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	<title>mille plateaux &#187; corps</title>
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	<description>mémoire des lignes de fuite</description>
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		<title>saloperie de corps</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Aug 2006 00:16:00 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Un autre extrait pour faire bonne mesure : Rorty, le président détesté et craint, a aussi ses faiblesses : (…) saloperie d&#8217;allergie aux acariens, tout cette vie invisible et moléculaire me révulse à un point, ah oui, penser à dire à Audrey de faire venir la femme de ménage deux fois par jour, il y avait une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un autre extrait pour faire bonne mesure : Rorty, le président détesté et craint, a aussi ses faiblesses :</p>
<blockquote><p>(…) saloperie d&#8217;allergie aux acariens, tout cette vie invisible et moléculaire me révulse à un point, ah oui, penser à dire à Audrey de faire venir la femme de ménage deux fois par jour, il y avait une peluche sous le canapé du salon, ces cochonneries de poussière me fichent toujours une trouille bleue, surtout depuis que j&#8217;ai lu cet article sur les polluants retrouvés dans le sang de plusieurs députés britanniques ou européens, je ne sais plus, danger de mort des matériaux, danger de mort des animaux, dire que j&#8217;ai jamais pu aller sous les tropiques, peur de me faire piquer par toutes ces saloperies de bestioles, rejoindre Bart dans sa villa du Yucatàn à cause d&#8217;une crise d&#8217;angoisse, obligé de rebrousser chemin à l&#8217;aéroport en prétextant une sciatique, visions d&#8217;horreur de serpents, d&#8217;araignées qui me rentraient par la bouche, le nez, les oreilles, sueurs froides, intestins en feu, peur panique de gober des bactéries mortelles dès ma sortie d&#8217;avion, pourvu que personne ne vienne jamais à l&#8217;apprendre, je vois d&#8217;ici le sourire narquois des salariés, des concurrents, de l&#8217;international, des actionnaires et les encadrés assassins dans la presse professionnelle, la vérité révélée sur la phobie de Jean-François Rorty, président de l&#8217;agence KLF, il n&#8217;a jamais mis les pieds sous les tropiques parce que la peur des serpents et des araignées lui donne la colique, ça y est, je repense encore à Fischer, quelle horreur, ses yeux m&#8217;effraient, son autorité implacable me tétanise, je voudrais tant satisfaire chacune de ses demandes mais il place la barre trop haut, beaucoup trop haut, mon Dieu, comment peut-il être aussi fort et moi aussi faible, qu&#8217;il se montre intraitable et menaçant et je me disloque, m&#8217;éparpille en mille morceaux, agonisant de douleurs et d&#8217;envies suicidaires, qu&#8217;il me félicite je ne me sens plus toucher terre, des vibrations de reconnaissance me parcourent, je le trouve immensément beau, j&#8217;ai presque envie de me jeter à son cou et de l&#8217;embrasser, je suis divinement confus, aussi stupidement joyeux que la fillette à qui la maîtresse vient de remettre un bon point (…) au secours, je ne vois plus rien, sauf l&#8217;horreur de Fischer, les intestins, encore et toujours ces foutus intestins, saloperie de corps, tas de chair avariée, pourriture parmi les pourritures, je ne vais pas couper à un aller-retour illico presto dans les toilettes, saloperies d&#8217;organes, machines à merde, réservoirs à fiente et à bactéries, vive le futur, vive la prophylaxie, la prothétique et les matériaux intelligents, tiens, en voilà une idée de livre, <em>L&#8217;Adieu au corps en beauté</em>, écrire <em>L&#8217;Adieu au corps</em>, zut, cela a déjà été écrit par je ne sais plus quel anthropologue, qu&#8217;importe, exalter la splendeur des mondes futurs et devenir le Aldous Huxley des années 2000, <em>Le Meilleur des mondes</em> est à notre portée, je me charge de le décrire, je suis un grand visionnaire. (…)</p></blockquote>
<p>Laurent Quintreau, <em>Marge brute</em> (Denoël, 2006, p. 89-92)</p>
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		<title>avatars du corps féminin</title>
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		<pubDate>Sun, 27 Aug 2006 00:06:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L&#8217;exposition consacrée par le Musée du Jeu de Paume à Cindy Sherman (née en 1954 dans le New Jersey) se termine bientôt. Les séries photographiques où, transformée par le maquillage et les costumes, elle incarne tour à tour des ménagères américaines, des clowns tragiques, des californiennes se prenant pour Sue Ellen, des cadavres de victimes, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="/public/images/cindy_shermann_history_portrait_224_1990.jpeg" alt="cindy_shermann_history_portrait_224_1990.jpeg" style="float:left; margin: 0 1em 1em 0;" /></p>
<p>L&#8217;exposition consacrée par le <a href="http://www.jeudepaume.org/" hreflang="fr">Musée du Jeu de Paume</a> à <a href="http://www.image-imatge.org/archives/10/shermann.htm" hreflang="fr">Cindy Sherman</a> (née en 1954 dans le New Jersey) se termine bientôt.</p>
<p>Les séries photographiques où, transformée par le maquillage et les costumes, elle incarne tour à tour des ménagères américaines, des clowns tragiques, des californiennes se prenant pour Sue Ellen, des cadavres de victimes, des portraits célèbres &#8211; comme dans le <em>History portrait</em> #224 (1990) ci-contre &#8211; ou des héroïnes cinématographiques sont autant de reflexions troublantes sur les avatars du corps féminin ; ce sont aussi des concentrés de fictions.</p>
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		<title>ne plus savoir penser</title>
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		<pubDate>Fri, 12 May 2006 00:25:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Comme le corps (ses organes et ses fonctions) a été connu principalement et dévoilé, non par les prouesses des forts, mais par les troubles des faibles, des malades, des infirmes, des blessés (la santé étant silencieuse et source de cette impression immensément erronée que tout va de soi), ce sont les perturbations de l&#8217;esprit, ses [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Comme le corps (ses organes et ses fonctions) a été connu  principalement et dévoilé, non par les prouesses des forts, mais par les  troubles des faibles, des malades, des infirmes, des blessés (la santé  étant silencieuse et source de cette impression immensément erronée que  tout va de soi), ce sont les perturbations de l&#8217;esprit, ses  dysfonctionnements qui seront mes enseignants. Plus que le trop  excellent « savoir-penser » des métaphysiciens, ce sont les démences,  les arriérations, les délires, les extases, les agonies, le «  ne-plus-savoir-penser », qui véritablement sont appelés à « nous  découvrir ».</p>
<p>Henri Michaux, <em>Les Grandes Épreuves de l&#8217;esprit et les innombrables  petites</em></p>
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		<title>intuitions spinozistes</title>
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		<pubDate>Sun, 16 Apr 2006 23:10:23 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Mais, selon Damasio, Spinoza ne s&#8217;est pas contenté de contredire Descartes en affirmant que l&#8217;esprit est inséparable du corps, que tous deux sont faits de la même étoffe et sur un pied d&#8217;égalité : « Il me semble &#8211; mais peut-être me trompé-je &#8211; que, si on se fie aux propositions de la deuxième partie [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://consciences.blogspirit.com/images/medium_damasio_spinoza.2.jpg" alt="" /></p>
<p>Mais, selon Damasio, Spinoza ne s&#8217;est pas contenté de contredire  Descartes en affirmant que l&#8217;esprit est inséparable du corps, que tous  deux sont faits de la même étoffe et sur un pied d&#8217;égalité : « Il me  semble &#8211; mais peut-être me trompé-je &#8211; que, si on se fie aux  propositions de la deuxième partie de L&#8217;<em>Éthique</em>, Spinoza a eu  l&#8217;intuition du dispositif anatomique et fonctionnel global que le corps  doit mettre en oeuvre pour qu&#8217;apparaisse l&#8217;esprit ou, plus précisément,  avec et en lui. » (Damasio, <em>Spinoza avait raison</em>, p. 210)</p>
<p>Quelques propositions choisies :</p>
<p><em>L&#8217;esprit humain ne connaît le corps humain lui-même, et ne sait  qu&#8217;il existe, qu&#8217;à travers les idées des affections dont le corps est  affecté.<br />
L’esprit humain, en effet, est l’idée même, autrement dit la  connaissance du corps humain.</em> [...]<br />
<em>L’esprit ne se connaît lui-même qu’en tant qu’il perçoit les idées  des affections du corps.</em> [...]<br />
<em>L’esprit humain ne perçoit de corps extérieurs comme existant en  acte que par les idées des affections de son propre corps.</em><br />
Spinoza, <em>Éthique</em>, II, propositions 19, 23 et 26</p>
<p>ou encore celles-ci, qui annoncent les descriptions du renforcement  synaptique :</p>
<p><em>Plus il y a de choses auxquelles se rapporte une image, plus elle  est fréquente, autrement dit plus souvent elle est vive, et plus elle  occupe l&#8217;esprit.</em> [...]<br />
<em>Les images des choses se joignent plus aisément aux images qui se  rapportent aux choses que nous comprenons clairement et distinctement,  qu&#8217;aux autres.</em> [...]<br />
<em>À mesure qu&#8217;une image est  jointe à un plus grand nombre d&#8217;autres  images, elle se réveille plus souvent dans notre âme.</em><br />
Spinoza, <em>Éthique</em>, V, propositions 11, 12 et 13</p>
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		<title>une seule et même chose</title>
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		<pubDate>Sun, 16 Apr 2006 00:15:17 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[[...] l&#8217;esprit et le corps sont une seule et même chose, qui se conçoit sous l&#8217;attribut tantôt de la Pensée, tantôt de l&#8217;Étendue. […] Personne, en effet, n&#8217;a jusqu’ici déterminé ce que peut le corps, c’est à dire que l’expérience n’a jusqu’ici enseigné à personne ce que, grâce aux seules lois de la Nature &#8211; [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://consciences.blogspirit.com/images/medium_vinci_homme2.2.gif" alt="" /></p>
<p>[...]<em> l&#8217;esprit et le corps sont une seule et même chose, qui  se conçoit sous l&#8217;attribut tantôt de la Pensée, tantôt de l&#8217;Étendue.</em> […]<br />
<em>Personne, en effet, n&#8217;a jusqu’ici déterminé ce que peut le corps,  c’est à dire que l’expérience n’a jusqu’ici enseigné à personne ce que,  grâce aux seules lois de la Nature &#8211; en tant qu’elle est uniquement  considérée comme corporelle -, le corps peut ou ne peut pas faire, à  moins d’être déterminé par l’esprit. Car personne jusqu’ici n’a connu la  structure du corps assez exactement pour en expliquer toutes les  fonctions </em>[…] <em>En outre, personne ne sait de quelle manière ou  par quels moyens l’esprit met le corps en mouvement, ni combien de  degrés de mouvement il peut lui imprimer, et avec quelle vitesse il peut  le mouvoir. D’où suit que les hommes, quand ils disent que telle ou  telle action du corps a son origine dans l’esprit qui a de l’emprise sur  le corps, ne savent pas ce qu’ils disent et ne font qu’avouer ainsi en  termes spéciaux qu’ils igorent la vraie cause de cette action.</em></p>
<p>Spinoza, <em>Éthique</em>, III, Scolie de la proposition 2</p>
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		<title>spinoza encule descartes</title>
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		<pubDate>Fri, 14 Apr 2006 00:25:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Un neurologue a beaucoup travaillé et écrit sur les émotions, les sentiments, et les rapports complexes entre le corps et l&#8217;esprit : Antonio R. Damasio, qui est né et a fait ses études à Lisbonne avant de partir pour les Etats-Unis, et est aujourd&#8217;hui mondialement connu pour ses travaux sur le cerveau humain. Damasio, dont [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un neurologue a beaucoup travaillé et écrit sur les émotions, les  sentiments, et les rapports complexes entre le corps et l&#8217;esprit :  Antonio R. Damasio, qui est né et a fait ses études à Lisbonne avant de  partir pour les Etats-Unis, et est aujourd&#8217;hui mondialement connu pour  ses travaux sur le cerveau humain.</p>
<p><img src="http://consciences.blogspirit.com/images/medium_erreur_de_descartes.2.jpg" alt="" /></p>
<p>Damasio, dont les écrits mêlent avec bonheur hypothèses  neurologiques et expériences cliniques, philosophie et littérature,  humour et sensibilité, est notamment l&#8217;auteur de :<br />
- <em>L&#8217;erreur de Descartes : La raison des émotions</em> (Odile Jacob,  1995, traduction française de <em>Descartes&#8217; Error : Emotion, reason and  the human brain</em>, Putnam and sons, 1994)<br />
- <em>Le sentiment même de soi : corps, émotions, conscience</em> (Odile  Jacob, 1999, traduction française de <em>The feeling of what happens.  Body and emotion in the making of conciousness</em>, Harcourt, 1999)<br />
- <em>Spinoza avait raison : Joie et tristesse, le cerveau des émotions</em> (Odile Jacob, 2003, traduction de <em>Looking for Spinoza : Joy,  Sorrow, and the Feeling Brain</em>, Harcourt, 2003).</p>
<p><img src="http://consciences.blogspirit.com/images/medium_spinoza_avait_raison.2.jpg" alt="" /></p>
<p>L&#8217;erreur de Descartes est d&#8217;avoir instauré la grande coupure  entre le corps et l&#8217;esprit, d&#8217;avoir fait de l&#8217;esprit et du corps deux  entités distinctes, séparées, indépendantes l&#8217;une de l&#8217;autre, et dont  l&#8217;une (l&#8217;esprit) domine l&#8217;autre. Cette représentation erronée perdure  aujourd&#8217;hui encore, non seulement dans les habitudes de pensée d&#8217;une  majorité de personnes, mais aussi chez de nombreux scientifiques.<br />
Le génie visionnaire de Spinoza a au contraire réuni l&#8217;esprit et le  corps, et Damasio s&#8217;étonne de ce que ce philosophe quasi contemporain de  Descartes ait pu être à ce point le précurseur des théories  scientifiques contemporaines.<br />
Damasio exclut évidemment tout dualisme et toute primauté de l&#8217;esprit  sur le corps, et, plus généralement, présente la façon dont se construit  la conscience, par l&#8217;intégration des informations venues du corps.</p>
<p>Je précise que le titre de ce post est une citation du titre de  Jean-Bernard Pouy, <em>Spinoza encule Hegel </em>.</p>
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		<title>je suis triste parce que je pleure</title>
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		<pubDate>Wed, 12 Apr 2006 23:35:38 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Les émotions, de même, ne sont pas nécessairement conscientes. Elles sont même d&#8217;abord inconscientes. Les émotions dites primaires (la peur, la joie, la colère, la tristesse, la surprise, le dégoût&#8230;) sont en effet dans un premier temps des modifications corporelles : face à une situation donnée, le corps tout entier réagit par des sécrétions endocrines [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les émotions, de même, ne sont pas nécessairement conscientes. Elles  sont même d&#8217;abord inconscientes.<br />
Les émotions dites primaires (la peur, la joie, la colère, la tristesse,  la surprise, le dégoût&#8230;) sont en effet dans un premier temps des  modifications corporelles : face à une situation donnée, le corps tout  entier réagit par des sécrétions endocrines qui générent des marques  somatiques (par exemple le poil qui se dresse) et les manifestations  externes de l&#8217;émotion que sont une posture appropriée du corps et une  expression du visage (universellement reconnue).<br />
Ces manifestations sont à la fois le signal permettant au cerveau de les  enregistrer et le moyen dont dispose l&#8217;organisme pour affronter  victorieusement les facteurs internes et externes visant à déstabiliser  son homéostasie (manifester des signes de colère peut ainsi éloigner un  adversaire).<br />
En tout cas ces modifications corporelles n&#8217;ont nullement besoin d&#8217;être  conscientes pour jouer leur rôle protecteur, et ce n&#8217;est donc que dans  un second temps (les techniques d&#8217;imagerie médicale l&#8217;ont aujourd&#8217;hui  clairement démontré) que le sujet prend conscience de son émotion, et  éventuellement l&#8217;interprète.</p>
<p><img src="http://consciences.blogspirit.com/images/medium_emotions.2.jpg" alt="" /><em></em></p>
<p><em>Le déclenchement d’une émotion est automatique, sa durée  courte, son déroulement fixe.</em> […] <em>l’émotion, au moins pour son  déclenchement et son déroulement, n’est pas un phénomène conscient.</em>[…]  <em>La conséquence de cette autonomie du système émotionnel est que le  cerveau opère et décide à l’insu du sujet, sans que celui-ci puisse  intervenir sur ses opérations. Il existe évidemment des voies de retour  qui assurent une régulation rétroactive : le cerveau conscient est alors  informé des modifications de l’état corporel (mimique, vocalisation,  état viscéral) provoquées par le système émotionnel. L’état affectif, le  sentiment conscient que nous nous faisons de la situation, suit la  réponse émotionnelle immédiate et automatique à cette même situation. On  dit parfois, pour rendre compte de cette prise de conscience secondaire  et tardive, « je suis triste parce que je pleure », et non l’inverse.</em><br />
(Marc Jeannerod, <em>Le cerveau intime</em>, p. 108-110)</p>
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		<title>cerveau frémissant</title>
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		<pubDate>Fri, 24 Feb 2006 23:30:25 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Et avoir un corps, c&#8217;est la grande menace pour l&#8217;esprit. La vie humaine et pensante, dont il faut sans doute moins dire qu&#8217;elle est un miraculeux perfectionnement de la vie animale et physique, mais plutôt qu&#8217;elle est une imperfection, encore aussi rudimentaire qu&#8217;est l&#8217;existence commune des protozoaires en polypiers, que le corps de la baleine, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Et avoir un corps, c&#8217;est la grande menace pour l&#8217;esprit. La vie humaine et pensante, dont il faut sans doute moins dire qu&#8217;elle est un miraculeux perfectionnement de la vie animale et physique, mais plutôt qu&#8217;elle est une imperfection, encore aussi rudimentaire qu&#8217;est l&#8217;existence commune des protozoaires en polypiers, que le corps de la baleine, etc., dans l&#8217;organisation de la vie spirituelle. Le corps enferme l&#8217;esprit dans une forteresse ; bientôt la forteresse est assiégée de toutes parts et il faut à la fin que l&#8217;esprit se rende. […]<br />
Je savais très bien que mon cerveau était un riche bassin minier, où il y avait une étendue immense et fort diverse de gisements précieux. Mais aurais-je le temps de les exploiter ? J&#8217;étais la seule personne capable de le faire. Pour deux raisons : avec ma mort eût disparu non seulement le seul ouvrier mineur capable d&#8217;extraire ces minerais, mais encore le gisement lui-même ; or, tout à l&#8217;heure, quand je rentrerais chez moi, il suffirait de la rencontre de l&#8217;auto que je prendrais avec une autre pour que mon corps fût détruit et que mon esprit, d&#8217;où la vie se retirerait, fût forcé d&#8217;abandonner à tout jamais les idées nouvelles qu&#8217;en ce moment même, n&#8217;ayant pas eu le temps de les mettre plus en sûreté dans un livre, il enserrait anxieusement de sa pulpe frémissante, protectrice, mais fragile.</p></blockquote>
<p>Marcel Proust, Le temps retrouvé, p. 613-614</p>
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