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	<title>mille plateaux &#187; métaphore</title>
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	<description>mémoire des lignes de fuite</description>
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		<title>carrefours de sens</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Jun 2011 13:20:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Plus ou moins consciemment, par suite des imperfections de sa perception puis de sa mémoire, l’écrivain sélectionne subjectivement, choisit, élimine, mais aussi valorise entre cent ou mille quelques éléments d’un spectacle (&#8230;) S’il s’est produit une cassure, un changement radical dans l’histoire de l’art, c’est lorsque des peintres, bientôt suivis par des écrivains, ont cessé [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Plus ou moins consciemment, par suite des imperfections de sa perception puis de sa mémoire, l’écrivain sélectionne subjectivement, choisit, élimine, mais aussi valorise entre cent ou mille quelques éléments d’un spectacle (&#8230;)<br />
S’il s’est produit une cassure, un changement radical dans l’histoire de l’art, c’est lorsque des peintres, bientôt suivis par des écrivains, ont cessé de prétendre représenter le monde visible mais seulement les impressions qu’ils en recevaient.<br />
« Un homme en bonne santé, écrit Tolstoï, pense couramment, sent et se remémore un nombre incalculable de choses à la fois. » Cette remarque est à rapprocher de ces phrases de Flaubert, à propos d’Emma Bovary : « Tout ce qu’il y avait en elle de réminiscences, d’images, de combinaisons s’échappait à la fois, d’un seul coup, comme les mille pièces d’un feu d’artifice. Elle aperçut nettement et par tableaux détachés son père, Léon, le cabinet de Lheureux, leur chambre là-bas, un autre paysage, des figures inconnues. » (…)<br />
C’est bien là que réside l’un des paradoxes de l’écriture : la description de ce que l’on pourrait appeler un « paysage intérieur » apparemment statique, et dont la principale caractéristique est que rien n’y est proche ni lointain, se révèle être elle-même non pas statique mais au contraire dynamique : forcé par la configuration linéaire de la langue d’énumérer les unes après les autres les composantes de ce paysage (ce qui est déjà procéder à un choix préférentiel, à une valorisation subjective de certaines d’entre elles par rapport aux autres), l’écrivain, dès qu’il commence à tracer un mot sur le papier, touche aussitôt à ce prodigieux ensemble, ce prodigieux réseau de rapports établis dans et par cette langue qui, comme on l’a dit, « parle déjà avant nous » au moyen de ce qu’on appelle ses « figures », autrement dit les tropes , les métonymies et les métaphores dont aucune n’est l’effet du hasard mais au contraire partie constitutive de la connaissance du monde et des choses peu à peu acquises par l’homme.<br />
Et si, suivant Chlovski, on s’accorde à définir le « fait littéraire » comme « le transfert d’un objet de sa perception habituelle dans la sphère d’une nouvelle perception », comment l&#8217;écrivain chercherait-il à déceler les mécanismes qui font s&#8217;associer en lui ce « nombre incalculable » de « tableaux » apparemment « détachés » qui le constitue en tant qu&#8217; être sensible, sinon dans cette langue qui le constitue en tant qu&#8217; être pensant et parlant et au sein de laquelle, dans sa sagesse et sa logique, nous sont déjà proposés d&#8217;innombrables transferts ou transports de sens ? Les mots, selon Lacan, ne sont pas seulement « signes » mais nœuds de significations ou encore, comme je l’ai écrit dans ma courte préface à Orion aveugle, carrefours de sens, de sorte que déjà par son vocabulaire la langue offre la possibilité de « combinaisons » en « nombre incalculable », grâce à quoi cette « aventure du récit » dans laquelle s’engage à ses risques et périls l’écrivain paraît finalement plus fiable que ces récits plus ou moins arbitraires que nous propose le roman naturaliste avec une assurance d’autant plus impérieuse qu’il sait la fragilité et la très discutable valeur de des moyens.</p>
<p>Claude Simon, <em>Discours de Stockholm</em> (Minuit, 1986, p. 26-28)</p>
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		<title>puzzle divin</title>
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		<pubDate>Thu, 03 Aug 2006 23:10:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
				<category><![CDATA[essais]]></category>
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		<category><![CDATA[science]]></category>

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		<description><![CDATA[Bernard Debré éclaire également son propos en mettant en parallèle la science et les mythes, dont on s&#8217;aperçoit que &#8211; dans toutes les religions &#8211; ils fonctionnent fort bien comme métaphores &#8211; et comme récits fondateurs &#8211; du clonage reproductif. Inséparables des récits retraçant la création du monde &#8211; de la cosmogonie égyptienne à la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Bernard Debré éclaire également son propos en mettant en parallèle la  science et les mythes, dont on s&#8217;aperçoit que &#8211; dans toutes les  religions &#8211; ils fonctionnent fort bien comme métaphores &#8211; et comme  récits fondateurs &#8211; du clonage reproductif.</p>
<p><em>Inséparables des récits retraçant la création du monde &#8211; de la  cosmogonie égyptienne à la Genèse biblique en passant par la théogonie  grecque fixée par Hésiode -, la conception de l&#8217;enfant puis sa naissance  sont, dans toutes les religions, des moments d&#8217;une incroyable puissance  émotionnelle doublée d&#8217;une étrange prescience : celle de la découverte  fondamentale du xxe siècle de la génétique moderne, formidable  instrument de déchiffreraient du puzzle divin, décomposé naguère en  autant d&#8217;épopées mystérieuses qu&#8217;il existait de traditions, et recomposé  soudain sous la forme d&#8217;un alphabet permettant de comprendre chaque mot  du poème, qu&#8217;il s&#8217;agisse du règne humain, animal ou végétal !<br />
<img src="http://consciences.blogspirit.com/images/thumb_piero_annonciation.jpeg" alt="medium_piero_annonciation.jpeg" /></em></p>
<p><em>Cette prescience, c&#8217;est celle qui,  dans la plupart les textes sacrés, assigne à certaines fécondations  mythiques des voies qui n&#8217;ont rien à envier à nos modernes «  manipulations génétiques » à base de conceptions extra-utérines et de  clonage reproductif !<br />
Sans parler du dogme chrétien de l&#8217;Immaculée Conception, Bouddha  n&#8217;a-t-il pas été engendré par une femme que transperça, en rêve, une  défense d&#8217;éléphant ? Abraham n&#8217;est-il pas devenu père à  quatre-vingt-dix-neuf ans ? Dix mille ans avant l&#8217;invention de  l&#8217;insémination </em>post mortem<em>, la mythologie égyptienne  n&#8217;admet-elle pas la fécondation d&#8217;Isis par un Osiris mort, coupé en  quatre morceaux ? Et que dire de la conception d&#8217;Aphrodite, née de la  mer dans laquelle étaient tombées quelques gouttes du sang d&#8217;Ouranos  fils de la Terre mutilé par son fils Cronos ? Ou d&#8217;Athéna, née toute  armée du crâne de Zeus qui, instruit des mésaventures d&#8217;Ouranos, voulait  échapper au parricide en devenant, à la fois, le père et la mère de son  enfant? Et voici, inscrit dans la plus ancienne mémoire de l&#8217;humanité,  le rêve de l&#8217;autoreproduction&#8230;.<br />
Dans la mythologie grecque &#8211; mais aussi dans la tradition mongole, qui  fait de Gengis Khan le descendant d&#8217;une biche et d&#8217;un loup gris &#8211; dieux  ou demi-dieux naissent aussi d&#8217;accouplements bizarres entre hommes et  bêtes (le Minotaure, bien sûr, fils monstrueux de la reine Pasiphaé et  d&#8217;un taureau, mais aussi Échidna, moitié femme moitié serpent qui, en  s&#8217;unissant à Typhon, donna naissance à tant d&#8217;autres monstres, comme  Cerbère, l&#8217;hydre de Lerne, ou le lion de Némée). On aurait tort,  cependant, d&#8217;oublier l&#8217;Ancien Testament et spécialement la Genèse, qui  fait allusion, juste avant le Déluge, à un monde peuplé de créatures  monstrueuses (géants, êtres hybrides de toutes sortes, comme le  Léviathan du Livre de Job) suggérant un immense désordre (Tohu Bohu)  d&#8217;où serait née la colère de Dieu et sa décision de ne préserver, à bord  de l&#8217;arche de Noé, que les espèces qu&#8217;il avait choisies, les autres se  trouvant impitoyablement exterminées (</em>Genèse<em>, VI, 7). </em><br />
[...]<br />
<img src="http://consciences.blogspirit.com/images/thumb_botticelli_naissance_venus.jpeg" alt="medium_botticelli_naissance_venus.jpeg" /><em> </em></p>
<p><em>On oublie en effet que,  dans la mythologie grecque, le monde lui-même procède d&#8217;un seul être  primordial, et non de deux : Chaos, qui donnera naissance à Gaia (la  terre) puis à Éros (l&#8217;amour).<br />
Ce triptyque fondamental étant constitué, voici venir encore quatre  naissances sans fécondation, autant dire des clones de leurs géniteurs :  Erebe (l&#8217;obscurité) et Nyx (la nuit) issues de Chaos ; mais aussi  Ouranos (le ciel) et Pontos (l&#8217;eau) nés de Gaia.<br />
C&#8217;est seulement alors que commence l&#8217;ère de la fécondation classique,  opérée par la rencontre fusionnelle du masculin et du féminin &#8211; en  l&#8217;espèce Gala et Ouranos, qui, bien qu&#8217;étant mère et fils, donneront  ensemble naissance aux Titans, aux Cyclopes et aux Hécatonchires (les  monstres aux cent bras) -, sans que prennent fin pour autant les  générations spontanées !<br />
Parmi les fécondations « classiques », citons Océan et Téthys donnant  naissance aux Fleuves et aux Océanides ; Cronos et Rhéa faisant naître  Déméter, Hestia, Héra, Hadès, Poséidon et Zeus ; ou encore Hypérion et  Théia engendrant Séléné (la Lune), Hélios (le Soleil), et Éos  (l&#8217;Aurore)&#8230;<br />
Mais que de « clonages » encore, même après l&#8217;union originelle d&#8217;Ouranos  et de Gala ! Non seulement, nous l&#8217;avons dit, Ouranos engendrera seul  Aphrodite, et Zeus, Athéna, mais Gala se passera de partenaire pour  donner naissance aux Géants et aux Érinyes (les déesses de la vengeance  qui, dans le monde romain, deviendront les Furies), non sans s&#8217;être unie  avec son fils Portos pour créer Thaunias, Phorcys, Céto, Eurybia et  Nérée&#8230;<br />
Dans les grands textes grecs, la confusion du même et de l&#8217;autre est  partout : quand elle n&#8217;est pas le fruit d&#8217;une naissance autogène, elle  est l&#8217;oeuvre des dieux, qui se plaisent à créer l&#8217;illusion pour piéger  les hommes. Sans parler de Narcisse, amoureux de son reflet, le théâtre  grec nous offre un bel exemple de cette omniprésence du clone dans  l&#8217;imaginaire antique : la guerre de Troie, selon Euripide, n&#8217;aurait été  provoquée que par une fausse Hélène, inventée par Héra pour piéger Pâris  !<br />
Dans la pièce du même nom, Hélène peut ainsi plaider non coupable : car  ce n&#8217;est pas elle qui se serait laissé séduire et enlever par Pâris mais  son clone (eidôlon, idole), façonné à son image pour prendre les hommes  au piège de leur vanité !<br />
En fait, plaide Euripide, Hermès a transporté la véritable Hélène en  Égypte, à la cour de Protée, où elle aurait passé les dix années de la  guerre, en attendant le retour de Ménélas, son mari bien-aimé !<br />
Et que dire de la religion égyptienne et de ses « statues vivantes »  capables de s&#8217;animer selon les rites magiques qu&#8217;on leur applique !  Comme l&#8217;écrit la philosophe Isabelle Rieusset-Lemarié, auteur d&#8217;un essai  passionnant sur le clonage , nous sommes ici « au coeur de l&#8217;idéologie  de clonage qui prétend qu&#8217;il suffit de reproduire un organisme vivant à  l&#8217;identique pour lui conférer l&#8217;immortalité ».<br />
Plus tard, c&#8217;est la littérature romaine, parcourue de fantômes, d&#8217;ombres  ou de sosies, utilisés bien souvent dans l&#8217;unique objectif de tromper  (qu&#8217;on songe seulement aux Métamorphoses d&#8217;Ovide !), qui va inscrire  l&#8217;imaginaire du clone au plus profond de notre culture, relayée par la  religion chrétienne. La Genèse, après tout, ne contient-elle pas le  récit d&#8217;une duplication : Ève étant née de la côte d&#8217;Adam, la création  d&#8217;un clone à partir d&#8217;une cellule somatique n&#8217;est pas loin ! Les  Raëliens s&#8217;en souviendront quand ils prétendront avoir fait naître leur  premier clone humain, baptisé du nom de la première femme&#8230;</em></p>
<p>Bernard Debré, <em>La revanche du serpent ou la fin de l&#8217;homo sapiens </em>(Le  Cherche midi, 2006, p. 28-30 et p. 146-149)</p>
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