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	<title>mille plateaux &#187; lecture</title>
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	<description>mémoire des lignes de fuite</description>
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		<title>la lecture est une amitié</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Jan 2007 23:03:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Spécialement pour les commentateurs de mon précédent billet, un petit bonus proustien (sans statue ni boulons, s&#8217;entend!) : Sans doute, l’amitié, l’amitié qui a égard aux individus, est une chose frivole, et la lecture est une amitié. Mais du moins c’est une amitié sincère, et le fait qu’elle s’adresse à un mort, à un absent, lui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Spécialement pour les commentateurs de mon précédent billet, un petit bonus proustien (sans statue ni boulons, s&#8217;entend!) :</p>
<blockquote><p>Sans doute, l’amitié, l’amitié qui a égard aux individus, est une chose frivole, et la lecture est une amitié. Mais du moins c’est une amitié sincère, et le fait qu’elle s’adresse à un mort, à un absent, lui donne quelque chose de désintéressé, de presque touchant. C’est de plus une amitié débarrassée de tout ce qui fait la laideur des autres. Comme nous ne sommes tous, nous les vivants, que des morts qui ne sont pas encore entrés en fonctions, toutes ces politesses, toutes ces salutations dans le vestibule que nous appelons déférence, gratitude, dévouement et où nous mêlons tant de mensonges, sont stériles et fatigantes. De plus, – dès les premières relations de sympathie, d’admiration, de reconnaissance, – les premières paroles que nous prononçons, les premières lettres que nous écrivons, tissent autour de nous les premiers fils d’une toile d’habitudes, d’une véritable manière d’être, dont nous ne pouvons plus nous débarrasser dans les amitiés suivantes ; sans compter que pendant ce temps-là les paroles excessives que nous avons prononcées restent comme des lettres de change que nous devons payer, ou que nous paierons plus cher encore toute notre vie des remords de les avoir laissé protester. Dans la lecture, l’amitié est soudain ramenée à sa pureté première. Avec les livres, pas d’amabilité. Ces amis-là, si nous passons la soirée avec eux, c’est vraiment que nous en avons envie. Eux, du moins, nous ne les quittons souvent qu’à regret. Et quand nous les avons quittés, aucune de ces pensées qui gâtent l’amitié : Qu’ont-ils pensé de nous ? – N’avons-nous pas manqué de tact ? – Avons-nous plu ? – et la peur d’être oublié pour tel autre. Toutes ces agitations de l’amitié expirent au seuil de cette amitié pure et calme qu’est la lecture. Pas de déférence non plus ; nous ne rions de ce que dit Molière que dans la mesure exacte où nous le trouvons drôle ; quand il nous ennuie nous n’avons pas peur d’avoir l’air ennuyé, et quand nous avons décidément assez d’être avec lui, nous le remettons à sa place aussi brusquement que s’il n’avait ni génie ni célébrité. L’atmosphère de cette pure amitié est le silence, plus pur que la parole. Car nous parlons pour les autres, mais nous nous taisons pour nous-mêmes. Aussi le silence ne porte pas, comme la parole, la trace de nos défauts, de nos grimaces. Il est pur, il est vraiment une atmosphère. Entre la pensée de l’auteur et la nôtre il n’interpose pas ces éléments irréductibles, réfractaires à la pensée, de nos égoïsmes différents. Le langage même du livre est pur (si le livre mérite ce nom), rendu transparent par la pensée de l’auteur qui en a retiré tout ce qui n’était pas elle-même jusqu’à le rendre son image fidèle, chaque phrase, au fond, ressemblant aux autres, car toutes sont dites par l’inflexion unique d’une personnalité ; de là une sorte de continuité, que les rapports de la vie et ce qu’ils mêlent à la pensée d’éléments qui lui sont étrangers excluent et qui permet très vite de suivre la ligne même de la pensée de l’auteur, les traits de sa physionomie qui se reflètent dans ce calme miroir. Nous savons nous plaire tour à tour aux traits de chacun sans avoir besoin qu’ils soient admirables, car c’est un grand plaisir pour l’esprit de distinguer ces peintures profondes et d’aimer d’une amitié sans égoïsme, sans phrases, comme en soi-même.</p></blockquote>
<p>Marcel Proust, <em>Journées de lecture</em> (<em>Contre Sainte-Beuve</em>, Gallimard, Bibliothèque de ma Pléiade, 1971, p. 186-187)</p>
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		<title>une zone déjà notre</title>
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		<pubDate>Sun, 26 Nov 2006 22:43:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Quand nous lisons, nous ne cherchons pas des idées neuves, mais des idées déjà pensées par nous, à qui la page imprimée donne le sceau d&#8217;une confirmation. Les paroles d&#8217;un autre qui nous frappent sont celles qui résonnent dans une zone déjà notre &#8211; que nous vivons déjà &#8211; et la faisant vibrer nous permettent [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Quand nous lisons, nous ne cherchons pas des idées neuves, mais des idées déjà pensées par nous, à qui la page imprimée donne le sceau d&#8217;une confirmation. Les paroles d&#8217;un autre qui nous frappent sont celles qui résonnent dans une zone déjà notre &#8211; que nous vivons déjà &#8211; et la faisant vibrer nous permettent de saisir de nouveaux points de départ au dedans de nous.</p>
<p>Pavese, <em>Le métier de vivre</em>, 3 décembre 1938</p></blockquote>
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		<title>un muscle qui la courbe</title>
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		<pubDate>Sat, 04 Nov 2006 00:15:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L&#8217;accommodation Quand je lis, j&#8217;accommode : non seulement le cristallin de mes yeux, mais aussi celui de mon intellect, pour capter le bon niveau de signification (celui qui me convient). Une linguistique fine ne devrait plus s&#8217;occuper des « messages » (au diable les « messages » !) mais de ces accommodations, qui procèdent sans doute par niveaux et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;accommodation</p>
<p>Quand je lis, <em>j&#8217;accommode</em> : non seulement le cristallin de mes yeux, mais aussi celui de mon intellect, pour capter le bon niveau de signification (celui qui me convient). Une linguistique fine ne devrait plus s&#8217;occuper des « messages » (au diable les « messages » !) mais de ces accommodations, qui procèdent sans doute par niveaux et par seuils : chacun <em>courbe</em> son esprit, tel un œil, pour saisir dans la masse du texte <em>cette intelligibilité-là</em>, dont il a besoin pour connaître, pour jouir, etc. En cela la lecture est un travail : il y a un muscle qui la courbe. (…)</p>
<p><em>Roland Barthes</em> par Roland Barthes (Seuil, 1975, p. 120)</p>
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		<title>écrire pour penser</title>
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		<pubDate>Thu, 28 Sep 2006 01:17:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le dernier essai de Georges Picard est tout aussi atypique et subjectif que les précédents et son titre, Tout le monde devrait écrire (Corti, 2006), encore plus accrocheur. Il ne faut pas s&#8217;y arrêter et découvrir ce texte plein de nuances et de passion, d&#8217;humour et d&#8217;esprit de résistance, sur la lecture et l&#8217;écriture. J&#8217;ai [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img style="float: left; margin: 0 1em 1em 0;" src="/public/livres/picard_toutlemonde.jpg" alt="picard_toutlemonde.jpg" />Le dernier essai de <a hreflang="fr" href="http://www.jose-corti.fr/auteursfrancais/picard.html">Georges Picard</a> est tout aussi atypique et subjectif que les précédents et son titre, <a hreflang="fr" href="http://www.jose-corti.fr/titresfrancais/toutlemonde.html">Tout le monde devrait écrire</a> (Corti, 2006), encore plus accrocheur. Il ne faut pas s&#8217;y arrêter et découvrir ce texte plein de nuances et de passion, d&#8217;humour et d&#8217;esprit de résistance, sur la lecture et l&#8217;écriture. J&#8217;ai aimé notamment la façon dont Georges Picard décrit la cristallisation dans les mots de la « vapeur cérébrale » de la pensée, par exemple :</p>
<blockquote><p>Pour moi dont la parole est embarrassée, ordinairement hésitante, exceptionnellement explosive et excessive, une pensée riche ou fine ne peut trouver une forme adéquate en dehors de l&#8217;écriture. Comme beaucoup, je pourrais aller jusqu&#8217;à soutenir que c&#8217;est l&#8217;écriture qui appelle, stimule et formalise ma pensée. Écrire pour penser plutôt que penser pour écrire : étrange retournement des priorités dans les domaines didactiques, mais positionnement naturel, me semble-t-il, en littérature. Si l&#8217;on considère qu&#8217;une pensée sans forme n&#8217;est qu&#8217;une intuition à la limite de l&#8217;impalpable, une sorte de vapeur cérébrale, on conçoit aisément l&#8217;inéluctabilité de la verbalisation (ou, en tout cas, de la formalisation qui permet de parler de <em>pensée plastique</em> ou <em>musicale</em>). La seule concession, qui n&#8217;est pas mince, consiste à accepter l&#8217;idée que le lecteur pense en lisant, comme le voyageur vole métaphoriquement en prenant l&#8217;avion. Je lis, donc je pense, mais ma pensée est un clignotement le long d&#8217;une autre. Pour être au clair avec soi-même, pour savoir de quoi sa propre pensée est réellement capable, l&#8217;épreuve de l&#8217;écriture me paraît cruciale. Peut-être publie-t-on trop, mais il n&#8217;est pas sûr que l&#8217;on écrive suffisamment. Tout le monde devrait écrire pour soi dans la concentration et la solitude : un bon moyen de savoir ce que l&#8217;on sait et d&#8217;entrevoir ce que l&#8217;on ignore sur le mécanisme de son cerveau, sur son pouvoir de captation et d&#8217;interprétation des stimuli extérieurs. (p. 11-12)<br />
(&#8230;) Pourquoi cette &#8211; presque &#8211; ascèse solitaire ? Pour faire parler en soi la voix personnelle qui se dérobe dans les rapports sociaux. Pour faire remonter à la surface de la conscience organisatrice des éléments mentaux éparpillés, non fixés, magma inconscient et semi-conscient de <em>savoirs</em> que l&#8217;on ne sait pas posséder (par savoirs, je n&#8217;entends pas des connaissances érudites ; je parle de savoirs du corps, de traces de sensibilité, de bribes de mémorisation&#8230; ). (p. 91-92)</p></blockquote>
<p>On peut lire aussi, au sujet de ce livre un <a hreflang="fr" href="http://perso.orange.fr/calounet/resumes_livres/picard_resume/picard_ecrire.htm">article de Pascale Arguedas</a>.</p>
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		<title>un esprit primesautier</title>
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		<pubDate>Thu, 04 May 2006 23:41:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je souhaiterois avoir plus parfaicte intelligence des choses, mais je ne la veux pas achepter si cher qu&#8217;elle couste. Mon dessein est de passer doucement, et non laborieusement ce qui me reste de vie. Il n&#8217;est rien pourquoy je me vueille rompre la teste : non pas pour la science, de quelque grand prix qu&#8217;elle [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://consciences.blogspirit.com/images/medium_stdo100.2.jpg" alt="" /><em> </em></p>
<p><em>Je souhaiterois avoir plus parfaicte intelligence des  choses, mais je ne la veux pas achepter si cher qu&#8217;elle couste. Mon  dessein est de passer doucement, et non laborieusement ce qui me reste  de vie. Il n&#8217;est rien pourquoy je me vueille rompre la teste : non pas  pour la science, de quelque grand prix qu&#8217;elle soit. Je ne cherche aux  livres qu&#8217;à my donner du plaisir par un honneste amusement : ou si  j&#8217;estudie, je n&#8217;y cherche que la science, qui traicte de la connoissance  de moy-mesmes, et qui m&#8217;instruise à bien mourir et à bien vivre. </em>[...]<br />
<em>Les difficultez, si j&#8217;en rencontre en lisant, je n&#8217;en ronge pas mes  ongles : je les laisse là, apres leur avoir faict une charge ou deux.</em></p>
<p><em>Si je m&#8217;y plantois, je m&#8217;y perdrois, et le temps : car j&#8217;ay un esprit  primsautier : Ce que je ne voy de la premiere charge, je le voy moins en  m&#8217;y obstinant. Je ne fay rien sans gayeté : et la continuation et  contention trop ferme esblouït mon jugement, l&#8217;attriste, et le lasse. Ma  veuë s&#8217;y confond, et s&#8217;y dissipe. Il faut que je la retire, et que je  l&#8217;y remette à secousses : Tout ainsi que pour juger du lustre de  l&#8217;escarlatte, on nous ordonne de passer les yeux pardessus, en la  parcourant à diverses veuës, soudaines reprinses et reiterées. </em></p>
<p>Michel de Montaigne, <em>Les Essais </em>(II, 10)</p>
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