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	<title>mille plateaux &#187; neurosciences</title>
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	<description>mémoire des lignes de fuite</description>
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		<title>éloge de la fuite</title>
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		<pubDate>Wed, 26 Apr 2006 23:20:13 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Ces conseils rejoignent ceux que donne, dans le très beau premier chapitre, intitulé « Autoportrait », de son Éloge de la fuite (Robert Laffont, 1976), le biologiste Henri Laborit : […] chaque homme saura qu’il n’exprime qu’une motivation simple, celle de rester normal. Normal, non par rapport au plus grand nombre, qui, soumis inconsciemment à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ces conseils rejoignent ceux que donne, dans le très beau premier  chapitre, intitulé « Autoportrait », de son <em>Éloge de la fuite </em>(Robert  Laffont, 1976), le biologiste Henri Laborit :</p>
<p><img src="http://consciences.blogspirit.com/images/medium_mon_oncle_damerique.2.jpg" alt="" /></p>
<p>[…] <em>chaque homme saura qu’il n’exprime qu’une motivation  simple, celle de rester normal. Normal, non par rapport au plus grand  nombre, qui, soumis inconsciemment à des jugements de valeur à finalité  sociologique, est constitué d’individus parfaitement anormaux par  rapport à eux-mêmes. Rester normal, c’est d’abord rester normal par  rapport à soi-même. Pour cela, il faut conserver la possibilité « d’agir  » conformément aux pulsions, transformées par les acquis  socio-culturels, remis constamment en cause par l’imaginaire et la  créativité. Or l’espace dans lequel s’effectue cette action est  également occupé par les autres. Il faudra éviter l’affrontement, car de  ce dernier surgira forcément une échelle hiérarchique de dominance et  il est peu probable qu’elle puisse satisfaire, car elle aliène le désir à  celui des autres. Mais, à l’inverse, se soumettre c’est accepter, avec  la soumission, la pathologie psychosomatique qui découle forcément de  l’impossibilité d’agir selon ses pulsions. Se révolter, c’est courir à  sa perte, car la révolte si elle se réalise en groupe, retrouve aussitôt  une échelle hiérarchique de soumission à l’intérieur du groupe, et la  révolte, seule, aboutit rapidement à la suppression du révolté par la  généralité anormale qui se croit détentrice de la normalité. Il ne reste  plus que la fuite.<br />
Il y a plusieurs façons de fuir. Certains utilisent les drogues dites «  psychotogènes ». D’autres la psychose. D’autres le suicide. D’autres la  navigation en solitaire. Il y a peut-être une autre façon encore : fuir  dans un monde qui n’est pas de ce monde, le monde de l’imaginaire. Dans  ce monde on risque peu d’être poursuivi. On peut s’y tailler un vaste  territoire gratifiant, que certains diront narcissiques. Peu importe,  car dans le monde où règne le principe de réalité, la soumission et la  révolte, la dominance et le conservatisme auront perdu pour le fuyard  leur caractère anxiogène et ne seront plus considérés que comme un jeu  auquel on peut, sans crainte, participer de façon à se faire accepter  par les autres comme « normal ». </em>[…]<br />
<em>Ce comportement de fuite sera le seul à permettre de demeurer normal  par rapport à soi-même, aussi longtemps que la majorité des hommes qui  se considèrent normaux tenteront sans succès de le devenir en cherchant à  établir leur dominance, individuelle, de groupe, de classe, de nation,  de blocs de nations, etc. L’expérimentation montre en effet que la mise  en alerte de l’hypophyse et de la corticosurrénales, qui aboutit si elle  dure à la pathologie viscérale des maladies dites « psychosomatiques »,  est le fait des dominés, ou de ceux qui cherchent sans succès à établir  leur dominance, ou encore des dominants dont la dominance est contestée  et qui tentent de la maintenir. Tous ceux-là seraient alors des  anormaux, car il semble peu normal de souffrir d’un ulcère à l’estomac,  d’une impuissance sexuelle, d’une hypertension artérielle ou d’un de ces  syndromes dépressifs si fréquents aujourd’hui. Or, comme la dominance  stable et incontestée est rare, heureusement, vous voyez que pour  demeurer normal il ne vous reste plus qu’à fuir loin des compétitions  hiérarchiques. Attendez-moi, j’arrive ! </em>(p. 15-17)</p>
<p>… moi aussi !</p>
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		<title>le sentiment même de soi</title>
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		<pubDate>Thu, 20 Apr 2006 23:05:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Pour Damasio, ce titre l&#8217;affirme, la conscience est un sentiment. Un sentiment (en simplifiant énormément, car il existe des sentiments inconscients) est ce qui naît lorsqu&#8217;une émotion devient consciente ; la conscience naît lorsque le fait de ressentir devient lui même conscient. La conscience est par conséquent un sentiment de sentiment, « le sentiment de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pour Damasio, ce titre l&#8217;affirme, la conscience est un sentiment. Un  sentiment (en simplifiant énormément, car il existe des sentiments  inconscients) est ce qui naît lorsqu&#8217;une émotion devient consciente ; la  conscience naît lorsque le fait de ressentir devient lui même  conscient. La conscience est par conséquent un sentiment de sentiment, «  le sentiment de savoir que nous éprouvons des sentiments » (p. 282).<br />
Cela conduit Damasio à s&#8217;interroger sur la possibilité de créer une  intelligence artificielle :</p>
<p><img src="http://consciences.blogspirit.com/images/medium_sentiment_meme_de_soi.2.jpg" alt="" /></p>
<p>[…] <em>l’idée que la conscience humaine repose sur des  sentiments nous permet d’aborder le problème de la création d’artefacts  conscients. Est-il en effet possible, avec l’aide d’une technologie de  pointe et des connaissances neurobiologiques, de fabriquer une machine  dotée de conscience ? Ma réponse comportera deux volets, l’un positif,  l’autre négatif, ce qui n’est guère surprenant si on considère la nature  de la question. Non, il est peu probable que nous puissions jamais  fabriquer une machine dotée de quoi que ce soit qui ressemble à la  conscience humaine, telle que nous la concevons, c’est-à-dire comme un  for intérieur. Oui, nous sommes en mesure de fabriquer des machines  dotées des mécanismes formels de la conscience ici exposés, et on  pourrait effectivement dire que ces machines possèdent une forme de  conscience.<br />
Les comportements de ces machines, tels qu’ils se présentent à un  observateur extérieur, reproduiront à l’identique des comportements  conscients. Ils pourront correspondre à une version consciente du test  de Turing.</em> […] <em>Supposons</em> […] <em>que les états internes de  la machine reproduisent certains des schémas neuronaux et mentaux qui  me semblent être au fondement de la conscience. Il y aurait alors moyen  de susciter un savoir de second ordre. Toutefois, ce dernier ne  pourrait, en l’absence du vocabulaire non verbal du sentiment, être  exprimé de la même manière que chez les êtres humains (et sans doute  chez un grand nombre d’autres espèces vivantes). L’obstacle principal  est en effet le sentir : la conscience humaine pourrait bien exiger la  présence de sentiments. On peut reproduire l’apparence de l’émotion,  mais pas dupliquer en silicone le sentir d’un sentiment. On ne peut  reproduire les sentiments sans reproduire la chair même, sans reproduire  l’action du cerveau sur cette chair, ou la façon dont le cerveau  ressent la chair une fois qu’il a agit sur elle. </em><br />
Antonio R. Damasio, <em>Le Sentiment même de soi</em>, p. 310-311</p>
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		<title>persévérer dans son être</title>
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		<pubDate>Tue, 18 Apr 2006 00:46:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Chaque chose, selon sa puissance d’être, s&#8217;efforce de persévérer dans son être. […] L&#8217;effort par lequel chaque chose s’efforce de persévérer dans son être n&#8217;est rien en dehors de l&#8217;essence actuelle de cette chose. Spinoza, Éthique, III, propositions 6 et 7 Le conatus (le terme latin utilisé pour nommer cet effort, ce désir ou cette [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Chaque chose, selon sa puissance d’être, s&#8217;efforce de persévérer  dans son être.</em> […]<br />
<em>L&#8217;effort par lequel chaque chose s’efforce de persévérer dans son  être n&#8217;est rien en dehors de l&#8217;essence actuelle de cette chose.</em><br />
Spinoza, <em>Éthique</em>, III, propositions 6 et 7</p>
<p><img src="http://consciences.blogspirit.com/images/medium_sisyphe2.2.jpg" alt="" /></p>
<p>Le <em>conatus</em> (le terme latin utilisé pour nommer cet  effort, ce désir ou cette lutte là) est un concept fondamental chez  Spinoza. Comment ne pas en percevoir en soi l&#8217;intime justesse ? et  comment ne pas s&#8217;apercevoir qu&#8217;il entre en résonnance avec le <a href="http://consciences.blogspirit.com/archive/2006/04/12/biologie-des-passions.html" target="_blank">concept d&#8217;homéostasie </a>des neurobiologistes :</p>
<p><em>Le </em>conatus<em> recouvre à la fois le besoin de se préserver  face aux dangers et aux occasions favorables, et la myriade d&#8217;actions  préservatrices qui font tenir ensemble les parties parties du corps. Au  lieu que les transformations du corps doivent continuer tandis qu&#8217;il se  développe, renouvelle ses constituants et vieillit, le </em>conatus <em>continue  à former le </em>même <em>individu et respecte le </em>même <em> patron  structurel.</em><br />
(Damasio, <em>Spinoza avait raison</em>, p. 41)</p>
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		<title>intuitions spinozistes</title>
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		<pubDate>Sun, 16 Apr 2006 23:10:23 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Mais, selon Damasio, Spinoza ne s&#8217;est pas contenté de contredire Descartes en affirmant que l&#8217;esprit est inséparable du corps, que tous deux sont faits de la même étoffe et sur un pied d&#8217;égalité : « Il me semble &#8211; mais peut-être me trompé-je &#8211; que, si on se fie aux propositions de la deuxième partie [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://consciences.blogspirit.com/images/medium_damasio_spinoza.2.jpg" alt="" /></p>
<p>Mais, selon Damasio, Spinoza ne s&#8217;est pas contenté de contredire  Descartes en affirmant que l&#8217;esprit est inséparable du corps, que tous  deux sont faits de la même étoffe et sur un pied d&#8217;égalité : « Il me  semble &#8211; mais peut-être me trompé-je &#8211; que, si on se fie aux  propositions de la deuxième partie de L&#8217;<em>Éthique</em>, Spinoza a eu  l&#8217;intuition du dispositif anatomique et fonctionnel global que le corps  doit mettre en oeuvre pour qu&#8217;apparaisse l&#8217;esprit ou, plus précisément,  avec et en lui. » (Damasio, <em>Spinoza avait raison</em>, p. 210)</p>
<p>Quelques propositions choisies :</p>
<p><em>L&#8217;esprit humain ne connaît le corps humain lui-même, et ne sait  qu&#8217;il existe, qu&#8217;à travers les idées des affections dont le corps est  affecté.<br />
L’esprit humain, en effet, est l’idée même, autrement dit la  connaissance du corps humain.</em> [...]<br />
<em>L’esprit ne se connaît lui-même qu’en tant qu’il perçoit les idées  des affections du corps.</em> [...]<br />
<em>L’esprit humain ne perçoit de corps extérieurs comme existant en  acte que par les idées des affections de son propre corps.</em><br />
Spinoza, <em>Éthique</em>, II, propositions 19, 23 et 26</p>
<p>ou encore celles-ci, qui annoncent les descriptions du renforcement  synaptique :</p>
<p><em>Plus il y a de choses auxquelles se rapporte une image, plus elle  est fréquente, autrement dit plus souvent elle est vive, et plus elle  occupe l&#8217;esprit.</em> [...]<br />
<em>Les images des choses se joignent plus aisément aux images qui se  rapportent aux choses que nous comprenons clairement et distinctement,  qu&#8217;aux autres.</em> [...]<br />
<em>À mesure qu&#8217;une image est  jointe à un plus grand nombre d&#8217;autres  images, elle se réveille plus souvent dans notre âme.</em><br />
Spinoza, <em>Éthique</em>, V, propositions 11, 12 et 13</p>
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		<title>spinoza encule descartes</title>
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		<pubDate>Fri, 14 Apr 2006 00:25:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Un neurologue a beaucoup travaillé et écrit sur les émotions, les sentiments, et les rapports complexes entre le corps et l&#8217;esprit : Antonio R. Damasio, qui est né et a fait ses études à Lisbonne avant de partir pour les Etats-Unis, et est aujourd&#8217;hui mondialement connu pour ses travaux sur le cerveau humain. Damasio, dont [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un neurologue a beaucoup travaillé et écrit sur les émotions, les  sentiments, et les rapports complexes entre le corps et l&#8217;esprit :  Antonio R. Damasio, qui est né et a fait ses études à Lisbonne avant de  partir pour les Etats-Unis, et est aujourd&#8217;hui mondialement connu pour  ses travaux sur le cerveau humain.</p>
<p><img src="http://consciences.blogspirit.com/images/medium_erreur_de_descartes.2.jpg" alt="" /></p>
<p>Damasio, dont les écrits mêlent avec bonheur hypothèses  neurologiques et expériences cliniques, philosophie et littérature,  humour et sensibilité, est notamment l&#8217;auteur de :<br />
- <em>L&#8217;erreur de Descartes : La raison des émotions</em> (Odile Jacob,  1995, traduction française de <em>Descartes&#8217; Error : Emotion, reason and  the human brain</em>, Putnam and sons, 1994)<br />
- <em>Le sentiment même de soi : corps, émotions, conscience</em> (Odile  Jacob, 1999, traduction française de <em>The feeling of what happens.  Body and emotion in the making of conciousness</em>, Harcourt, 1999)<br />
- <em>Spinoza avait raison : Joie et tristesse, le cerveau des émotions</em> (Odile Jacob, 2003, traduction de <em>Looking for Spinoza : Joy,  Sorrow, and the Feeling Brain</em>, Harcourt, 2003).</p>
<p><img src="http://consciences.blogspirit.com/images/medium_spinoza_avait_raison.2.jpg" alt="" /></p>
<p>L&#8217;erreur de Descartes est d&#8217;avoir instauré la grande coupure  entre le corps et l&#8217;esprit, d&#8217;avoir fait de l&#8217;esprit et du corps deux  entités distinctes, séparées, indépendantes l&#8217;une de l&#8217;autre, et dont  l&#8217;une (l&#8217;esprit) domine l&#8217;autre. Cette représentation erronée perdure  aujourd&#8217;hui encore, non seulement dans les habitudes de pensée d&#8217;une  majorité de personnes, mais aussi chez de nombreux scientifiques.<br />
Le génie visionnaire de Spinoza a au contraire réuni l&#8217;esprit et le  corps, et Damasio s&#8217;étonne de ce que ce philosophe quasi contemporain de  Descartes ait pu être à ce point le précurseur des théories  scientifiques contemporaines.<br />
Damasio exclut évidemment tout dualisme et toute primauté de l&#8217;esprit  sur le corps, et, plus généralement, présente la façon dont se construit  la conscience, par l&#8217;intégration des informations venues du corps.</p>
<p>Je précise que le titre de ce post est une citation du titre de  Jean-Bernard Pouy, <em>Spinoza encule Hegel </em>.</p>
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		<title>je suis triste parce que je pleure</title>
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		<pubDate>Wed, 12 Apr 2006 23:35:38 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Les émotions, de même, ne sont pas nécessairement conscientes. Elles sont même d&#8217;abord inconscientes. Les émotions dites primaires (la peur, la joie, la colère, la tristesse, la surprise, le dégoût&#8230;) sont en effet dans un premier temps des modifications corporelles : face à une situation donnée, le corps tout entier réagit par des sécrétions endocrines [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les émotions, de même, ne sont pas nécessairement conscientes. Elles  sont même d&#8217;abord inconscientes.<br />
Les émotions dites primaires (la peur, la joie, la colère, la tristesse,  la surprise, le dégoût&#8230;) sont en effet dans un premier temps des  modifications corporelles : face à une situation donnée, le corps tout  entier réagit par des sécrétions endocrines qui générent des marques  somatiques (par exemple le poil qui se dresse) et les manifestations  externes de l&#8217;émotion que sont une posture appropriée du corps et une  expression du visage (universellement reconnue).<br />
Ces manifestations sont à la fois le signal permettant au cerveau de les  enregistrer et le moyen dont dispose l&#8217;organisme pour affronter  victorieusement les facteurs internes et externes visant à déstabiliser  son homéostasie (manifester des signes de colère peut ainsi éloigner un  adversaire).<br />
En tout cas ces modifications corporelles n&#8217;ont nullement besoin d&#8217;être  conscientes pour jouer leur rôle protecteur, et ce n&#8217;est donc que dans  un second temps (les techniques d&#8217;imagerie médicale l&#8217;ont aujourd&#8217;hui  clairement démontré) que le sujet prend conscience de son émotion, et  éventuellement l&#8217;interprète.</p>
<p><img src="http://consciences.blogspirit.com/images/medium_emotions.2.jpg" alt="" /><em></em></p>
<p><em>Le déclenchement d’une émotion est automatique, sa durée  courte, son déroulement fixe.</em> […] <em>l’émotion, au moins pour son  déclenchement et son déroulement, n’est pas un phénomène conscient.</em>[…]  <em>La conséquence de cette autonomie du système émotionnel est que le  cerveau opère et décide à l’insu du sujet, sans que celui-ci puisse  intervenir sur ses opérations. Il existe évidemment des voies de retour  qui assurent une régulation rétroactive : le cerveau conscient est alors  informé des modifications de l’état corporel (mimique, vocalisation,  état viscéral) provoquées par le système émotionnel. L’état affectif, le  sentiment conscient que nous nous faisons de la situation, suit la  réponse émotionnelle immédiate et automatique à cette même situation. On  dit parfois, pour rendre compte de cette prise de conscience secondaire  et tardive, « je suis triste parce que je pleure », et non l’inverse.</em><br />
(Marc Jeannerod, <em>Le cerveau intime</em>, p. 108-110)</p>
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		<title>biologie des passions</title>
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		<pubDate>Wed, 12 Apr 2006 00:10:17 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Tout de même, anature ou pas, l’homme doit composer avec tout ce que, dans son système nerveux, il ne contrôle pas et dont le plus souvent il n’est pas même conscient &#8211; peut-être est-ce là, d’ailleurs, que réside l&#8217;inconscient véritable. Comme tous les organismes vivants le corps humain n&#8217;a pu survivre qu&#8217;en maintenant son milieu [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Tout de même, anature ou pas, l’homme doit composer avec tout ce que,  dans son système nerveux, il ne contrôle pas et dont le plus souvent il  n’est pas même conscient &#8211; peut-être est-ce là, d’ailleurs, que réside  l&#8217;inconscient véritable.<br />
Comme tous les organismes vivants le corps humain n&#8217;a pu survivre qu&#8217;en  maintenant son milieu interne à l&#8217;abri des agressions de  l&#8217;environnement. C&#8217;est ce que l&#8217;on nomme l&#8217;homéostasie. Le cerveau doit  veiller à cet équilibre et, pour ce faire, se prolonge en une multitudes  de nerfs et de canaux qui forment les systèmes nerveux central et  autonome. Ce système très perfectionné s’informe en permanence sur les  déséquilibres et des dangers encourus par le corps, et sécrète diverses  hormones afin de réguler les fonctions vitales de l’organisme.<br />
Le neurobiologiste Jean-Didier Vincent, a depuis son <em>Biologie des  passions </em>(Odile Jacob, 1986) souvent décrit &#8211; avec beaucoup  d’humour et d’humilité &#8211; les fluides qui parcourent ainsi à notre insu  nos tissus et nous dictent nos comportements. Un petit exemple tiré d’un  de ses ouvrages les plus récents et dont l&#8217;édifiante conclusion laisse  sceptique :</p>
<p><img src="http://consciences.blogspirit.com/images/medium_souris.2.jpg" alt="" /><em></em></p>
<p><em>Ainsi, la nouveauté qui accompagne un stimulus (nouveau lieu,  nouvel aliment) se traduit par une élévation de la libération de  dopamine, notamment dans une région carrefour appelée noyau accumbens.  La répétition crée l&#8217;habitude et l&#8217;habitude tarit la libération de  dopamine. Celle-ci s&#8217;élève par exemple dans le cerveau d&#8217;un rat qui  honore une rate pour la première fois; au cinquième assaut consécutif,  le mâle se désintéresse de la femelle et la dopamine cérébrale ne réagit  plus. Il suffit de changer la partenaire sexuelle pour que renaisse la  vigueur érotique du rat et que la dopamine coule de nouveau à flot dans  son noyau accumbens. Je rappelle qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un rat et oppose à cette  lamentable expérience les propos de Michelet : « On s&#8217;aime à mesure  qu&#8217;on se connaît mieux, qu&#8217;on a vécu ensemble et beaucoup joui l&#8217;un de  l&#8217;autre. » </em><br />
(Jean-Didier Vincent, <em>Le Cœur des autres. Une biologie de la  compassion</em>, Plon, 2003, p. 106)</p>
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		<title>néoténie et anature</title>
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		<pubDate>Tue, 11 Apr 2006 00:25:16 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Dans Machine-esprit (Odile Jacob, 2001), Alain Prochiantz reprend cette idée de la plasticité du cerveau humain, qui « est l’objet d’une reconstruction permanente permise par le renouvellement des neurones, la modification de leurs arborisations, la naissance et la mort des synapses ». Il revient sur l’histoire de la formation du cerveau, des arthropodes aux vertébrés, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans <em>Machine-esprit </em>(Odile Jacob, 2001), <a href="http://www2.cnrs.fr/presse/journal/1846.htm" target="_blank">Alain  Prochiantz </a>reprend cette idée de la plasticité du cerveau humain,  qui « est l’objet d’une reconstruction permanente permise par le  renouvellement des neurones, la modification de leurs arborisations, la  naissance et la mort des synapses ». Il revient sur l’histoire de la  formation du cerveau, des arthropodes aux vertébrés, et insiste sur ce  qui fait la différence du cerveau humain : la néoténie, le maintien de  propriétés embryonnaires tout au long de l&#8217;existence. Cela lui permet  d’une part de démontrer que la théorie computationnelle de l’esprit d’un  Alan Turing, par exemple, est aujourd’hui dépassée (le cerveau n&#8217;est  pas un ordinateur), mais également de constater le fossé qui sépare  l’homme des autres êtres vivants.</p>
<p><img src="http://consciences.blogspirit.com/images/medium_prochiantz_machine_esprit.2.gif" alt="" /></p>
<p>[…] <em>on ne peut qu’insister non seulement sur l’invention du  langage mais aussi sur l’augmentation sans précédent de la surface  corticale dévolue aux fonctions associatives ou cognitives, le  ralentissement du vieillissement cérébral ou le maintien, chez l’adulte,  d’une véritable neurogenèse. Tout nous conduit à proposer que </em>Homo  sapiens <em>représente une espèce unique qui, à la suite de quelques  mutations, aura pour ainsi dire creusé, en matière d’individuation, un  écart considérable avec ses cousins les plus proches, les autres  primates.<br />
Au-delà de cette constatation, on pourra s’essayer à tirer quelques  enseignements de notre définition de l’individu humain. Si on pousse la  logique du raisonnement à son terme, chaque individu est non seulement  unique, mais à chaque instant différent de ce qu’il fut l’instant  précédent et de ce qu’il sera dans l’instant qui suit. À l’inverse d’une  machine, il s’inscrit dans la durée d’une histoire, bref, il n’est  jamais parfaitement défini en tant qu’objet, en l’occurrence objet  biologique permanent. Le sentiment de permanence qui habite l’individu  humain, la conscience d’être qu’il associe à la possiblité de pouvoir se  nommer, à celle d’être nommé, bref à dire « je suis moi et tu es toi »,  ne correspond donc pas à la seule réalité de l’objet biologique. Il y a  donc nécessairement dans l’étude de l’Homme quelque chose qui échappe  au réductionnisme biologique.</em> (p. 167-168)</p>
<p><em>Le cerveau est une organisation vivante apte non seulement à  modifier le monde, mais aussi à s’y adapter.</em> […] <em>il est dans la  nature de l’Homme de s’être séparé de la nature, d’être véritablement  et définitivement anature.<br />
Ce trait évolutif est très récent puisque, fortement lié au langage qui  multiplie les possibilités de prise de pouvoir symbolique sur le monde,  il est apparu il y a quelque deux cent mille ans seulement. Rien ne dit  d’ailleurs qu’il constitue un avantage à long terme et certains pourront  y voir, telles les défenses des mamouths, un hypertélisme évolutif qui  conduira l’espèce humaine à sa perte. Mais c’est là notre condition et  comme il n’y a pas de marche en arrière dans l’évolution, il nous  appartient d’en tirer les conséquences philosophiques et de nous montrer  critiques dès lors qu’on nous demande de nous soumettre à un ordre  naturel, quand notre seule référence est &#8211; qu’on s’en réjouisse ou qu’on  s’en lamente &#8211; un ordre social humain, contingent et historiquement  déterminé dans tous les domaines.</em> […] <em>Il serait alors peut-être  fondé de nous demander si l’insistance à minimiser la singularité de  notre espèce et sa solitude insensée &#8211; pour la dissoudre dans un cosmos  ou dans un fleuve du vivant qui lui donnerait un sens &#8211; ne correspond  pas à une résurgence du sentiment religieux fondé sur un patriotisme de  la nature et, en quelque sorte, au nom de l’idéal démocratique étendu à  la sphère du non-humain, à une nouvelle mouture de l’éternelle alliance  du sabre et du goupillon ?</em> (p. 177-180)</p>
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		<title>modifications du paysage</title>
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		<pubDate>Fri, 07 Apr 2006 23:45:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[neurosciences]]></category>
		<category><![CDATA[plasticité]]></category>

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		<description><![CDATA[On doit le dire : une des caractéristiques majeures du système nerveux réside sans aucun doute dans sa plasticité. Le cerveau ne saurait être considéré comme un réseau de câbles définitivement établis, et le vieillissement cérébral comme la mise hors réseau d&#8217;un nombre de plus en plus élevé d&#8217;éléments de ce circuit. Même si cela [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://consciences.blogspirit.com/images/medium_ron_mueck_tete_bebe.2.jpg" alt="" /><em> </em></p>
<p><em>On doit le dire : une des caractéristiques majeures du  système nerveux réside sans aucun doute dans sa plasticité. Le cerveau  ne saurait être considéré comme un réseau de câbles définitivement  établis, et le vieillissement cérébral comme la mise hors réseau d&#8217;un  nombre de plus en plus élevé d&#8217;éléments de ce circuit. Même si cela n&#8217;a  été formellement démontré que dans quelques modèles expérimentaux, nous  pouvons supposer que, chaque jour, des fibres nerveuses poussent, que  des synapses se défont et que d&#8217;autres, nouvelles, se forment. Ces  modifications du paysage neuronal </em>[...] <em>marquent notre  adaptation, nos capacités d&#8217;apprentissage et de perfectionnement qui se  maintiennent jusqu&#8217;à un âge avancé de la vie, en fait jusqu&#8217;à la mort.</em></p>
<p>Alain Prochiantz, <em>La construction du cerveau</em>, Hachette, 1989,  p. 66</p>
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		<title>une oeuvre unique</title>
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		<pubDate>Thu, 06 Apr 2006 23:44:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Quelques lignes plus bas, Joseph Ledoux compare un cerveau en activité à « un grand cocktail pendant une soirée, où des centaines de personnes se tiennent debout et discutent entre elles » (p. 67). Comme dans un cocktail mondain, les groupes se font et se défont, certains arrivent d&#8217;autres s&#8217;en vont. Notre cerveau est en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://consciences.blogspirit.com/images/medium_neurobiologie_de_la_personnalite.2.jpg" alt="" /></p>
<p>Quelques lignes plus bas, Joseph Ledoux compare un cerveau en  activité à « un grand cocktail  pendant une soirée, où des centaines de  personnes se tiennent debout et discutent entre elles » (p. 67). Comme  dans un cocktail mondain, les groupes se font et se défont, certains  arrivent d&#8217;autres s&#8217;en vont. Notre cerveau est en effet non seulement  complexe mais aussi extrêmement mobile et changeant : c&#8217;est la  plasticité neuronale, l&#8217;extraordinaire capacité du cerveau humain à se  modifier dans sa structure ou sa fonction à la suite de blessures, au  cours de son développement, et surtout au fil de l&#8217;expérience.</p>
<p>On a découvert cette propriété d&#8217;abord concernant la plasticité  postlésionnelle, en remarquant que le cerveau était capable de se  réparer ou de réaffecter à certaines taches des zones qui ne leur  étaient pas dévolues après une blessure, une hémorragie, une opération.<br />
Les scientifiques se sont alors penchés sur le modelage des connexions  neuronales durant le développement de l&#8217;embryon puis de l&#8217;enfant : la  plasticité est grande là aussi. L&#8217;homme est le mammifère dont à la  naissance le cerveau est le moins fini (son poids est de 30% de celui du  cerveau adulte, contre 75% chez le singe), ce qui permet à chaque  enfant de devenir un homme différent.<br />
Enfin et surtout, la modification des connexions neuronales se poursuit  durant toute la vie, et ce jusqu&#8217;à la mort. On a longtemps cru que  l&#8217;homme perdait peu à peu des neurones : on pense maintenant qu&#8217;il n&#8217;en  est rien, et même que des neurones peuvent apparaître à tout âge. Durant  toute la vie et au fil des expériences, se modifient et se recomposent,  surtout, les connexions et les groupements entre neurones :</p>
<p><img src="http://consciences.blogspirit.com/images/medium_cerveau_intime.2.gif" alt="" /> <em> </em></p>
<p><em>Si une synapse appartient à un circuit souvent utilisé,  elle tend à augmenter de volume, sa perméabilité devient plus grande et  son efficacité augmente. À l&#8217;inverse, une synapse peu utilisée tend à  devenir moins efficace. La théorie de l&#8217;efficacité synaptique permet  donc d&#8217;expliquer le modelage progressif d&#8217;un cerveau sous l&#8217;influence de  l&#8217;expérience de l&#8217;individu qui le porte jusqu&#8217;à pouvoir, en principe,  rendre compte des caractéristiques et particularités individuelles de  chaque cerveau. Nous avons déjà parlé de ce mécanisme d&#8217;individuation  qui fait de chaque cerveau un objet unique en dépit de son appartenance à  un modèle commun. </em> [...]<br />
<em>La plasticité synaptique survenant au cours de l&#8217;apprentissage, au  cours du développement comme à l&#8217;âge adulte, sculpte le cerveau de  chacun de nous. L&#8217;éducation, l&#8217;expérience, l&#8217;enchaînement font de chaque  cerveau une oeuvre unique. </em><br />
(Marc Jeannerod, « Voir le cerveau fonctionner », <em>Le cerveau intime</em>,  Odile Jacob, 2002, p. 63 et p. 66)</p>
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