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	<title>mille plateaux &#187; intelligence artificielle</title>
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	<description>mémoire des lignes de fuite</description>
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		<title>au doigt et à l&#039;œil</title>
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		<pubDate>Tue, 25 Apr 2006 23:19:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Alternant les projets de nouvelles et les anecdotes malicieuses (« [je m]’égare un peu en facéties» dit-il) avec des développements plus philosophiques (il cite notament Spinoza), Philip K. Dick tente dans la suite de sa conférence de définir ce qui fait de certains hommes des machines et ce qui permet d&#8217;échapper à ce sort. Même [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Alternant les projets de nouvelles et les anecdotes malicieuses («  [je m]’égare un peu en facéties» dit-il) avec des développements plus  philosophiques (il cite notament Spinoza), Philip K. Dick tente dans la  suite de sa conférence de définir ce qui fait de certains hommes des  machines et ce qui permet d&#8217;échapper à ce sort.<br />
Même s&#8217;il témoignent d&#8217;une foi que, rétrospectivement, on ne peut  aujourd&#8217;hui que trouver beaucoup trop optimiste dans le pouvoir  subversif des adolescents des années 70, les conseils du romancier sont  clairs : le propre de la machine est d&#8217;être fiable et prévisible ; pour  être humain, efforçons nous de pas l&#8217;être. Pour cela il faut privilégier  la ruse, le détours, le détournement, la fuite ; il est urgent de  désobéir, tricher, mentir, s’esquiver, faire semblant, être ailleurs.</p>
<p><img src="http://consciences.blogspirit.com/images/medium_ubik2.2.jpg" alt="" /><em> </em></p>
<p><em>Devenir ce que, faute d’un terme plus convenable, j’ai appelé  un androïde, veut dire, comme je l’ai indiqué, se laisser transformer en  instrument, se laisser écraser, manipuler, devenir un instrument à son  insu ou sans son consentement &#8211; c’est du pareil au même. Mais on ne peut  pas transformer un humain en androïde si cet humain a tendance à  enfreindre la loi dès qu’il en a l’occasion. L’androïsation exige  l’obéissance. Et, par-dessus tout, la prévisibilité. C’est justement  lorsque la réaction d’une personne donnée à une situation donnée peut  être prévue avec une précision scientifique que l’on ouvre grand les  portes au cheval de Troie : à la production possible d’une forme de vie  androïde à grande échelle. Car à quoi servirait une lampe de poche si,  lorsqu’on appuie sur le bouton, l’ampoule ne s’allumait qu’une fois de  temps en temps ? Toute machine doit marcher sans coup férir pour être  fiable. L’androïde, comme toute autre machine, doit marcher au doigt et à  l’œil.</em> (p. 38)</p>
<p>Sur Philip K. Dick, on peut consulter <a href="http://www.philipkdick.com/" target="_blank">le site officiel</a>,  en anglais, et, en français, une page du site noosphère, le <a href="http://www.noosfere.com/heberg/Le_ParaDick/" target="_blank">ParaDick</a>.</p>
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		<title>inverser l&#039;analogie</title>
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		<pubDate>Mon, 24 Apr 2006 23:18:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[intelligence artificielle]]></category>
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		<category><![CDATA[science-fiction]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans sa conférence « Androïde contre humain » (« Androïd and human », Vancouver, 1972), Philip K. Dick, immense écrivain de science-fiction, invite très judicieusement, sur cette question de l&#8217;homme-macine, à « inverser l’analogie » : plutôt que de se demander si un jour la vie artificielle va devenir humaine, pourquoi ne pas nous demander [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans sa conférence « Androïde contre humain » (« Androïd and human »,  Vancouver, 1972), Philip K. Dick, immense écrivain de science-fiction,  invite très judicieusement, sur cette question de l&#8217;homme-macine, à «  inverser l’analogie »  : plutôt que de se demander si un jour la vie  artificielle va devenir humaine, pourquoi ne pas nous demander si  l&#8217;humain n&#8217;est pas en train de devenir machine.</p>
<p><img src="http://consciences.blogspirit.com/images/medium_dick_scmvd.2.jpg" alt="" /><em> </em></p>
<p><em>Et puis &#8211; même si une telle idée n’est guère agréable &#8211;  tandis que le monde externe devient de plus en plus animé, il se peut  que nous &#8211; les soi-disant humains &#8211; devenions, et, d’une certaine  manière, ayons toujours été, inanimés au sens où</em> nous <em>sommes  dirigés par des tropismes inhérents, plutôt que dirigeants nous-mêmes.  Auquel cas nous et nos ordinateurs toujours plus perfectionnés pourrions  fort bien nous rencontrer à mi-chemin. </em></p>
<p>et d&#8217;évoquer les <em>créatures</em> que sont devenus aujourd&#8217;hui nombre  de <em>pseudo-humains</em> qui ne sont plus que</p>
<p><em>des instruments, des moyens plutôt que des fins, et donc, à mon  sens, réduits à être semblables à des machines dans le </em>mauvais <em>sens  du terme </em>[…]. <em>Il s’agit ici d’humains réduits à une pure  utilité &#8211; de femmes et d’hommes transformés en machines et servant un  objectif qui, aussi « bon » soit-il en principe, exige l’emploi, pour  son accomplissement, de ce que je considère comme le plus grand mal  imaginable : l’imposition sur ce qui était un homme libre, qui riait et  pleurait et faisait des erreurs et divaguait sottement ou à loisir,  d’une restriction qui le contraint, malgré ce qu’il imagine ou ce qu’il  en pense, à atteindre un but situé en dehors de sa propre destinée &#8211;  aussi minuscule soit-elle. </em></p>
<p>Philip K. Dick, <em>Si ce monde vous déplaît… et autres écrits</em>,  L’Éclat, 1998, p. 28 et 29</p>
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		<title>perpendiculairement rampante</title>
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		<pubDate>Sun, 23 Apr 2006 23:40:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[[...] c&#8217;est cette forte analogie qui force tous les savants et les vrais juges d&#8217;avouer que ces êtres fiers et vains, plus distingués par leur orgueil que par le nom d&#8217;hommes, quelque envie qu&#8217;ils aient de s&#8217;élever, ne sont au fond que des animaux et des machines perpendiculairement rampantes. Elles ont toutes ce merveilleux instinct, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://consciences.blogspirit.com/images/medium_magritte_automate.4.jpg" alt="" /></p>
<p>[...] <em>c&#8217;est cette forte analogie qui force tous les savants  et les vrais juges d&#8217;avouer que ces êtres fiers et vains, plus  distingués par leur orgueil que par le nom d&#8217;hommes, quelque envie  qu&#8217;ils aient de s&#8217;élever, ne sont au fond que des animaux et des  machines perpendiculairement rampantes. Elles ont toutes ce merveilleux  instinct, dont l&#8217;éducation fait de l&#8217;esprit, et qui a toujours son siège  dans le cerveau, et, à son défaut, comme lorsqu&#8217;il manque ou est  ossifié, dans la moelle allongée, et jamais dans le cervelet ; car je  l&#8217;ai vu considérablement blessé ; d&#8217;autres l&#8217;ont trouvé squirreux, sans  que l&#8217;âme cessât de faire ses fonctions.<br />
Être machine, sentir, penser savoir distinguer le bien du mal comme le  bleu du jaune, en un mot, être né avec de l&#8217;intelligence et un instinct  sûr de morale, et n&#8217;être qu&#8217;un animal, sont donc des choses qui ne sont  pas plus contradictoires, qu&#8217;être un singe ou un perroquet et savoir se  donner du plaisir. </em>[…] <em>Je crois la pensée si peu incompatible  avec la matière organisée, qu&#8217;elle semble en être une propriété, telle  que l&#8217;électricité, la faculté motrice, l&#8217;impénétrabilité, l&#8217;étendue,  etc.</em></p>
<p>écrit dans <em>L&#8217;Homme-Machine </em> (1747) le philosophe matérialiste  Julien Offray de La Mettrie.</p>
<p>Ce texte est consultable en ligne, ainsi que quelques autres, sur le  site de <a href="http://perso.wanadoo.fr/destin/textes.html" target="_blank">Christophe Paillard</a> ou, dans sa version non  modernisée, dans la riche <a href="http://www.fh-augsburg.de/%7Eharsch/gallica/Chronologie/18siecle/LaMettrie/met_intr.html" target="_blank">Bibliotheca Augustana</a>.</p>
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		<title>croquer la pomme</title>
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		<pubDate>Fri, 21 Apr 2006 23:00:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Tout le processus de la pensée demeure encore plutôt mystérieux, mais je crois qu’une machine pensante pourrait grandement nous aider à découvrir comment nous pensons nous-mêmes. Alan M. Turing, Conférence à le BBC, 15 mai 1951, Archives Turing, King’s College, Cambridge Alan Mathison Turing est l&#8217;un des premiers théoriciens de l&#8217;intelligence artificielle. Il a passé [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Tout le processus de la pensée demeure encore plutôt mystérieux,  mais je crois qu’une machine pensante pourrait grandement nous aider à  découvrir comment nous pensons nous-mêmes.</em><br />
Alan M. Turing, Conférence à le BBC, 15 mai 1951, Archives Turing,  King’s College, Cambridge</p>
<p><img src="http://consciences.blogspirit.com/images/medium_blanche_neige_pomme.2.gif" alt="" /></p>
<p>Alan Mathison Turing est l&#8217;un des premiers théoriciens de  l&#8217;intelligence artificielle. Il a passé une grande partie de son  existence à tenter de concevoir une machine pensante. Persécuté pour son  homosexualité, il se suicide en 1954 en croquant une pomme empoisonnée  au cyanure. Cette référence à Blanche Neige donnera naissance au nom et  du logo de la société Apple Computer.<br />
Quelques années avant sa mort, après son arrestation en 1952, Turing  avait envoyé à un collègue un mot sibyllin en forme de syllogisme et de  jeu sur le double sens du mot anglais <em>to lie </em> :</p>
<p><em>Turing croit que les machines pensent. Turing couche avec des  hommes. Donc les machines ne pensent pas. </em>[Turing believes machines  think. Turing lies with men. Therefore machines do not think.]<br />
Alan M. Turing, Archives Turing, King’s College, Cambridge</p>
<p>Les <a href="http://www.turingarchive.org/" target="_blank">Archives  Turing du King&#8217;s College (Cambridge)</a> sont disponibles en ligne.<br />
L&#8217;article « <a href="http://www.loebner.net/Prizef/TuringArticle.html" target="_blank">Computing Machinery and Intelligence </a>» (<em>Mind</em>,  Octobre 1950), qui décrit le test de Turing, est également en ligne.</p>
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		<title>la vulnérabilité de la vie</title>
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		<pubDate>Fri, 24 Mar 2006 23:55:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Grand amateur de métaphores lui aussi, Peter Sloterdijk est affublé par certains d&#8217;une réputation sulfureuse, placé sur un piédestal par d&#8217;autres. Il est en tout cas l&#8217;un des seuls philosophes à poser, de manière pointue mais très lisible, et qui plus est avec humour et ecclectisme, les questions auxquelles l&#8217;humanité actuelle doit faire face. Son [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Grand amateur de métaphores lui aussi, <a href="http://www.petersloterdijk.net/french/" target="_blank">Peter  Sloterdijk </a>est affublé par certains d&#8217;une réputation sulfureuse,  placé sur un piédestal par d&#8217;autres. Il est en tout cas l&#8217;un des seuls  philosophes à poser, de manière pointue mais très lisible, et qui plus  est avec humour et ecclectisme, les questions auxquelles l&#8217;humanité  actuelle doit faire face.<br />
<img src="http://consciences.blogspirit.com/images/medium_sloterdijk1.2.jpg" alt="" /></p>
<p>Son oeuvre est complexe et foisonnante, impossible à synthétiser  dans un ni même plusieurs post. Je ne m&#8217;y risquerai donc pas.  Concernant les mutations que la technologie a déjà fait et fera subir à  une nature humaine que certains voudraient immuable, on peut commencer  par lire deux textes courts mais très éclairants, « L&#8217;heure du crime et  le temps de l&#8217;oeuvre d&#8217;Art. Sur l&#8217;interprétation philosophique de  l&#8217;artificiel » et « La vexation par les machines. Remarques  philosophiques sur la position psycho-historique de la technologie  médicale avancée », dans <em>L&#8217;heure du crime et le temps de l&#8217;oeuvre  d&#8217;Art</em> (2000) (Calmann-Lévy, 2000). Le second de ces textes se  termine ainsi :</p>
<p><img src="http://consciences.blogspirit.com/images/medium_damne.2.jpg" alt="" /><em></em></p>
<p><em>Les mathématiciens doivent devenir des poètes, les  cybernéticiens des philosophes de la religion, les médecins des  compositeurs, les informaticiens des chamans. L’humanité n’a jamais été  que l’art de crée des transitions. Lorsque les pôles sont éloignés les  uns des autres, l’art devient rare et la barbarie vraisemblable. Si les  hommes sont des animaux fabricants de machines, ils sont plus encore des  créatures produisant des métaphores. Si l’on parvenait à intégrer les  machines intelligentes de l’avenir dans des relations  semi-personnalistes et semi-animistes avec les humains, on n’aurait pas à  redouter de voir l’homme lier amitié avec son partenaire robot. La  mission de notre temps est de développer un humour postmoderne qui  permette aux cybernéticiens d’avoir des relations amicales avec des  cardinaux, des mollahs et des prêtres vaudous.</em> […] <em>Mais même si  les robots, à l’ère technique, ont persuadé l’âme qu’elle ne peut être  que ce pour quoi elle se prend, il reste à l’âme désubstantialisée la  fierté de souffrir discrètement de cette vexation. Son souci est sa  preuve de son existence. Au sommet de la modernité machiniste se répète  en certains individus la naissance de l’humanité à partir du savoir de  la vulnérabilité de la vie.</em><br />
« La vexation par les machines », <em>L&#8217;heure du crime et le temps de  l&#8217;oeuvre d&#8217;Art</em> (2000), p. 80-81</p>
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		<title>totalement inhumaine ?</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Mar 2006 23:15:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Pourquoi serait-elle forcément « totalement inhumaine » la nouvelle forme de conscience qui remplacera l’homme au sommet de la hiérarchie des espèces ? L’hypothèse de Jean-Michel Truong est que de l’intelligence déposée par l’homme dans le silicium va émerger une forme de conscience qui deviendra très vite plus intelligente que l’homme. Mais pourquoi le but [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pourquoi serait-elle forcément « totalement inhumaine » la nouvelle  forme de conscience qui remplacera l’homme au sommet de la hiérarchie  des espèces ?</p>
<p>L’hypothèse de Jean-Michel Truong est que de l’intelligence déposée par  l’homme dans le silicium va émerger une forme de conscience qui  deviendra très vite plus intelligente que l’homme. Mais pourquoi le but  de cette nouvelle intelligence serait-il forcément d’asservir ou de  détruire l’homme ?<br />
On comprend que dans un thriller d’anticipation, il lui ait paru plus  efficace de faire du « sucesseur de pierre » une menace effroyable, mais  dans son essai, pourquoi persévérer. Cela confère à ses hypothèses  eschatologiques un côté chrétien (la punition de l’homme pour ses  péchés) un peu déplaisant.</p>
<p><img src="http://consciences.blogspirit.com/images/medium_blade_runner_rachel.2.jpg" alt="" /></p>
<p>Il y aurait forcément dans cette autre forme de conscience &#8211; si  elle nait de la mise en connexion de tous les savoirs humains, de tous  les livres, de toutes les images crées par l’homme, de toutes les voix  qui parlent sur internet &#8211; une part humaine. Pourquoi partir du principe  que ce sera la plus mauvaise part de l’humain ?<br />
D’autant qu’il paraît tout à fait probable que cette mauvaise part soit  due en grande partie à des pulsions, des hormones, des mécanismes  physiologiques dont une intelligence de silicium sera détachée. Qui sait  si cela ne la rendra pas plus « humaine » que ne le sont nombre  d&#8217;humains ?</p>
<p>Davantage que de ce que des intelligences dites artificielles pourraient  faire des avancées technologiques à venir, il faut je pense avoir peur  de ce que les humains qui gouvernent actuellement le monde peuvent être  tentés d’en faire. Le parc humain de Sloterdijk, le « cheptel » imaginé  par Truong, c’est aujourd’hui hélas. Les humains éduqués à mort pour  travailler, dans la « mobilisation infinie », c’est aujourd’hui ; les  humains domestiqués et conditionnés pour consommer sans répit, c’est  aujourd’hui.</p>
<p>Alors demain sera peut-être pire, mais peut-être pas …</p>
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		<title>totalement inhumaine</title>
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		<pubDate>Sun, 19 Mar 2006 00:20:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Jean-Michel Truong &#8211; psychologue et philosophe de formation, fondateur de Cognitech, première société européenne spécialisée en intelligence artificielle &#8211; a rencontré en 1999 un grand succès avec Le Successeur de Pierre (Denoël), un roman de science-fiction très stimulant dans lequel il mettait en récit des réflexions sur les mutations que vont entraîner l&#8217;intelligence artificielle. À [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.jean-michel-truong.net/" target="_blank">Jean-Michel  Truong</a> &#8211; psychologue et philosophe de formation, fondateur de  Cognitech, première société européenne spécialisée en intelligence  artificielle &#8211; a rencontré en 1999 un grand succès avec<em> Le  Successeur de Pierre</em> (Denoël), un roman de science-fiction très  stimulant dans lequel il mettait en récit des réflexions sur les  mutations que vont entraîner l&#8217;intelligence artificielle. À la lumière  notamment des théories mémétique et des thèses du philosophe allemand  Peter Sloterdijk (sur lesquelles je reviendrai), l’avenir de l’humanité y  est présenté de manière très sombre, sans doute car dans la fiction  comme dans les essais, la peur fait vendre.<br />
<img src="http://consciences.blogspirit.com/images/medium_sucesseur_pierre.2.jpeg" alt="" /></p>
<p>Le roman est prolongé par un essai, <em>Totalement inhumaine </em>(Les  Empêcheurs de penser en rond, 2001), dans lequel Truong explicite et  éclaire de citations ses intuitions romanesques. Il écrit ainsi :<br />
<em>J’appelle Successeur cette forme de vie nouvelle susceptible de  prendre la suite de l’homme comme habitacle de la conscience. </em>[…] <em>Le  Successeur est l’espèce émergeant sous nos yeux de ce substrat  artificiel – fait de mémoires et de processeurs toujours plus nombreux  et en voie d’interconnexion massive – qu’on appelle le « Net ». </em>(49-50)<br />
<em>Comme toute espèce bien née, le Successeur se comporte de manière à «  persister dans son être », ce qui en patois biologique &#8211; forcément plus  rustique &#8211; se traduit par « répliquer ses gènes »</em> (50-51) ; [sa  forme de reproduction est la] <em>copie du contenu d’une mémoire dans  une autre</em> (52)<br />
<em>Notre conscience n’est pas un organe qu’il serait loisible de  transplanter ici ou là, c’est la résultante d’un processus évolutif. Ce  que nous léguons au Successeur, ce n’est pas la conscience et moins  encore notre conscience, mais les conditions d’émergence d’une  conscience.</em> […] <em>Le Successeur n’use de la représentation  symbolique et de la logique mathématique que parce qu’il est  provisoirement tenu d’interagir avec nous : comme d’une langue  étrangère. C’est une concession qu’il nous fait, le temps de nous  apprivoiser. Son idiome, nous ne le connaissons pas. Peut-être même un  jour, dispensé qu’il sera de parler à quiconque, lui sera-t-il possible  d’économiser ce détour dispendieux par le langage et la logique qui  plomba tant l’intelligence humaine, pour enfin appréhender le monde de  manière immédiate, et ainsi accéder – ô ironie! – à cette pensée vraie  dont Heidegger disait qu’elle est l’apanage du poète.</em> (207-208)</p>
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		<title>regards</title>
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		<pubDate>Tue, 07 Mar 2006 23:30:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je me souviens aussi des regards &#8230; des yeux de la Catherine d&#8217;Alexandrie du Caravage, de l&#8217;autoportrait du Dürer, du Christ rescuscité de Bramante, de la Maja, nue ou vêtue, de l&#8217;Amazone de Manet, des portraits de Raphaël, des nains des bouffons des servantes et des petites princesses de Velasquez &#8230; - ce regard là, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je me souviens aussi des regards &#8230; des yeux de la <em>Catherine  d&#8217;Alexandrie </em>du Caravage, de l&#8217;autoportrait du Dürer, du <em>Christ  rescuscité </em>de Bramante,  de la <em>Maja</em>, nue ou vêtue, de l&#8217;<em>Amazone</em> de Manet, des portraits de Raphaël, des nains des bouffons des  servantes et des petites princesses de Velasquez &#8230;</p>
<p><img src="http://consciences.blogspirit.com/images/medium_manet_bar_detail.4.jpg" alt="" />- ce regard là, celui d&#8217;<em>Un bar aux Folies-Bergères </em> est  peint par Manet  : il est à Londres (Gallerie Courtauld) pas à Madrid -</p>
<p>&#8230; ce sont souvent des regards dans des visages qui accrochent le mien  dans un tableau. C&#8217;est sans doute la raison pour laquelle je ressens  souvent moins d&#8217;émotion devant les tableaux vides d&#8217;humains ou  abstraits.</p>
<p>Je rattache, peut-être à tort, cette importance des regards dans la  peinture au comportement des bébés d&#8217;hommes : avant même de voir  vraiment, leurs yeux qui voient flou se tournent vers les visages et  vers les yeux dans les visages. En naissant le bébé bouge la tête,  cligne des yeux, plisse le front, cherche un regard humain, s&#8217;y plonge  et trouve l&#8217;apaisement si ce regard est réceptif. Ce comportement  stéréotypé est sans doute un instinct qui le rend capable de communiquer  dès que possible afin d&#8217;être protégé et nourri. Pendant les premiers  mois, le bébé continue d&#8217;être attiré surtout par les yeux ouverts et qui  le regardent, et durant toute la vie, le cerveau humain traite  différemment les visages et les autres objets.</p>
<p>Avec quels yeux des intelligences artificielles verraient-elles ? et,  sans l&#8217;instinct du nouveau né, seront-elles sensibles aux regards dans  les visages et dans les tableaux ? d&#8217;ailleurs iront-elles au musée ?</p>
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		<title>la fin du travail</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Mar 2006 23:10:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
				<category><![CDATA[écrivains]]></category>
		<category><![CDATA[intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[travail]]></category>

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		<description><![CDATA[Mais il n&#8217;y a pas que la sf &#8230; et en ce début de troisième millénaire de plus en plus d&#8217;écrivains mélangent les genres pour importer dans un format romanesque plus classique des réflexions sur les mutations technologiques et ce qu&#8217;elles impliquent : James Flint, Douglas Coupland, Haruki Murakami, David Mitchell, mais aussi, en France, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Mais il n&#8217;y a pas que la sf &#8230; et en ce début de troisième millénaire  de plus en plus d&#8217;écrivains mélangent les genres pour importer dans un  format romanesque plus classique des réflexions sur les mutations  technologiques et ce qu&#8217;elles impliquent : James Flint, Douglas  Coupland, Haruki Murakami, David Mitchell, mais aussi, en France,  Philippe Vasset, Michel Houellebecq ou Valérie Tong Cuong par exemple.<br />
<img src="http://consciences.blogspirit.com/images/medium_iconoclastes2.2.jpeg" alt="" /><br />
Dans <em>Ferdinand et les iconoclastes</em>, publié chez Grasset en 2003  et qui vient de sortir en poche, cette dernière imagine un jeune génie  de la finance qui, lassé de travailler, conçoit pour le remplacer un  clone virtuel, une machine assistée par un réseau d&#8217;ordinateurs, qui  réussit au delà de ses espérances.</p>
<p>Ce roman permet à <a href="http://www.lesiconoclastes.com/" target="_blank">Valérie Tong Cuong </a>de s&#8217;interroger et de nous  interroger sur un problème de société étroitement lié au  perfectionnement des technologies.<br />
Ces technologies sont nées en grande partie du désir de libérer l&#8217;homme  de taches pénibles, de limiter le temps qu&#8217;il est obligé de passer à  travailler. Leur évolution accélérée conduit donc naturellement et  inéluctablement vers la fin du travail.<br />
Ce n&#8217;est pas une catastrophe ! mais une chance pour l&#8217;humanité. Encore  faut-il pour cela qu&#8217;elle l&#8217;accepte et se transforme en conséquence.<br />
Il semble qu&#8217;un certain nombre d&#8217;hommes et de femmes soient en train de  le comprendre. Mais, comme souvent, le sommet de la société, les  politiques et dirigeants de tout poil, refusent de reconnaître la fin du  travail (par aveuglement, conditionnement, calcul ?) et s&#8217;obstinent à  inventer des taches inutiles pour faire baisser des taux de chômage qui  ne baissent pas.</p>
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		<title>ayas de science-fiction</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Feb 2006 23:25:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[citations]]></category>
		<category><![CDATA[intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[science-fiction]]></category>

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		<description><![CDATA[La possibilité pour l&#8217;homme d&#8217;être bientôt capable de créer des êtres doués d&#8217;une intelligence dite artificielle lui fait peur. La littérature (de science-fiction essentiellement, mais pas seulement) est peut-être le lieu où cette question est posée avec le plus de pertinence, car au lieu de s&#8217;en tenir à des généralités, les auteurs de fictions doivent [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La possibilité pour l&#8217;homme d&#8217;être bientôt capable de créer des  êtres doués d&#8217;une intelligence dite artificielle lui fait peur.</p>
<p>La littérature (de science-fiction essentiellement, mais pas seulement)  est peut-être le lieu où cette question est posée avec le plus de  pertinence, car au lieu de s&#8217;en tenir à des généralités, les auteurs de  fictions doivent confronter les théories ou les intuitions qu&#8217;ils  peuvent avoir sur le sujet à des personnages et à des situations qu&#8217;il  sont tenus de rendre réalistes.</p>
<p>Lorsqu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;imaginer ce que pourrait être un monde futur où  l&#8217;homme aurait à composer avec des êtres qui le surpasserait en  intelligence et en complexité, beaucoup préfèrent &#8211; sans doute car c&#8217;est  plus facile &#8211; surfer sur les craintes. Certains le font avec talent,  comme récemment en France <a href="http://www.jean-michel-truong.net/" target="_blank">Jean-Michel Truong</a> et son <em>Successeur de pierre</em>.</p>
<div><img src="http://consciences.blogspirit.com/images/medium_androide2.2.jpg" alt="" /></div>
<p>Littérature, films et séries de science-fiction ont cependant aussi créé  un certain nombre de personnages plus complexes et plus nuancés, comme  le savoureux Data, l&#8217;androïde de <em>Star Trek Next Generation</em>, le  caustique Francis de <em><a href="http://age-de-cristal.neuf.fr/" target="_blank">L&#8217;Âge de Cristal</a></em>, h2g2, le robot dépressif du <em>Guide  Galactique </em>de Douglas Adams, les ayas (Gloria et ses filles)  serviables mais facétieuses des <em>Futurs mystères de Paris </em>de  Roland C. Wagner, ou Macno, le &laquo;&nbsp;casse-couilles&nbsp;&raquo; libertaire des éditions  Baleine.</p>
<p>D&#8217;autres auteurs ont élaboré tout un monde autour de cette notion, tels  Greg Egan dans la <em>Cité des permutants </em>ou plus encore Iain M.  Banks, dont le cycle de la Culture est peuplé de vaisseaux et de drones  aux noms métaphoriques qui observent avec un attendrissement  mêlé  d&#8217;agacement les humains un peu limités mais tellement amusants et  surprenants parfois qui vivent à leurs côtés.</p>
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