l&#8217;imprimerie. C&#8217;était l&#8217;épouvante et l&#8217;éblouissement de l&#8217;homme du sanctuaire devant la presse lumineuse de Gutenberg. C&#8217;était la chaire et le manuscrit, la parole parlée et la parole écrite, s&#8217;alarmant de la parole imprimée ; quelque chose de pareil à la stupeur d&#8217;un passereau qui verrait l&#8217;ange Légion ouvrir ses six millions d&#8217;ailes. C&#8217;était le cri du prophète qui entend déjà bruire et fourmiller l&#8217;humanité émancipée, qui voit dans l&#8217;avenir l&#8217;intelligence saper la foi, l&#8217;opinion détrôner la croyance, le monde secouer Rome. Pronostic du philosophe qui voit la pensée humaine, volatilisée par la presse, s&#8217;évaporer du récipient théocratique. Terreur du soldat qui examine le bélier d&#8217;airain et qui dit : La tour croulera. Cela signifiait qu&#8217;une puissance allait succéder à une autre puissance. Cela voulait dire : La presse tuera l&#8217;église.<br />
Mais sous cette pensée, la première et la plus simple sans doute, il y en avait à notre avis une autre, plus neuve, un corollaire de la première moins facile à apercevoir et plus facile à contester, une vue, tout aussi philosophique, non plus du prêtre seulement, mais du savant et de l&#8217;artiste. C&#8217;était pressentiment que la pensée humaine en changeant de forme allait changer de mode d&#8217;expression, que l&#8217;idée capitale de chaque génération ne s&#8217;écrirait plus avec la même matière et de la même façon, que le livre de pierre, si solide et si durable, allait faire place au livre de papier, plus solide et plus durable encore. Sous ce rapport, la vague formule de l&#8217;archidiacre avait un second sens ; elle signifiait qu&#8217;un art allait détrôner un autre art. Elle voulait dire : L&#8217;imprimerie tuera l&#8217;architecture.<br />
(…)<br />
L&#8217;invention de l&#8217;imprimerie est le plus grand événement de l&#8217;histoire. C&#8217;est la révolution mère. C&#8217;est le mode d&#8217;expression de l&#8217;humanité qui se renouvelle totalement, c&#8217;est la pensée humaine qui dépouille une forme et en revêt une autre, c&#8217;est le complet et définitif changement de peau de ce serpent symbolique qui, depuis Adam, représente l&#8217;intelligence.<br />
Sous la forme imprimerie, la pensée est plus impérissable que jamais ; elle est volatile, insaisissable, indestructible. Elle se mêle à l&#8217;air. Du temps de l&#8217;architecture, elle se faisait montagne et s&#8217;emparait puissamment d&#8217;un siècle et d&#8217;un lieu. Maintenant elle se fait troupe d&#8217;oiseaux, s&#8217;éparpille aux quatre vents, et occupe à la fois tous les points de l&#8217;air et de l&#8217;espace. Nous le répétons, qui ne voit que de cette façon elle est bien plus indélébile ? De solide qu&#8217;elle était elle devient vivace. Elle passe de la durée à l&#8217;immortalité. On peut démolir une masse, comment extirper l&#8217;ubiquité ? Vienne un déluge, la montagne aura disparu depuis longtemps sous les flots que les oiseaux voleront encore ; et, qu&#8217;une seule arche flotte à la surface du cataclysme, ils s&#8217;y poseront, surnageront avec elle, assisteront avec elle à la décrue des eaux, et le nouveau monde qui sortira de ce chaos verra en s&#8217;éveillant planer au-dessus de lui, ailée et vivante, la pensée du monde englouti.<br />
Et quand on observe que ce mode d&#8217;expression est non seulement le plus conservateur, mais encore le plus simple, le plus commode, le plus praticable à tous, lorsqu&#8217;on songe qu&#8217;il ne traîne pas un gros bagage et ne remue pas un lourd attirail, quand on compare la pensée obligée pour se traduire en un édifice de mettre en mouvement quatre ou cinq autres arts et des tonnes d&#8217;or, toute une montagne de pierres, toute une forêt de charpentes, tout un peuple d&#8217;ouvriers, quand on la compare à la pensée qui se fait livre, et à qui il suffit d&#8217;un peu de papier, d&#8217;un peu d&#8217;encre et d&#8217;une plume, comment s&#8217;étonner que l&#8217;intelligence humaine ait quitté l&#8217;architecture pour l&#8217;imprimerie ? Coupez brusquement le lit primitif d&#8217;un fleuve d&#8217;un canal creusé au-dessous de son niveau, le fleuve désertera son lit.<br />
(…)<br />
Ainsi, pour résumer ce que nous avons dit jusqu&#8217;ici d&#8217;une façon nécessairement incomplète et tronquée, le genre humain a deux livres, deux registres, deux testaments, la maçonnerie et l&#8217;imprimerie, la bible de pierre et la bible de papier. Sans doute, quand on contemple ces deux bibles si largement ouvertes dans les siècles, il est permis de regretter la majesté visible de l&#8217;écriture de granit, ces gigantesques alphabets formulés en colonnades, en pylônes, en obélisques, ces espèces de montagnes humaines qui couvrent le monde et le passé depuis la pyramide jusqu&#8217;au clocher, de Chéops à Strasbourg. Il faut relire le passé sur ces pages de marbre. Il faut admirer et refeuilleter sans cesse le livre écrit par l&#8217;architecture ; mais il ne faut pas nier la grandeur de l&#8217;édifice qu&#8217;élève à son tour l&#8217;imprimerie.<br />
Cet édifice est colossal. Je ne sais quel faiseur de statistique a calculé qu&#8217;en superposant l&#8217;un à l&#8217;autre tous les volumes sortis de la presse depuis Gutenberg on comblerait l&#8217;intervalle de la terre à la lune ; mais ce n&#8217;est pas de cette sorte de grandeur que nous voulons parler. Cependant, quand on cherche à recueillir dans sa pensée une image totale de l&#8217;ensemble des produits de l&#8217;imprimerie jusqu&#8217;à nos jours, cet ensemble ne nous apparaît-il pas comme une immense construction, appuyée sur le monde entier, à laquelle l&#8217;humanité travaille sans relâche, et dont la tête monstrueuse se perd dans les brumes profondes de l&#8217;avenir ? C&#8217;est la fourmilière des intelligences. C&#8217;est la ruche où toutes les imaginations, ces abeilles dorées, arrivent avec leur miel. L&#8217;édifice a mille étages, Çà et là, on voit déboucher sur ses rampes les cavernes ténébreuses de la science qui s&#8217;entrecoupent dans ses entrailles. Partout sur sa surface l&#8217;art fait luxurier à l&#8217;oeil ses arabesques, ses rosaces et ses dentelles. Là chaque oeuvre individuelle, si capricieuse et si isolée qu&#8217;elle semble, a sa place et sa saillie. L&#8217;harmonie résulte du tout. Depuis la cathédrale de Shakespeare jusqu&#8217;à la mosquée de Byron, mille clochetons s&#8217;encombrent pêle-mêle sur cette métropole de la pensée universelle. À sa base, on a récrit quelques anciens titres de l&#8217;humanité que l&#8217;architecture n&#8217;avait pas enregistrés. À gauche de l&#8217;entrée, on a scellé le vieux bas-relief en marbre blanc d&#8217;Homère, à droite la Bible polyglotte dresse ses sept têtes. L&#8217;hydre du Romancero se hérisse plus loin, et quelques autres formes hybrides, les Védas et les Niebelungen. Du reste le prodigieux édifice demeure toujours inachevé. La presse, cette machine géante, qui pompe sans relâche toute la sève intellectuelle de la société, vomit incessamment de nouveaux matériaux pour son oeuvre. Le genre humain tout entier est sur l&#8217;échafaudage. Chaque esprit est maçon. Le plus humble bouche son trou ou met sa pierre. Rétif de la Bretonne apporte sa hottée de plâtras. Tous les jours une nouvelle assise s&#8217;élève. Indépendamment du versement original et individuel de chaque écrivain, il y a des contingents collectifs. Le dix-huitième siècle donne l&#8217;Encyclopédie, la révolution donne le Moniteur. Certes, c&#8217;est là aussi une construction qui grandit et s&#8217;amoncelle en spirales sans fin ; là aussi il y a confusion des langues, activité incessante, labeur infatigable, concours acharné de l&#8217;humanité tout entière, refuge promis à l&#8217;intelligence contre un nouveau déluge, contre une submersion de barbares. C&#8217;est la seconde tour de Babel du genre humain.</p></blockquote>
<p>Victor Hugo, <em>Notre Dame de Paris</em> (Livre Cinq, chapitre 2)</p>
<p>Sans vouloir faire parler les morts (quoique lui-même ait fait tourner les tables dans ce but) je gage que Victor Hugo (à qui je veux bien pour cela pardonner son « nos lectrices nous pardonneront&#8230; » peu féministe) se serait trouvé du côté de ceux que Marmande qualifie de « nouveaux barbares » et aurait vu dans la toile une troisième « tour de Babel » davantage qu&#8217;une « toile cirée » &#8230;</p>
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		<title>depuis maintenant</title>
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		<pubDate>Fri, 15 Dec 2006 00:11:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
				<category><![CDATA[blogs et internet]]></category>

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		<description><![CDATA[Inventaire/Invention, l&#8217;irremplaçable « pôle (multimedia) de création littéraire » fondé en octobre 1999 par Patrick Cahuzac, a refondu sa présentation et sa maquette, mais offre un contenu de plus en plus riche à lire, à voir, à écouter. Les petits livres d&#8217;Inventaire/Invention sont disponibles en ligne et pourtant très souvent leur qualité donne envie de les acheter [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="/public/livres/kaplan.jpg" alt="kaplan.jpg" style="float:left; margin: 0 1em 1em 0;" /></p>
<p><a href="http://www.inventaire-invention.com/" hreflang="fr">Inventaire/Invention</a>, l&#8217;irremplaçable « pôle (multimedia) de création littéraire » <a href="http://www.inventaire-invention.com/textes/Manif.htm" hreflang="fr">fondé en octobre 1999</a> par Patrick Cahuzac, a refondu sa présentation et sa maquette, mais offre un contenu de plus en plus riche à lire, <a href="http://www.inventaire-invention.com/panoptic/index.htm" hreflang="fr">à voir</a>, à <a href="http://www.inventaire-invention.com/evenements/ouvertures/index.html" hreflang="fr">écouter</a>.</p>
<p>Les <a href="http://www.inventaire-invention.com/librairie/index_livre.htm" hreflang="fr">petits livres</a> d&#8217;Inventaire/Invention sont disponibles en ligne et pourtant très souvent leur qualité donne envie de les acheter (pour ne prendre qu&#8217;un exemple, ce texte un peu ancien mais que j&#8217;aime beaucoup de Tanguy Viel, <a href="http://www.inventaire-invention.com/librairie/fichiers_txt/viel_maladie.htm" hreflang="fr">Maladie</a>).</p>
<p>Dans la <a href="http://www.inventaire-invention.com/Somr1.htm" hreflang="fr">revue</a>, en ce moment, un bel article de Pascal Gibourg, « <a href="http://www.inventaire-invention.com/lectures/gibourg_ronell.htm" hreflang="fr">Souffle un vent imbécile</a> », sur <em>Stupidity</em> d&#8217;Avital Ronell, et un intéressant <a href="http://www.inventaire-invention.com/entretien/leplatre_chevillard.htm" hreflang="fr">entretien de Florine Leplâtre avec Éric Chevillard</a>.</p>
<p>Enfin de Leslie Kaplan (à qui j&#8217;emprunte le titre de ce post, qui est le titre générique de plusieurs de ses romans, <a href="http://www.pol-editeur.fr/catalogue/ficheauteur.asp?num=104" hreflang="fr">publiés chez POL</a>) on peut lire là « <a href="http://www.inventaire-invention.com/textes/kaplan_enfervert.htm" hreflang="fr">L&#8217;enfert est vert</a> », « <a href="http://www.inventaire-invention.com/textes/kaplan_mots.htm" hreflang="fr">Les mots, qu&#8217;est-ce que c&#8217;est ?</a> », « <a href="http://www.inventaire-invention.com/icimeme/lkaplan/auteur/txtkaplan.htm" hreflang="fr">Consommation</a> » et une page autour de sa <a href="http://www.inventaire-invention.com/icimeme/lkaplan/kaplan_residence.htm" hreflang="fr">résidence aux Lilas</a>.</p>
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		<title>les coulisses du désordre</title>
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		<pubDate>Wed, 13 Dec 2006 00:29:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
				<category><![CDATA[blogs et internet]]></category>

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		<description><![CDATA[Philippe De Jonckheere entrouvre une fenêtre sur les coulisses soigneusement (ré)organisées de son Désordre, dont il a tenu à « augmenter la dimension labyrinthique (&#8230;) compliquer les choses, brouiller les repères » ; il nous dévoile même une bribe du code css.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Philippe De Jonckheere entrouvre une fenêtre sur les <a href="http://www.desordre.net/blog/blog.php3?debut=2006-12-03&amp;fin=2006-12-09#859" hreflang="fr">coulisses soigneusement (ré)organisées</a> de son <em>Désordre</em>, dont il a tenu à « augmenter la dimension labyrinthique (&#8230;) compliquer les choses, brouiller les repères » ; il nous dévoile même une bribe du <a href="http://www.desordre.net/julien/wakka.php?wiki=TaQuin" hreflang="fr">code css</a>.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>incertitude sur tout</title>
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		<pubDate>Sun, 10 Dec 2006 00:50:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
				<category><![CDATA[blogs et internet]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans son journal intime, Benjamin Constant, utilisait un code chiffré pour éviter de devoir se répéter, ce qui donne des résultats est assez surprenants, par exemple : « Juin 1805 Le 15 : Lettres de Mme de Staël. 7. 8. 12. 13 sur tout cela, excepté sur 2. Je penche pour 7. Ecrit à Meylan. 13. 13. 8. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans son journal intime, Benjamin Constant, utilisait un code chiffré pour éviter de devoir se répéter, ce qui donne des résultats est assez surprenants, par exemple :</p>
<p>« Juin 1805<br />
Le 15 : Lettres de <a href="http://www.stael.org/" hreflang="fr">Mme de Staël</a>. 7. 8. 12. 13 sur tout cela, excepté sur 2. Je penche pour 7. Ecrit à Meylan. 13. 13. 8. 8. 4 pas très bien, à cause de 2.<br />
Le 22 : 4 tant bien que mal, à bâtons rompus. Quelle perte de temps. 2. 2. 2. 12. Lettre de mon père. Dîné chez Mme Récamier. 2. 2. 12-13. 12.<br />
Le 30 : Écrit à Mme de Staël, à Mme Dutertre. 12. 12. 2. Lettre Mme de Staël. 2. 2. 2. 2. 2. 2. 2. 2. 2. 2. 2. 2. 2. 13 sûr mais 2 bien décidement. »</p>
<p>légende :<br />
2 = désir de rompre mon éternel lien dont il est si souvent question.<br />
4 = travail.<br />
7 = projets de voyage.<br />
8 = projets de mariage.<br />
12 = amour pour Mme Dutertre.<br />
13 = incertitude sur tout.</p>
<p>J&#8217;apprécie particulièrement ce dernier item ! il pourrait en outre être importé sans problème dans un blog non intime comme le mien &#8230; je vais y songer.</p>
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		<title>une barrière insurmontable</title>
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		<pubDate>Sat, 09 Dec 2006 00:29:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
				<category><![CDATA[blogs et internet]]></category>

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		<description><![CDATA[Ne sachant que faire le soir, j’ai relu ce journal, et il m’a passablement amusé. Si ceux dont je parle le lisaient, aucun ne serait content. Cependant aucun n’écrirait autrement sur ses amis, s’il écrivait pour lui-même. En le commençant je me suis fait une loi d’écrire tout ce que j’éprouverais. Je l’ai observée, cette [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ne sachant que faire le soir, j’ai relu ce journal, et il m’a passablement amusé. Si ceux dont je parle le lisaient, aucun ne serait content. Cependant aucun n’écrirait autrement sur ses amis, s’il écrivait pour lui-même. En le commençant je me suis fait une loi d’écrire tout ce que j’éprouverais. Je l’ai observée, cette loi, du mieux que j’ai pu, et cependant telle est l’influence de l’habitude de parler pour la galerie que quelquefois je ne l’ai pas complètement observée. Bizarre espèce humaine ! qui ne peut jamais être complètement indépendante ! Les autres sont les autres, on ne fera jamais qu’ils soient soi. Ce journal, cet espèce de secret ignoré de tout le monde, cet auditeur si discret que je suis sûr de retrouver tous les soirs, est devenu pour moi une sensation dont j’ai une sorte de besoin ; je ne lui confie toutefois pas tout, mais j’y écris assez pour y retrouver mes impressions et pour me les retracer quand je n’ai rien de mieux à faire. Les autres sont-ils ce que je suis ? Je l’ignore. Certainement, si je me montrais à eux ce que je suis, ils me croiraient fou. Mais s’ils se montraient à moi ce qu’ils sont, peut-être les croirais-je fous aussi. Il y a entre nous et ce qui n’est pas nous une barrière insurmontable. On met un caractère, comme on met un habit, pour recevoir.</p>
<p><a href="http://www.unil.ch/ibc" hreflang="fr">Benjamin Constant</a>, <em>Journal</em>, 27 frimaire an XIII (18 décembre 1804) (<em>Œuvres</em>, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1957, p. 428)</p>
]]></content:encoded>
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		<title>le fil de notre labyrinthe</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Dec 2006 00:06:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
				<category><![CDATA[blogs et internet]]></category>

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		<description><![CDATA[Le journal intime n&#8217;est prolixe que sur les choses un peu impersonnelles, et n&#8217;est pas exact ni complet dans les sujets intimes, du moins un journal masculin. Des pages non destinées à la flamme en deviennent discrètes. Et d&#8217;ailleurs une sorte de gêne et de pudeur particulière empêche un homme de parler avec grâce ou [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="/public/images/.amiel_s.jpg" alt="amiel.jpg" style="float:left; margin: 0 1em 1em 0;" /></p>
</p>
<blockquote><p>Le journal intime n&#8217;est prolixe que sur les choses un peu impersonnelles, et n&#8217;est pas exact ni complet dans les sujets intimes, du moins un journal masculin. Des pages non destinées à la flamme en deviennent discrètes. Et d&#8217;ailleurs une sorte de gêne et de pudeur particulière empêche un homme de parler avec grâce ou même de parler de ses émotions les plus cachées. Nous agissons à l&#8217;inverse du romancier, qui développe, agrandit, met en relief les sentiments mystérieux de ses personnages ; nous voulons plutôt dépister la curiosité possible du prochain tout en conservant le fil de notre labyrinthe.</p>
</blockquote>
<p>Henri-Frédéric Amiel, <em>Journal</em>, 16 juin 1866</p>
<p>On peut consulter en ligne un site sur <a href="http://www.amiel.org/atelier/index.html" hreflang="fr">Henri-Frédéric Amiel</a>, qui comporte une page « <a href="http://www.amiel.org/atelier/oeuvre/blogs/blogs.htm" hreflang="fr">Amiel et le blog</a> », et qui a annonce l&#8217;<a href="http://www.amiel.org/atelier/oeuvre/editions/leprojet.htm" hreflang="fr">ambitieux projet</a> de numériser et de mettre en ligne l&#8217;exemplaire et volumineux <em>Journal</em> d&#8217;Amiel ; dans la page « <a href="http://www.amiel.org/atelier/oeuvre/editions/cequilesenpensent.htm" hreflang="fr">Ce qu&#8217;ils en pensent</a> », est intéressant notamment ce qu&#8217;écrit Philippe Lejeune :<br />
« (&#8230;) la numérisation pourrait remédier aux insuffisances de l&#8217;édition actuelle : on pourrait réintégrer les journaux de vacances qu&#8217;Amiel avait maintenus à l&#8217;écart, et qui font des trous horribles dans la trame de son journal&#8230; (&#8230;)<br />
Mon enthousiasme montant encore, je vois à l&#8217;horizon une oeuvre virtuelle gigantesque dont jamais Amiel n&#8217;aurait pu rêver, un labyrinthe, à laquelle son écriture fragmentaire et simultanément multiple se prête merveilleusement, un hyper-Amiel total !&#8230;<br />
Dans tous les cas, il ne s&#8217;agit pas de simplement numériser l&#8217;édition en douze volumes, ça manquerait vraiment d&#8217;imagination, mais d&#8217;en faire le socle d&#8217;une construction beaucoup plus ambitieuse et qui serait, tout en restant absolument fidèle à Amiel, une création totalement originale, sans équivalent. (&#8230;) »</p>
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