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	<title>mille plateaux &#187; mutations</title>
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	<description>mémoire des lignes de fuite</description>
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		<title>mutations</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Oct 2006 01:18:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
				<category><![CDATA[écrivains]]></category>
		<category><![CDATA[mutations]]></category>
		<category><![CDATA[science-fiction]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour changer d&#8217;air, saluons la publication par les éditions du Bélial d&#8216;Axiomatique, un recueil de 18 nouvelles, dont dix inédites en France, de Greg Egan ; ce recueil sera suivi en mai 2007 d’un second, Luminous, puis en 2008 d’un troisième, sans équivalent en langue anglaise, réunissant ses textes les plus récents. Quatre des romans de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img style="float: left; margin: 0 1em 1em 0;" src="/public/livres/.egan_axiomatique_s.jpg" alt="egan_axiomatique.jpg" /></p>
<p>Pour changer d&#8217;air, saluons la publication par les <a hreflang="fr" href="http://www.belial.fr/">éditions du Bélial</a> d<em>&#8216;Axiomatique</em>, un recueil de 18 nouvelles, dont dix inédites en France, de Greg Egan ; ce recueil sera suivi en mai 2007 d’un second, <em>Luminous</em>, puis en 2008 d’un troisième, sans équivalent en langue anglaise, réunissant ses textes les plus récents.</p>
<p>Quatre des romans de Greg Egan ont été traduits et publiés en France :</p>
<p><em>Isolation</em> (<em>Quarantine</em>, 1992) (Denoël, &laquo;&nbsp;Lune d&#8217;encre&nbsp;&raquo;, 2000, Livre de Poche, 2003)<br />
<em>La cité des permutants</em> (<em>Permutation city</em>, 1994) (Robert Laffont, &laquo;&nbsp;Ailleurs et demain&nbsp;&raquo;, 1996, Livre de poche, 2000)<br />
<em>L&#8217;énigme de l&#8217;univers</em> (<em>Distress</em>, 1995) (Robert Laffont, &laquo;&nbsp;Ailleurs et demain&nbsp;&raquo;, 1997, Livre de poche, 2001)<br />
<em>Téranésie</em> (<em>Teranesia</em>, 2000) (Robert Laffont, &laquo;&nbsp;Ailleurs et Demain&nbsp;&raquo;, 2001, Livre de poche, 2006).</p>
<p>Ces textes passionnants explorent les théories scientifiques actuelles (des neurosciences à la physique quantique, de l&#8217;informatique à l&#8217;astrophysique) et spéculent sur le meilleur et sur le pire de ce que l&#8217;homme est en mesure de devenir demain (ou après-demain).</p>
<p>Greg Egan nous dit-on est né en 1961 à Perth en Australie. Diplômé de Mathématiques, il partage aujourd’hui son temps entre la programmation informatique et l’écriture.<br />
C&#8217;est à peu près tout ce que l’on sait sur cet auteur qui reste très discret et dont le nom est peut-être bien un pseudonyme (essayez de couper-coller les 2 premières lettres de son prénom et les 2 premières lettres de son nom puis les 2 dernières lettres de son prénom et de son nom &#8230;)</p>
<p>On peut consulter en ligne <a hreflang="fr" href="http://gregegan.customer.netspace.net.au/index.html">son site personnel</a>.</p>
<p>Le site Quarante-Deux offre une <a hreflang="fr" href="http://www.quarante-deux.org/exliibris/00/11/02/ba.html">bibliographie complète</a>, <a hreflang="fr" href="http://www.quarante-deux.org/recits/egan.html">sept courtes nouvelles</a> traduites en français et <a hreflang="fr" href="http://www.quarante-deux.org/archives/klein/prefaces/lp27233.html">deux</a> <a hreflang="fr" href="http://www.quarante-deux.org/archives/klein/prefaces/lp27224.html">articles</a> critiques de Gérard Klein.</p>
<p>On trouve aussi des notices bio-bibliographiques en français sur les sites <a hreflang="fr" href="http://www.cafardcosmique.com/EGAN-Greg">Le Cafard cosmique</a> et <a hreflang="fr" href="http://home.nordnet.fr/~aleyssens/auteur/egan.htm">Chronos</a>. Enfin j&#8217;en <a hreflang="fr" href="http://consciences.blogspirit.com/archive/2006/06/12/mutants.html">avais aussi parlé là</a> à l&#8217;occasion de la parution d&#8217;un article concernant son oeuvre dans la revue <em>Critique</em>.</p>
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		<title>la revanche du serpent</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Aug 2006 00:00:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
				<category><![CDATA[essais]]></category>
		<category><![CDATA[mutations]]></category>

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		<description><![CDATA[Concernant cette peur irrationnelle devant les avancées scientifiques, soigneusement alimentée par nombre d&#8217;intellectuels et de politiques, Bernard Debré (dont les options politiques me séduisent moins, je le précise) publie un essai court mais tonique : La revanche du serpent ou la fin de l&#8217;homo sapiens (Le Cherche midi, 2006). Les progrès actuels de la génétique [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://consciences.blogspirit.com/images/thumb_debre.jpg" alt="medium_debre.jpg" /></p>
<p>Concernant cette peur irrationnelle devant les  avancées scientifiques, soigneusement alimentée par nombre  d&#8217;intellectuels et de politiques, Bernard Debré (dont les options  politiques me séduisent moins, je le précise) publie un essai court mais  tonique : <em>La revanche du serpent ou la fin de l&#8217;homo sapiens</em> (Le Cherche midi, 2006).</p>
<p>Les progrès actuels de la génétique ne peuvent que susciter des  interrogations, de par leur ambivalence : ils sont porteurs à la fois de  la promesse de l&#8217;amélioration de la condition humaine et d&#8217;effrayantes  possibilités d&#8217;asservissement de l&#8217;homme par l&#8217;homme.</p>
<p><em>La vie serait-elle la vie sans ses paradoxes ? Ceux qui nous  assaillent en ce début du XXIe siècle sont au moins la preuve que  l&#8217;humanité, contrairement à ce qu&#8217;en pensent les pessimistes, n&#8217;est pas  en voie d&#8217;extinction : jamais, de la naissance jusqu&#8217;à la mort, l&#8217;homme  n&#8217;aura été, davantage qu&#8217;aujourd&#8217;hui, confronté au signe de  contradiction ! Une contradiction à l&#8217;image du double mouvement  caractérisant les progrès de la connaissance, et qui brusquement, fait  voler en éclats la plupart de nos certitudes, dans l&#8217;ordre de  l&#8217;infiniment grand comme dans celui de l&#8217;infiniment petit&#8230;</em> (p. 7)</p>
<p><em>Comment ne pas comprendre, dès lors, l&#8217;immense désarroi qui s&#8217;empare  de nos sociétés, face à cette transgression absolue ? Plus encore que  la maîtrise de l&#8217;atome qui a offert à l&#8217;homme l&#8217;occasion d&#8217;accélérer  comme jamais son développement matériel en même temps que le pouvoir  absolu de s&#8217;autodétruire, celle, programmée, du génome, débouche  paradoxalement sur un nouveau mystère. Qu&#8217;allons-nous faire de  nous-mêmes ? Comment allons-nous utiliser, en conscience, ce que nous  savons ? À quelles fins devons-nous et pouvons-nous enrôler la science  qui n&#8217;est jamais qu&#8217;un moyen ?</em> (p. 10)</p>
<p>L&#8217;Histoire, écrit-il « démontre que le savoir, jamais, ne s&#8217;est effacé  bien longtemps devant le pouvoir » (p. 76).  Se réfugier dans un  intégrisme d&#8217;interdits est vain, car « le monde ne s&#8217;arrêtera pas à  cause de l&#8217;angoisse ou du refus de le regarder en face&#8230; » (p. 58). Au  moyen âge, l&#8217;église a tenté en vain d&#8217;interdire aux médecins de  rechercher les causes des maladies en pratiquant la dissection, qui  contrevenait au dogme de la résurrection des corps ; au début du XXIe  siècle, criminaliser par exemple les recherches sur le clonage  thérapeutique est tout aussi vain, et criminel.</p>
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		<title>la mobilisation infinie</title>
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		<pubDate>Thu, 27 Apr 2006 23:15:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
				<category><![CDATA[essais]]></category>
		<category><![CDATA[machine]]></category>
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		<description><![CDATA[Un constat voisin, encore, dans La Mobilisation infinie du philosophe Peter Sloterdijk, que j&#8217;ai eu l&#8217;occasion d&#8217;évoquer déjà : à ériger le mouvement perpétuel, le travail, l&#8217;action, la réalisation de soi, l&#8217;ascension sociale en but ultime, l&#8217;homme moderne s&#8217;expose à devenir un « automate » : Le « dynamisme » moderne a contribué à la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un constat voisin, encore, dans <em>La Mobilisation infinie</em> du  philosophe Peter Sloterdijk, que j&#8217;ai eu l&#8217;occasion d&#8217;évoquer déjà : à  ériger le mouvement perpétuel, le travail, l&#8217;action, la réalisation de  soi, l&#8217;ascension sociale en but ultime, l&#8217;homme moderne s&#8217;expose à  devenir un « automate » :</p>
<p><em>Le « dynamisme » moderne a contribué à la conservation de la  rigidité la plus a-spirituelle sous des formes supramobiles. Qui veut  savoir ce que cela signifie en détail doit chercher la bonne réponse à  la question suivante : qu&#8217;est-ce que les automates, les entreprises  industrielles et les cadres de la politique et de l&#8217;économie ont en  commun ? et il doit découvrir que ces trois catégories véhiculent la  leçon cinétique exemplaire pour les citoyens de la modernité : ces trois  catégories leur montrent avec efficacité ce que l&#8217;automouvement veut et  ce qu&#8217;il fait: s&#8217;immiscer pour rester engagé dans l&#8217;action, se mettre  en marche pour se maintenir en mouvement à tout prix. Voilà la haute  école de l&#8217;automation qui ne connaît pas de différences fondamentales  entre les machines intelligentes et les agents humains. Quand le Soi  cinétique se met en mouvement et qu&#8217;il prend l&#8217;initiative, il devient de  son « propre » chef l&#8217;agence centrale de l&#8217;activité auto-activée.</em></p>
<p>En utilisant comme métaphore les bouchons automobiles, Sloterdijk montre  de manière très convaincante comment la mobilisation infinie ne peut  que s&#8217;inverser en son contraire, l&#8217;immobilité :</p>
<p><img src="http://consciences.blogspirit.com/images/medium_bouchon.2.jpg" alt="" /><em> </em></p>
<p><em>La société moderne a réalisé au moins l&#8217;un de ses projets  utopiques, celui de l&#8217;automobilisation complète, la situation où chaque  Soi majeur se meut lui-même au volant de sa machine qui se meut  elle-même. Parce que dans la modernité le Soi ne peut pas être pensé  sans son mouvement, le moi et son automobile font métaphysiquement un,  comme l&#8217;âme et le corps de la même unité de mouvement. L&#8217;automobile est  le double technique du sujet transcendantal, actif par principe.<br />
C&#8217;est la raison pour laquelle l&#8217;automobile est l&#8217;objet sacro-saint de la  modernité, elle est le centre cultuel d&#8217;une religion universelle  cinétique, elle est le sacrement sur roues qui nous fait participer à ce  qui est plus rapide que nous-mêmes. Qui conduit une voiture s&#8217;approche  du divin, il sent son petit moi s&#8217;élargir en un Soi supérieur qui lui  donne en patrie le monde entier des voies rapides et qui lui fait  prendre conscience du fait qu&#8217;il a vocation à une vie supérieure à  l&#8217;existence semi-animale du piéton.</em>[...] <em>cet automouvement  général se transformait à l&#8217;occasion en une immobilité générale. Dans  ces instants-là, nous nous rendions compte que &#8211; même si personne ne  voulait l&#8217;admettre &#8211; nous étions depuis longtemps chassés du paradis de  la modernité et qu&#8217;à l&#8217;avenir nous devrions apprendre à la sueur de  notre front le stop and go postmoderne. Pour cette raison (outre les  pannes d&#8217;électricité légendaires de New York qui peuvent nous faire  rêver) les bouchons monstrueux sur les autoroutes estivales de l&#8217;Europe  centrale sont des phénomènes importants du point de vue de la  philosophie de l&#8217;histoire, voire du point de vue de l&#8217;histoire de la  religion. Ces bouchons font échouer un élément de la fausse modernité,  ils marquent la fin d&#8217;une illusion &#8211; ils sont le Vendredi saint  cinétique où s&#8217;évanouit l&#8217;espoir d&#8217;une rédemption par l&#8217;accélération.  Par ces après-midi brûlants de chaleur dans l&#8217;entonnoir de Lyon, dans  l&#8217;enfer de la vallée du Rhin près de Cologne &#8211; au Irschenberg, on se  trouve coincé sur le parking le plus long d&#8217;Europe, pare-choc contre  pare-choc sur 50 kilomètres devant soi et derrière soi -, de noires  intuitions historico-philosophiques s&#8217;élèvent comme des gaz  d&#8217;échappement, des mots critiques pour la civilisation, prononcés en  glossolalie, s&#8217;échappent des lèvres, des nécrologies de la modernité  parviennent des fenêtres latérales, et indépendamment de leur niveau  d&#8217;instruction, les occupants des voitures éprouvent le pressentiment que  cela ne pourra plus durer longtemps. Il y a des signes avant-coureurs  d&#8217;une nouvelle « ère ». Même celui qui n&#8217;a jamais entendu le mot  postmoderne s&#8217;est déjà familiarisé avec ce phénomène par ces après-midi  dans les bouchons. Et en effet, on peut formuler ce phénomène du point  de vue de la théorie de la civilisation : partout où les automouvements  déchaînés provoquent des bouchons ou des tourbillons, des rudiments  d&#8217;expériences naissent ; en elles, l&#8217;actif moderne se transforme en un  passif postmoderne. </em></p>
<p><em>La Mobilisation infinie. Vers une critique de la cinétique politique</em> (Bourgois, 2000, traduction de <em>Eurotaoismus. Zur kritik der  politischen Kinetik</em>, 1989, p. 38 et 39-41 dans l&#8217;édition Points  Seuil)</p>
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		<title>la vexation par les machines</title>
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		<pubDate>Mon, 27 Mar 2006 00:05:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
				<category><![CDATA[essais]]></category>
		<category><![CDATA[mutations]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans « La vexation par les machines », Peter Sloterdijk commence par rappeller l’importance de l’estime de soi pour l’homme : La biologie récente nous a accoutumés à l&#8217;idée que la vie physique de l&#8217;individu n&#8217;est rien d&#8217;autre que la phase à succès de son système immunitaire. De ce point de vue, la vie apparaît [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans « La vexation par les machines », Peter Sloterdijk commence par  rappeller l’importance de l’estime de soi pour l’homme :<br />
<img src="http://consciences.blogspirit.com/images/medium_globule.2.gif" alt="" /><em></em></p>
<p><em>La biologie récente nous a accoutumés à l&#8217;idée que la vie  physique de l&#8217;individu n&#8217;est rien d&#8217;autre que la phase à succès de son  système immunitaire. De ce point de vue, la vie apparaît comme le  miracle qui permet aux organismes de se préserver efficacement  d&#8217;environnements envahissants. On est tenté, en étendant l&#8217;approche  systémique, de comprendre le principe de l&#8217;immunité non plus au sens  seulement biochimique, mais aussi dans son acception mentale et  psychodynamique. Sous cet aspect, l&#8217;une des prestations primaires de la  vitalité de l&#8217;organisme chez l&#8217;être humain est d&#8217;être capable d&#8217;avoir  une préférence spontanée et énergique pour son propre mode de vie, pour  ses propres valeurs, ses convictions et les histoires qui lui permettent  d‘interpréter le monde. Du point de vue systémique, les narcissismes  puissants sont le signe d’une intégration affective et cognitive réussie  de l’être humain en lui-même, dans son collectif moral et dans sa  culture. Le narcisisme intact, chez les individus comme chez les  groupes, serait l’automanifestation immédiate d’une histoire de succès  vitale qui a jusqu’ici permis à ses acteurs d’évoluer dans un continuum  d’affirmations de soi et de préférences pour soi-même. Lorsque le  bouclier narcissique est intact, l’individu vit dans la conviction que  le fait d’être soi-même est un avantage insurmontable. Il peut en  permanence célébrer son analogie avec lui-même. La forme habituelle de  cette célébration est la fierté. Lorsqu’on éprouve de la fierté envers  soi-même et son groupe, on produit de manière endogène une sorte de  vitamine immatérielle qui protège son organisme contre les informations  destructrices ou envahissantes. À de telles informations envahissantes,  qui percent le bouclier narcissique d’un organisme psychique, on donne  dans la langue courante le nom de vexations. Lorsque sa fierté est  blessée, l’individu fait l’expérience du fait qu’une information d’abord  impossible à repousser a pénétré en lui, et quelle lui cause le  sentiment d’avoir perdu son intégrité. La vexation est la douleur causée  par le fait d’être pénétré par quelque chose de momentanément ou de  durablement plus puissant que l’homéostase narcissique.</em> (p. 41-42)</p>
<p>Sloterdijk énumère ensuite les vexations successives que les progrès des  sciences ont fait subir au narcissisme humain, de la révolution  copernicienne à l’informatique, en passant notamment par le darwinisme,  la psychanalyse ou la neurobiologie. Il ne faut pas s’étonner que  l’humanité soit dépressive après toutes ces blessures narcissiques, et  que sa dépression se creuse au fur et à mesure qu’augmente la rapidité  des progrès scientifiques.<br />
Toutefois, Sloterdijk affirme que l’intelligence humaine dispose  toujours de la possibilité de dépasser, d’assimiler et d’intégrer toutes  ces vexations, de la même manière explique-t-il que l’organisme qui  survit aux maladies infantiles en sort plus fort.<br />
Il rend hommage à Blaise Pascal,<br />
<em>l’un des premiers à avoir discerné un lien profond entre la dignité  et la faiblesse de l’être humain. Selon lui, l’homme est la plus faible  des créatures &#8211; il est un roseau qui se brise facilement , mais un  roseau qui pense. Si l’on pousse encore la réflexion de Pascal, on  devrait déboucher sur cette phrase : l’homme est in extremis une  blessure, mais une blessure qui se connaît elle-même. En cela se  manifeste un concept de la dignité humaine situé au-delà du narcissisme  réussi, dans ses cycles de vexation et de réparation. Ce qui fait la  dignité de l’homme, d’un point de vue philosophique, ce n’est pas que  l’homme puisse se sentir bien sous la protection des illusions de  l’intégrité &#8211; primaires ou régénérées -, mais le fait qu’il vive avec le  risque de voir échouer son illusion vitale. Ainsi se dessine dès le  XVIIe siècle une anthropologie tragique dans laquelle s’exprime une  fierté sans fierté comme dernier horizon de la dignité humaine.</em> (p.  61)</p>
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		<title>le néant en déploiement</title>
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		<pubDate>Sat, 25 Mar 2006 23:25:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
				<category><![CDATA[essais]]></category>
		<category><![CDATA[mutations]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans le premier de ces essais, « L&#8217;heure du crime et le temps de l&#8217;oeuvre d&#8217;art », Peter Sloterdijk s&#8217;interroge sur la nature du desarroi contemporain face à la part croissante de l&#8217;artificiel dans l&#8217;humain. Il montre comment, depuis les premiers outils, la création d&#8217;extensions artificielles (et d&#8217;oeuvres d&#8217;art) fait partie intégrante de la nature [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://consciences.blogspirit.com/images/medium_ron_mueck_ange.2.jpg" alt="" /></p>
<p>Dans le premier de ces essais, « L&#8217;heure du crime et le temps de  l&#8217;oeuvre d&#8217;art », Peter Sloterdijk s&#8217;interroge sur la nature du  desarroi contemporain face à la part croissante de l&#8217;artificiel dans  l&#8217;humain. Il montre comment, depuis les premiers outils, la création  d&#8217;extensions artificielles (et d&#8217;oeuvres d&#8217;art) fait partie intégrante  de la nature humaine, mais a néanmoins toujours été perçue avec  suspicion comme contraire à l&#8217;Être. Lorsque aujourd&#8217;hui l&#8217;artificiel  explose, le malaise s&#8217;intensifie. La meilleure façon pour l&#8217;humanité de  négocier cette étape est d&#8217;accepter &#8211; et les philosophes doivent être là  pour l&#8217;y aider et non se replier avec frilosité sur leurs vieilles  recettes &#8211; l&#8217;ouverture certes effrayante mais également exaltante sur le  néant.</p>
<p><em>Chaque contemporain peut, sans difficulté, observer la part  croissante de l&#8217;artificiel dans les univers existentiels des temps  modernes. La modernité, considérée comme une campagne permettant  d&#8217;élever le confort et les routines assujetties aux compétences,  implique que les sujets soient équipés d&#8217;armatures de plus en plus  efficaces d&#8217;intensification de soi-même : nous vivons depuis très  longtemps dans des univers existentiels marqués par la technologie, dans  lesquels les machines classiques et cybernétiques jouent un rôle  déterminant pour la forme que nous donnons à notre existence. Compte  tenu de ces phénomènes évidents, il est facile de faire passer  l&#8217;interprétation de la modernisation comme une artificialisation. La loi  de la modernité, sous cet angle, est l&#8217;engagement accru de  l&#8217;artificialité dans toutes les dimensions essentielles de l&#8217;existence.  Il est plus difficile de justifier ce diagnostic face au malaise qui se  propage et augmente dans la modernité. Car les grammaires des  civilisations hautement avancées nous abandonnent jusqu&#8217;à nouvel ordre  lorsqu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;exprimer le lieu de l&#8217;artificiel dans le réel.<br />
Toutes les formes de pensée traditionnelles coïncident sur un point :  elles nourrissent une sorte de soupçon de nihilisme à l&#8217;égard des  artefacts. A partir de Platon, les créations de la technique et de la  représentation par l&#8217;image passent pour des formes d&#8217;Être déficientes ;  les monismes souverains des Indiens font tout de même converger samsara  et nirvana. Est à la rigueur exempté du soupçon de trompe-l&#8217;oeil et de  néant, dans la tradition occidentale, ce que l&#8217;on appelle les grandes  oeuvres d&#8217;art, auxquelles la pensée classique concède elle aussi (bien  qu&#8217;à contrecoeur), malgré leur caractère extrêmement artificiel, une  participation privilégiée à la substance et à l&#8217;âme. Dans la tradition  de la pensée de l&#8217;Être, telle qu&#8217;elle s&#8217;incarne dans les formes élevées  de la métaphysique occidentale, le malaise provoqué par l&#8217;artificiel  constitue une solide constante.</em> (ibid., p. 29-30)</p>
<p><em>Aujourd&#8217;hui, on ne peut penser la profondeur du futur que sous la  forme d&#8217;un complexe de dimensions de croissance de l&#8217;artificiel. Mais il  n&#8217;est plus possible de développer une telle croissance comme une phase  de l&#8217;histoire de l&#8217;Être ; celui qui veut la saisir conceptuellement doit  l&#8217;appréhender comme une histoire du néant en déploiement. Le néant se  donne plutôt à reconnaître comme l&#8217;élément véritable de la faculté de  progresser. Si c&#8217;est par la pensée qu&#8217;on correspond à l’être, on  correspond au néant par des bonds audacieux dans l&#8217;opération : la  volonté, l&#8217;activité, la composition sont des réponses adéquates à la  découverte du fait que, dans le néant, il n&#8217;y a rien à reconnaître, mais  tout à accomplir.</em> (ibid., p. 34-35)</p>
<p><em>Il n&#8217;existe aucune raison de ne pas croire que le meilleur est en  train de naître ou pourra se produire dans le futur. Celui qui croit  voir devant soi la fin, de quoi que ce soit, projette de façon  illégitime sa lassitude sur la marche du monde. Ce qui s&#8217;achève  véritablement, c&#8217;est la possibilité de penser l&#8217;histoire de l&#8217;art et de  la technique à partir d&#8217;une histoire de l&#8217;Être. La modernité, comme  processus du monde, s&#8217;intensifie de nouveau pour devenir plus que jamais  l&#8217;heure du crime d&#8217;un monstrueux ouvert vers l&#8217;avenir; elle demeure la  forme d&#8217;accomplissement, douée d&#8217;une puissance de réalité, d&#8217;une  histoire du néant inaccessible à la seule pensée. En elle, les anciennes  natures ont toutefois besoin de protection : le fait qu&#8217;on l&#8217;ait  compris fait surgir de nos jours un conservatisme sans exemple dans  l&#8217;histoire des idées &#8211; sous la forme d&#8217;un espace du souci vert. Lui  donner une configuration productive en utilisant les résultats obtenus  dans l&#8217;histoire de la liberté par les formes modernes de la société et  de la vie : cette mission caractérise à présent la ligne de front la  plus avancée de la pensée que l&#8217;on qualifiait jadis de philosophique.<br />
C&#8217;est la raison pour laquelle l&#8217;humanité, lorsqu&#8217;elle construit ses  horizons de volonté dans une routine constamment étendue, peut porter  son regard dans une profondeur des temps largement stratifiée. Celui  qui, dans cette ère, ne mise que sur l&#8217;Être, ne connaît que l&#8217;usure. La  force de la modernité permanente, c&#8217;est l&#8217;impossibilité d&#8217;épuiser le  néant.</em> (ibid., p. 39-40)</p>
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		<title>la vulnérabilité de la vie</title>
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		<pubDate>Fri, 24 Mar 2006 23:55:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
				<category><![CDATA[essais]]></category>
		<category><![CDATA[intelligence artificielle]]></category>
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		<description><![CDATA[Grand amateur de métaphores lui aussi, Peter Sloterdijk est affublé par certains d&#8217;une réputation sulfureuse, placé sur un piédestal par d&#8217;autres. Il est en tout cas l&#8217;un des seuls philosophes à poser, de manière pointue mais très lisible, et qui plus est avec humour et ecclectisme, les questions auxquelles l&#8217;humanité actuelle doit faire face. Son [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Grand amateur de métaphores lui aussi, <a href="http://www.petersloterdijk.net/french/" target="_blank">Peter  Sloterdijk </a>est affublé par certains d&#8217;une réputation sulfureuse,  placé sur un piédestal par d&#8217;autres. Il est en tout cas l&#8217;un des seuls  philosophes à poser, de manière pointue mais très lisible, et qui plus  est avec humour et ecclectisme, les questions auxquelles l&#8217;humanité  actuelle doit faire face.<br />
<img src="http://consciences.blogspirit.com/images/medium_sloterdijk1.2.jpg" alt="" /></p>
<p>Son oeuvre est complexe et foisonnante, impossible à synthétiser  dans un ni même plusieurs post. Je ne m&#8217;y risquerai donc pas.  Concernant les mutations que la technologie a déjà fait et fera subir à  une nature humaine que certains voudraient immuable, on peut commencer  par lire deux textes courts mais très éclairants, « L&#8217;heure du crime et  le temps de l&#8217;oeuvre d&#8217;Art. Sur l&#8217;interprétation philosophique de  l&#8217;artificiel » et « La vexation par les machines. Remarques  philosophiques sur la position psycho-historique de la technologie  médicale avancée », dans <em>L&#8217;heure du crime et le temps de l&#8217;oeuvre  d&#8217;Art</em> (2000) (Calmann-Lévy, 2000). Le second de ces textes se  termine ainsi :</p>
<p><img src="http://consciences.blogspirit.com/images/medium_damne.2.jpg" alt="" /><em></em></p>
<p><em>Les mathématiciens doivent devenir des poètes, les  cybernéticiens des philosophes de la religion, les médecins des  compositeurs, les informaticiens des chamans. L’humanité n’a jamais été  que l’art de crée des transitions. Lorsque les pôles sont éloignés les  uns des autres, l’art devient rare et la barbarie vraisemblable. Si les  hommes sont des animaux fabricants de machines, ils sont plus encore des  créatures produisant des métaphores. Si l’on parvenait à intégrer les  machines intelligentes de l’avenir dans des relations  semi-personnalistes et semi-animistes avec les humains, on n’aurait pas à  redouter de voir l’homme lier amitié avec son partenaire robot. La  mission de notre temps est de développer un humour postmoderne qui  permette aux cybernéticiens d’avoir des relations amicales avec des  cardinaux, des mollahs et des prêtres vaudous.</em> […] <em>Mais même si  les robots, à l’ère technique, ont persuadé l’âme qu’elle ne peut être  que ce pour quoi elle se prend, il reste à l’âme désubstantialisée la  fierté de souffrir discrètement de cette vexation. Son souci est sa  preuve de son existence. Au sommet de la modernité machiniste se répète  en certains individus la naissance de l’humanité à partir du savoir de  la vulnérabilité de la vie.</em><br />
« La vexation par les machines », <em>L&#8217;heure du crime et le temps de  l&#8217;oeuvre d&#8217;Art</em> (2000), p. 80-81</p>
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		<title>noosphère</title>
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		<pubDate>Sun, 19 Mar 2006 23:20:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
				<category><![CDATA[essais]]></category>
		<category><![CDATA[mutations]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;expression « totalement inhumaine » est empruntée à un grand visionnaire : Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955), jésuite, paléontologue et philosophe, dont le concept de « noosphère » préfigure celui de singularité. Dans Le Phénoméne humain il déploie une vision grandiose, même si on peu la trouver trop religieuse, de l’évolution cosmique et humaine, et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;expression « totalement inhumaine » est empruntée à un grand  visionnaire : Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955), jésuite,  paléontologue et philosophe, dont le concept de « noosphère » préfigure  celui de singularité.<br />
Dans <em>Le Phénoméne humain </em>il déploie une vision grandiose, même  si on peu la trouver trop religieuse, de l’évolution cosmique et  humaine, et brosse une vaste fresque allant de la de la « Prévie » à la «  Survie ». La noosphère &#8211; sphère des idées &#8211; est définie comme une «  nappe pensante » née de l’interconnexion de millions de pensées  humaines. Cette conscience planétaire pour laquelle il utilise la  métaphore de l’atmosphère qui enveloppe la terre a souvent été lue comme  une préfiguration d’internet. De cette noosphère va émerger un nouveau  stade de la pensée humaine, une conscience collective née de la «  collectivité harmonisée des consciences, équivalente à une sorte de  superconscience. »</p>
<p><img src="http://consciences.blogspirit.com/images/medium_cranach_sphere.2.jpg" alt="" /></p>
<p>Teilhard de Chardin écrit par exemple :</p>
<p><em>Sauf à supposer le Monde absurde, il est nécessaire que la  Conscience échappe, d’une manière ou d’une autre, à la décomposition  dont rien ne saurait préserver, en fin de compte, la tige corporelle ou  planétaire qui la porte.</em><br />
Pierre Teilhard de Chardin, <em>Le Phénomène humain</em></p>
<p><em>L’attente du Ciel ne saurait vivre que si elle est incarnée. Quel  corps donnerons-nous à la nôtre aujourd’hui ? Celui d’une immense  espérance totalement humaine.</em><br />
Pierre Teilhard de Chardin, <em>Le Milieu divin</em></p>
<p><em>Le phénomène humain</em>, ainsi que d’autres <a href="http://classiques.uqac.ca/classiques/chardin_teilhard_de/chardin_teilhard_de.html" target="_blank">écrits de Teilhard de Chardin</a>, sont disponibles  dans la très riche base des <a href="http://classiques.uqac.ca/classiques/" target="_blank">Classiques  des Sciences sociales</a>.</p>
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		<title>totalement inhumaine</title>
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		<pubDate>Sun, 19 Mar 2006 00:20:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
				<category><![CDATA[écrivains]]></category>
		<category><![CDATA[essais]]></category>
		<category><![CDATA[intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[mutations]]></category>
		<category><![CDATA[science-fiction]]></category>

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		<description><![CDATA[Jean-Michel Truong &#8211; psychologue et philosophe de formation, fondateur de Cognitech, première société européenne spécialisée en intelligence artificielle &#8211; a rencontré en 1999 un grand succès avec Le Successeur de Pierre (Denoël), un roman de science-fiction très stimulant dans lequel il mettait en récit des réflexions sur les mutations que vont entraîner l&#8217;intelligence artificielle. À [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.jean-michel-truong.net/" target="_blank">Jean-Michel  Truong</a> &#8211; psychologue et philosophe de formation, fondateur de  Cognitech, première société européenne spécialisée en intelligence  artificielle &#8211; a rencontré en 1999 un grand succès avec<em> Le  Successeur de Pierre</em> (Denoël), un roman de science-fiction très  stimulant dans lequel il mettait en récit des réflexions sur les  mutations que vont entraîner l&#8217;intelligence artificielle. À la lumière  notamment des théories mémétique et des thèses du philosophe allemand  Peter Sloterdijk (sur lesquelles je reviendrai), l’avenir de l’humanité y  est présenté de manière très sombre, sans doute car dans la fiction  comme dans les essais, la peur fait vendre.<br />
<img src="http://consciences.blogspirit.com/images/medium_sucesseur_pierre.2.jpeg" alt="" /></p>
<p>Le roman est prolongé par un essai, <em>Totalement inhumaine </em>(Les  Empêcheurs de penser en rond, 2001), dans lequel Truong explicite et  éclaire de citations ses intuitions romanesques. Il écrit ainsi :<br />
<em>J’appelle Successeur cette forme de vie nouvelle susceptible de  prendre la suite de l’homme comme habitacle de la conscience. </em>[…] <em>Le  Successeur est l’espèce émergeant sous nos yeux de ce substrat  artificiel – fait de mémoires et de processeurs toujours plus nombreux  et en voie d’interconnexion massive – qu’on appelle le « Net ». </em>(49-50)<br />
<em>Comme toute espèce bien née, le Successeur se comporte de manière à «  persister dans son être », ce qui en patois biologique &#8211; forcément plus  rustique &#8211; se traduit par « répliquer ses gènes »</em> (50-51) ; [sa  forme de reproduction est la] <em>copie du contenu d’une mémoire dans  une autre</em> (52)<br />
<em>Notre conscience n’est pas un organe qu’il serait loisible de  transplanter ici ou là, c’est la résultante d’un processus évolutif. Ce  que nous léguons au Successeur, ce n’est pas la conscience et moins  encore notre conscience, mais les conditions d’émergence d’une  conscience.</em> […] <em>Le Successeur n’use de la représentation  symbolique et de la logique mathématique que parce qu’il est  provisoirement tenu d’interagir avec nous : comme d’une langue  étrangère. C’est une concession qu’il nous fait, le temps de nous  apprivoiser. Son idiome, nous ne le connaissons pas. Peut-être même un  jour, dispensé qu’il sera de parler à quiconque, lui sera-t-il possible  d’économiser ce détour dispendieux par le langage et la logique qui  plomba tant l’intelligence humaine, pour enfin appréhender le monde de  manière immédiate, et ainsi accéder – ô ironie! – à cette pensée vraie  dont Heidegger disait qu’elle est l’apanage du poète.</em> (207-208)</p>
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		<title>la singularité est-elle proche ?</title>
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		<pubDate>Sat, 11 Mar 2006 00:20:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
				<category><![CDATA[essais]]></category>
		<category><![CDATA[mutations]]></category>
		<category><![CDATA[singularité]]></category>

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		<description><![CDATA[Voici par exemple une question que l&#8217;on se pose assez peu en France, où l&#8217;on a peur des idées qui dérangent. Pourtant l&#8217;utilisation de ce terme pour décrire les progrès technologiques date aux Etats-Unis des années 50 (John von Neumann). Le concept a été popularisé par Vernor Vinge au début des années 80, puis exploité [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Voici par exemple une question que l&#8217;on se pose assez peu en France, où  l&#8217;on a peur des idées qui dérangent.</p>
<p>Pourtant l&#8217;utilisation de ce terme pour décrire les progrès  technologiques date aux Etats-Unis des années 50 (John von Neumann). Le  concept a été popularisé par Vernor Vinge au début des années 80, puis  exploité par la science-fiction (<em>Un feu sur l&#8217;abîme</em> du même  Vernor Vinge, <em>La Musique du sang </em>de Greg Bear …)</p>
<p><img src="http://consciences.blogspirit.com/images/medium_kurzweil.2.jpg" alt="" /></p>
<p>Son principal porte-parole actuel est Ray Kurzweil, qui vient de  publier <em><a href="http://www.singularity.com/" target="_blank">The  Singularity is near : When Humans Transcend Biology </a> </em>(Penguin,  2005), après <em>The Age of Intelligent Machine </em>(1990) et <em>The  Age of Spiritual Machine : When Computers Exceed Human Intelligence </em>(1999).  Aucun de ces titres n&#8217;a été traduit en français.<br />
La théorie de Kurzweil est que les progrès technologiques s&#8217;accélèrent  actuellement à l&#8217;extrême, et ce d&#8217;autant plus que différentes  technologies convergent. La courbe exponentielle du changement atteindra  à son asymptote un point de non retour et créera les conditions  d&#8217;émergence d&#8217;un monde profondément transformé. Cette révolution &#8211; la  singularité &#8211; pourrait se produire dans les 10 à 50 prochaines années.<br />
Dès lors que l&#8217;homme aura réussi à créer des intelligences artificielles  plus intelligentes que lui, leur intelligence ne pourra que se  multiplier de manière exponentielle, et ce d&#8217;autant qu&#8217;elle sera mise en  réseau, et reculer sans limites prévisibles les frontières de la vie  intelligente.<br />
Quant aux conséquences pour l&#8217;homme de ce changement radical elles ne  sont pas clairement définies, mais de nombreuses choses aujourd&#8217;hui  considérées comme impossibles deviendront faciles : possibilité pour la  conscience d&#8217;échapper au corps, humains 2.0 aux pouvoirs psychiques  nouveaux, immortalité, ou extinction de l&#8217;humanité ?</p>
<p>On peut critiquer ce concept, le traiter de science-fiction, de mythe  new âge à peine décalqué de l&#8217;apocalypse, ou d&#8217;escroquerie  intellectuelle. On peut également lui apporter des nuances, allonger les  délais, s&#8217;opposer à l&#8217;optimisme de Kurzweil pour penser que c&#8217;est  peut-être une grande extinction ou un destin de bétail qui attend  l&#8217;humanité, mais il semble difficile de l&#8217;ignorer.</p>
<p>Pour se faire une idée, on trouve tout de même quelques pages  francophones sur la singularité, par exemple :<br />
- le <a href="http://automatesintelligent.blog.lemonde.fr/automatesintelligent/2005/10/la_singularit_m.html" target="_blank">blog d&#8217;Automates Intelligents</a> (toujours!)<br />
- <a href="http://www.fractale-framboise.com/2006/03/the-singularity-is-near-ray-kurzeil/" target="_blank">Fractale framboise </a><br />
- Ce qu&#8217;en pense <a href="http://utopost.blogspot.com/2005/10/la-singularit-proche.html" target="_blank">Rémi Sussan</a><br />
- la <a href="http://www.dtext.com/transition/yudkowsky/yudkowsky1.html" target="_blank">traduction française </a>de <em>Staring into the  singularity</em> de Eliezer S. Yudkowsky (2004)</p>
<p>- et, bien sûr <a href="http://www.kurzweilai.net/" target="_blank">le  site de Ray Kurzweil</a> (en anglais)</p>
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		<title>il doit y avoir maldonne</title>
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		<pubDate>Wed, 08 Mar 2006 23:19:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
				<category><![CDATA[essais]]></category>
		<category><![CDATA[mutations]]></category>

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		<description><![CDATA[Il doit y avoir maldonne. L&#8217;humanité vient de faire, en quelques années, plusieurs pas décisifs sur la voie de la maîtrise technique du vivant. Ces succès ne sont pourtant pas unanimement célébrés comme autant de progrès illustrant l&#8217;intelligence et l&#8217;ingéniosité de l&#8217;être humain. Bien que les efforts des chercheurs se concentrent sur le meilleur parti [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><em>Il doit y avoir maldonne.<br />
L&#8217;humanité vient de faire, en quelques années, plusieurs pas décisifs  sur la voie de la maîtrise technique du vivant. Ces succès ne sont  pourtant pas unanimement célébrés comme autant de progrès illustrant  l&#8217;intelligence et l&#8217;ingéniosité de l&#8217;être humain. Bien que les efforts  des chercheurs se concentrent sur le meilleur parti à tirer de leurs  résultats pour le mieux-être général, on n&#8217;entend guère que discours  d&#8217;épouvante et alertes solennelles. Un tel en vient à s&#8217;interroger sur  le caractère inhumain de la science ; pour tel autre, la difficulté  serait même pour les hommes de lui survivre. Après avoir été idolâtrée  pendant des décennies, la science se voit maintenant dénoncée comme  détentrice d&#8217;un pouvoir maléfique. Et voici qu&#8217;on fait de tous côtés  l&#8217;éloge de la peur comme de la seule voie vers la sagesse face à des  désastres annoncés comme inévitables. Nombre de nos philosophes semblent  affectés de ce qu&#8217;on pourrait appeler le « complexe de Cassandre ». </em></p></blockquote>
<p><img src="http://consciences.blogspirit.com/images/medium_lecourt.2.jpg" alt="" /></p>
<p>Tel est l&#8217;incipit du livre de Dominique Lecourt, <em>Humain, post  humain. La technique et la vie</em> (PUF, 2003, 146 p.).</p>
<p>Je partage tout à fait l&#8217;agacement de ce philosophe des sciences devant  la frilosité de notre société, et, plus grave, de nos élites  intellectuelles face aux mutations qui attendent inévitablement  l&#8217;humanité. Entrer à reculons (et en se voilant avec application la  face) dans le futur me paraît la meilleure solution pour que celui-ci  ressemble aux cauchemars annoncés. Ouvrir les yeux (encore!) sur les  opportunités d&#8217;évolution qui nous seront offertes, tout en restant  lucide sur leurs dérives possibles, est peut-être au contraire la  meilleure manière de les faire advenir et de les rendre profitables. En  outre je ne trouve pas (mais alors vraiment pas!) que la réalité  actuelle soit si belle qu&#8217;il faille absolument n&#8217;y rien changer.</p>
<p>Je n&#8217;ai pourtant pas le profil du geek adolescent qui ne lit que de la  sf : je suis une femme, parisienne, la quarantaine, de culture  littéraire classique (mais qui aime aussi la sf). Cependant les progrès  actuels de la science et de la technologie me fascinent, tout autant que  me désole la peur et l&#8217;incompréhension qu&#8217;ils suscitent chez mes  contemporains et dans mon entourage amical et professionnel.</p>
<p>C&#8217;est la raison d&#8217;être de ce blog d&#8217;adulte chiant (comme ils disent, les  ados) : réfléchir, explorer, tâtonner, rêver, mêler ce que je sais de  l&#8217;art et de la science, lire et citer, poser en non spécialiste des  questions qui m&#8217;intéressent, et au passage préciser mes connaissances,  souvent trop approximatives.</p>
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