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	<title>mille plateaux &#187; barthes</title>
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	<description>mémoire des lignes de fuite</description>
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		<title>tableaux détachés</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Apr 2007 00:10:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans plusieurs entretiens et textes théoriques, Claude Simon cite (de mémoire précise-t-il) un passage de Madame Bovary, par exemple : Il y a à ce sujet dans Madame Bovary une toute petite phrase d&#8217;une importance capitale, et qui a présidé à tout un aspect de l&#8217;évolution du roman contemporain. C&#8217;est celle-ci : « Tout ce qu&#8217;il y avait [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="/public/images%20avril07/chabrol_madame_bovary.jpg" alt="chabrol_madame_bovary.jpg" /></p>
<p>Dans plusieurs entretiens et textes théoriques, Claude Simon cite (de mémoire précise-t-il) un passage de <em>Madame Bovary</em>, par exemple :</p>
<blockquote><p>Il y a à ce sujet dans <em>Madame Bovary</em> une toute petite phrase d&#8217;une importance capitale, et qui a présidé à tout un aspect de l&#8217;évolution du roman contemporain. C&#8217;est celle-ci : « Tout ce qu&#8217;il y avait en elle de réminiscences, d&#8217;images, de combinaisons, s&#8217;échappait à la fois, d&#8217;un seul coup (comme les mille pièces d&#8217;un feu d&#8217;artifices). Elle aperçut nettement et par tableaux détachés , son père, Léon, le cabinet de Lheureux ; leur chambre là-bas, un autre paysage, des figures inconnues ». Comme vous le voyez, il introduit là pour la première fois dans le roman les notions de simultanéité et de discontinuité. (entretien Knapp, 1970)</p></blockquote>
<blockquote><p>Nous ne percevons le monde, je crois, que par fragments. Curieusement deux écrivains aussi différents que Tolstoï et Flaubert l&#8217;ont senti. Dans <em>Guerre et Paix</em> Tolstoï dit : Un homme en bonne santé perçoit, sent et se remémore en un seul instant un nombre de choses incalculable. Et Flaubert dit de madame Bovary (je cite de mémoire) : « Elle revit en un seul instant, comme les milles pièces d&#8217;un feu d&#8217;artifice, son père, sa chambre, le cabinet de Lheureux, par fragments détachés et par combinaisons. Par combinaisons ! » (entretien Lebrun, 1989)</p></blockquote>
<blockquote><p>J&#8217;ai, il y a quelques années, à l&#8217;occasion d&#8217;un colloque sur Proust, entendu avec stupeur (stupeur partagée par Barthes qui était présent et qui a, du coup, renoncé à prendre la parole) un éminent essayiste dire que Proust aurait, comme par une sorte de perversité maligne, « fragmenté le réel » pour déconcerter son lecteur. Or c&#8217;est exactement l&#8217;inverse : Proust a réussi à ordonner et «cristalliser» en un seul bloc cohérent tous ces petits fragments de « réalité » que nous sommes seulement capables d&#8217;appréhender et de retenir. Avant lui, Flaubert décrivant l&#8217;afflux de souvenirs qui submerge Emma malade « par tableaux détachés, d&#8217;un seul coup et comme les mille pièces d&#8217;un feu d&#8217;artifice » avait pressenti cette combinatoire. (entretien Calle, 1993)</p></blockquote>
<p>ou encore dans son <a hreflang="fr" href="/post/2007/02/25/carrefours-de-sens">Discours de Stockholm</a>.</p>
<p>Or dans le texte définitif de <em>Madame Bovary</em>, point de « fragments » ni de « tableaux détachés » :</p>
<blockquote><p>Elle resta perdue de stupeur, et n&#8217;ayant plus conscience d&#8217;elle-même que par le battement de ses artères, qu&#8217;elle croyait entendre s&#8217;échapper comme une assourdissante musique qui emplissait la campagne. Le sol sous ses pieds était plus mou qu&#8217;une onde, et les sillons lui parurent d&#8217;immenses vagues brunes, qui déferlaient. Tout ce qu&#8217;il y avait dans sa tête de réminiscences, d&#8217;idées, s&#8217;échappait à la fois, d&#8217;un seul bond, comme les mille pièces d&#8217;un feu d&#8217;artifice. Elle vit son père, le cabinet de Lheureux, leur chambre là-bas, un autre paysage. La folie la prenait, elle eut peur, et parvint à se ressaisir, d&#8217;une manière confuse, il est vrai; car elle ne se rappelait point la cause de son horrible état, c&#8217;est-à-dire la question d&#8217;argent. Elle ne souffrait que de son amour, et sentait son âme l&#8217;abandonner par ce souvenir, comme les blessés, en agonisant, sentent l&#8217;existence qui s&#8217;en va par leur plaie qui saigne.<br />
La nuit tombait, des corneilles volaient.<br />
Il lui sembla tout à coup que des globules couleur de feu éclataient dans l&#8217;air comme des balles fulminantes en s&#8217;aplatissant, et tournaient, tournaient, pour aller se fondre sur la neige, entre les branches des arbres. Au milieu de chacun d&#8217;eux, la figure de Rodolphe apparaissait. Ils se multiplièrent, et ils se rapprochaient, la pénétraient; tout disparut. Elle reconnut les lumières des maisons, qui rayonnaient de loin dans le brouillard.<br />
Alors sa situation, telle qu&#8217;un abîme, se représenta. Elle haletait à se rompre la poitrine. Puis, dans un transport d&#8217;héroïsme qui la rendait presque joyeuse, elle descendit la côte en courant, traversa la planche aux vaches, le sentier, l&#8217;allée, les halles, et arriva devant la boutique du pharmacien.</p></blockquote>
<blockquote><p>Gustave Flaubert, <em>Madame Bovary</em>, III, 8</p></blockquote>
<p>Dans la <a hreflang="fr" href="http://www.intratext.com/IXT/FRA0023/_INDEX.HTM">concordance</a> en ligne, des « <a hreflang="fr" href="http://www.intratext.com/IXT/FRA0023/1/KU.HTM">tableaux</a> » (dans d&#8217;autres passages) mais toujours pas de « tableaux détachés ». On les retrouve, en revanche, dans les <a hreflang="fr" href="http://www.univ-rouen.fr/flaubert/02manus/196_hallucinations/0_pres196.htm">manuscrits de la séquence 196</a> (ainsi que d&#8217;autres séquences, d&#8217;ailleurs, comme si cette expression était une sorte d&#8217;indication scénaristique) : les « tableaux détachés » apparaissent dans le <a hreflang="fr" href="http://www.univ-rouen.fr/flaubert/02manus/196_hallucinations/bro_6_194v.htm">folio 194v</a>, sont encore présents dans le <a hreflang="fr" href="http://www.univ-rouen.fr/flaubert/02manus/196_hallucinations/bro_6_191v.htm">folio 191v</a>, mais raturés dans le <a hreflang="fr" href="http://www.univ-rouen.fr/flaubert/02manus/196_hallucinations/bro_6_185.htm">folio 185</a>. Dans la Pléiade <em>Claude Simon</em>, une note précise que l&#8217;écrivain cite une édition spécifique : <em>Madame Bovary, nouvelle version précédée des scénarios inédits</em> (texte établi par Jean Pommier et Gabrielle Leleu, Corti, 1949, p. 597).</p>
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		<title>l&#8217;auteur est mort</title>
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		<pubDate>Sun, 04 Feb 2007 23:36:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Comme institution, l&#8217;auteur est mort : sa personne civile, passionnelle, biographique, a disparu ; dépossédée, elle n&#8217;exerce plus sur son œuvre la formidable paternité dont l&#8217;histoire littéraire, l&#8217;enseignement, l&#8217;opinion avaient à charge d&#8217;établir et de renouveler le récit : mais dans le texte, d&#8217;une certaine façon, je désire l&#8217;auteur : j&#8217;ai besoin de sa figure (qui n&#8217;est ni sa [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Comme institution, l&#8217;auteur est mort : sa personne civile, passionnelle, biographique, a disparu ; dépossédée, elle n&#8217;exerce plus sur son œuvre la formidable paternité dont l&#8217;histoire littéraire, l&#8217;enseignement, l&#8217;opinion avaient à charge d&#8217;établir et de renouveler le récit : mais dans le texte, d&#8217;une certaine façon, je <em>désire</em> l&#8217;auteur : j&#8217;ai besoin de sa figure (qui n&#8217;est ni sa représentation, ni sa projection), comme il a besoin de la mienne (sauf à « babiller »).</p>
<p>Roland Barthes, <em>Le Plaisir du texte</em> (Œuvres complètes, Seuil, 2002, tome IV, p. 235)</p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>un muscle qui la courbe</title>
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		<pubDate>Sat, 04 Nov 2006 00:15:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[lecture]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;accommodation Quand je lis, j&#8217;accommode : non seulement le cristallin de mes yeux, mais aussi celui de mon intellect, pour capter le bon niveau de signification (celui qui me convient). Une linguistique fine ne devrait plus s&#8217;occuper des « messages » (au diable les « messages » !) mais de ces accommodations, qui procèdent sans doute par niveaux et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;accommodation</p>
<p>Quand je lis, <em>j&#8217;accommode</em> : non seulement le cristallin de mes yeux, mais aussi celui de mon intellect, pour capter le bon niveau de signification (celui qui me convient). Une linguistique fine ne devrait plus s&#8217;occuper des « messages » (au diable les « messages » !) mais de ces accommodations, qui procèdent sans doute par niveaux et par seuils : chacun <em>courbe</em> son esprit, tel un œil, pour saisir dans la masse du texte <em>cette intelligibilité-là</em>, dont il a besoin pour connaître, pour jouir, etc. En cela la lecture est un travail : il y a un muscle qui la courbe. (…)</p>
<p><em>Roland Barthes</em> par Roland Barthes (Seuil, 1975, p. 120)</p>
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		<title>je est un poseur</title>
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		<pubDate>Fri, 05 May 2006 23:10:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je n&#8217;ai jamais tenu de journal &#8211; ou plutôt je n&#8217;ai jamais su si je devais en tenir un. Parfois, je commence, et puis, très vite, je lâche &#8211; et cependant, plus tard, je recommence. C&#8217;est une envie légère, intermittente, sans gravité et sans consistance doctrinale. Je crois pouvoir diagnostiquer cette « maladie » du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Je n&#8217;ai jamais tenu de journal &#8211; ou plutôt je n&#8217;ai jamais su si  je devais en tenir un. Parfois, je commence, et puis, très vite, je  lâche &#8211; et cependant, plus tard, je recommence. C&#8217;est une envie légère,  intermittente, sans gravité et sans consistance doctrinale. Je crois  pouvoir diagnostiquer cette « maladie » du journal : un doute insoluble  sur la valeur de ce qu&#8217;on y écrit.</em></p>
<p><em><img src="http://consciences.blogspirit.com/images/medium_cristoforo_munari_coin_datelier.2.jpg" alt="" /></em></p>
<p><em>Ce doute est insidieux : c&#8217;est un doute-retard. Dans un premier  temps, lorsque j&#8217;écris la note (quotidienne), j&#8217;éprouve un certain  plaisir : c&#8217;est simple, facile. Pas la peine de souffrir pour trouver  quoi dire : le matériau est là, tout de suite ; c&#8217;est comme une mine à  ciel ouvert ; je n&#8217;ai qu&#8217;à me baisser ; je n&#8217;ai pas à le transformer :  c&#8217;est du brut et il a son prix, etc. Dans un deuxième temps, proche du  premier (par exemple, si je relis aujourd&#8217;hui ce que j&#8217;ai écrit hier),  l&#8217;impression est mauvaise : ça ne tient pas, comme un aliment fragile  qui tourne, se corrompt, devient inappétissant d&#8217;un jour à l&#8217;autre ; je  perçois avec découragement l&#8217;artifice de la « sincérité », la médiocrité  artistique du « spontané » ; pis encore : je me dégoûte et je m&#8217;irrite  de constater une « pose » que je n&#8217;ai nullement voulue : en situation de  journal, et précisément parce qu&#8217;il ne « travaille » pas (ne se  transforme pas sous l&#8217;action d&#8217;un travail), je est un poseur : c&#8217;est une  question d&#8217;effet, non d&#8217;intention, toute la difficulté de la  littérature est là. </em></p>
<p>Roland Barthes, « Délibération». <em>Tel Quel</em>, hiver 1979 (<em>Œuvres  complètes</em>, III, p. 1004-1014)</p>
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