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	<title>mille plateaux &#187; simon</title>
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	<description>mémoire des lignes de fuite</description>
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		<title>cette sacrée corde raide</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Jun 2011 13:24:52 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Je n&#8217;écris pas pour les carabins. Ceux là savent qu&#8217;il ne se passe rien alors qu&#8217;un phénomène biologique comme les autres. De même que les militaires de métier savent qu&#8217;une maison coupée en deux, c&#8217;est une maison qui a reçu une bombe et que des tas de types morts, c&#8217;est tout simplement le résultat d&#8217;une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je n&#8217;écris pas pour les carabins. Ceux là savent qu&#8217;il ne se passe rien alors qu&#8217;un phénomène biologique comme les autres. De même que les militaires de métier savent qu&#8217;une maison coupée en deux, c&#8217;est une maison qui a reçu une bombe et que des tas de types morts, c&#8217;est tout simplement le résultat d&#8217;une concentration d&#8217;artillerie. Très bien. Ces gens savent ou sont censés savoir tant de choses qu&#8217;ils sont capables de tout résoudre sans aucun mystère. Vous essayez tant bien que mal de continuer sur cette sacrée corde raide, manquant de vous casser la gueule à chaque pas et ces types vous expliquent qu&#8217;il n&#8217;y a en réalité aucun danger, ni aucune difficulté, si vous connaissez les lois de l&#8217;équilibre. On les trouve dans tous les manuels.</p>
<p>Claude Simon, <em>La Corde raide</em> (Sagittaire, 1947, p. 60)</p>
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		<title>deus ex machina</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Jun 2011 13:22:41 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Si je ne peux accorder crédit à ce deus ex machina qui fait trop opportunément se rencontrer ou se manquer les personnages d&#8217;un récit, en revanche, il m&#8217;apparaît tout à fait crédible, parce que dans l&#8217;ordre sensible des choses, que Proust soit soudain transporté de la cour de l&#8217;Hôtel des Guermantes sur le parvis de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Si je ne peux accorder crédit à ce <em>deus ex machina</em> qui fait trop opportunément se rencontrer ou se manquer les personnages d&#8217;un récit, en revanche, il m&#8217;apparaît tout à fait crédible, <em>parce que dans l&#8217;ordre sensible des choses</em>, que Proust soit soudain transporté de la cour de l&#8217;Hôtel des Guermantes sur le parvis de Saint-Marc à Venise par la sensation de deux pavés inégaux sous son pied, crédible aussi que Molly Blum soit entraînée dans des rêveries érotiques par l&#8217;évocation des fruits juteux qu&#8217;elle se propose d&#8217;acheter le lendemain au marché, crédible encore que le malheureux Benjy de Faulkner hurle de souffrance lorsqu&#8217;il entend les joueurs de golf crier le mot « caddie », et tout cela parce qu&#8217;entre ces choses, ces réminiscences, ces sensations, existe une évidente communauté de qualités, autrement dit une certaine harmonie, qui, dans ces exemples, est le fait d&#8217;associations, d&#8217;assonances, mais peut aussi résulter, comme en peinture ou en musique, de contrastes, d&#8217;oppositions ou de dissonances.</p>
<p>Claude Simon, <em>Discours de Stockholm</em> (Minuit, 1986, p. 22)</p>
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		<title>carrefours de sens</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Jun 2011 13:20:34 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Plus ou moins consciemment, par suite des imperfections de sa perception puis de sa mémoire, l’écrivain sélectionne subjectivement, choisit, élimine, mais aussi valorise entre cent ou mille quelques éléments d’un spectacle (&#8230;) S’il s’est produit une cassure, un changement radical dans l’histoire de l’art, c’est lorsque des peintres, bientôt suivis par des écrivains, ont cessé [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Plus ou moins consciemment, par suite des imperfections de sa perception puis de sa mémoire, l’écrivain sélectionne subjectivement, choisit, élimine, mais aussi valorise entre cent ou mille quelques éléments d’un spectacle (&#8230;)<br />
S’il s’est produit une cassure, un changement radical dans l’histoire de l’art, c’est lorsque des peintres, bientôt suivis par des écrivains, ont cessé de prétendre représenter le monde visible mais seulement les impressions qu’ils en recevaient.<br />
« Un homme en bonne santé, écrit Tolstoï, pense couramment, sent et se remémore un nombre incalculable de choses à la fois. » Cette remarque est à rapprocher de ces phrases de Flaubert, à propos d’Emma Bovary : « Tout ce qu’il y avait en elle de réminiscences, d’images, de combinaisons s’échappait à la fois, d’un seul coup, comme les mille pièces d’un feu d’artifice. Elle aperçut nettement et par tableaux détachés son père, Léon, le cabinet de Lheureux, leur chambre là-bas, un autre paysage, des figures inconnues. » (…)<br />
C’est bien là que réside l’un des paradoxes de l’écriture : la description de ce que l’on pourrait appeler un « paysage intérieur » apparemment statique, et dont la principale caractéristique est que rien n’y est proche ni lointain, se révèle être elle-même non pas statique mais au contraire dynamique : forcé par la configuration linéaire de la langue d’énumérer les unes après les autres les composantes de ce paysage (ce qui est déjà procéder à un choix préférentiel, à une valorisation subjective de certaines d’entre elles par rapport aux autres), l’écrivain, dès qu’il commence à tracer un mot sur le papier, touche aussitôt à ce prodigieux ensemble, ce prodigieux réseau de rapports établis dans et par cette langue qui, comme on l’a dit, « parle déjà avant nous » au moyen de ce qu’on appelle ses « figures », autrement dit les tropes , les métonymies et les métaphores dont aucune n’est l’effet du hasard mais au contraire partie constitutive de la connaissance du monde et des choses peu à peu acquises par l’homme.<br />
Et si, suivant Chlovski, on s’accorde à définir le « fait littéraire » comme « le transfert d’un objet de sa perception habituelle dans la sphère d’une nouvelle perception », comment l&#8217;écrivain chercherait-il à déceler les mécanismes qui font s&#8217;associer en lui ce « nombre incalculable » de « tableaux » apparemment « détachés » qui le constitue en tant qu&#8217; être sensible, sinon dans cette langue qui le constitue en tant qu&#8217; être pensant et parlant et au sein de laquelle, dans sa sagesse et sa logique, nous sont déjà proposés d&#8217;innombrables transferts ou transports de sens ? Les mots, selon Lacan, ne sont pas seulement « signes » mais nœuds de significations ou encore, comme je l’ai écrit dans ma courte préface à Orion aveugle, carrefours de sens, de sorte que déjà par son vocabulaire la langue offre la possibilité de « combinaisons » en « nombre incalculable », grâce à quoi cette « aventure du récit » dans laquelle s’engage à ses risques et périls l’écrivain paraît finalement plus fiable que ces récits plus ou moins arbitraires que nous propose le roman naturaliste avec une assurance d’autant plus impérieuse qu’il sait la fragilité et la très discutable valeur de des moyens.</p>
<p>Claude Simon, <em>Discours de Stockholm</em> (Minuit, 1986, p. 26-28)</p>
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		<title>fonds commun</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Jun 2011 13:18:03 +0000</pubDate>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>C’est à la recherche de ce jeu que l’on pourrait peut-être concevoir un engagement de l’écriture, qui, chaque fois qu’elle change un tant soit peu le rapport que par son langage l’homme entretient avec le monde, contribue dans sa modeste mesure à changer celui-ci. Le chemin suivi sera alors, on s’en doute, bien différent de celui du romancier qui, à partir d’un « commencement », arrive à une « fin ». Cet autre, frayé à grand-peine par un explorateur dans une contrée inconnue (s’égarant, revenant sur ses pas, guidé – ou trompé – par la ressemblance de certains lieux pourtant différents ou, au contraire, les différents aspects du même lieu), cet autre se recoupe fréquemment, repasse par des carrefours déjà traversés, et il peut même arriver (c’est le plus logique) qu’à la fin de cette investigation dans le présent des images et des émotions dont aucune n’est plus loin ni plus près que l’autre (car les mots possèdent ce prodigieux pouvoir de rapprocher et de confronter ce qui, sans eux, resterait épars dans le temps des horloges et l’espace mesurable), il peut arriver que l&#8217;on soit ramené à la base de départ, seulement plus riche d&#8217;avoir indiqué quelques directions, jeté quelques passerelles, être peut-être parvenu, par l&#8217;approfondissement acharné du particulier et sans prétendre avoir tout dit, à ce « fonds commun » où chacun pourra reconnaitre un peu &#8211; ou beaucoup &#8211; de lui-même.</p>
<p>Claude Simon, <em>Discours de Stockholm</em> (Minuit, 1986, p. 30-31)</p>
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		<title>tableaux détachés</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Apr 2007 00:10:00 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Dans plusieurs entretiens et textes théoriques, Claude Simon cite (de mémoire précise-t-il) un passage de Madame Bovary, par exemple : Il y a à ce sujet dans Madame Bovary une toute petite phrase d&#8217;une importance capitale, et qui a présidé à tout un aspect de l&#8217;évolution du roman contemporain. C&#8217;est celle-ci : « Tout ce qu&#8217;il y avait [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="/public/images%20avril07/chabrol_madame_bovary.jpg" alt="chabrol_madame_bovary.jpg" /></p>
<p>Dans plusieurs entretiens et textes théoriques, Claude Simon cite (de mémoire précise-t-il) un passage de <em>Madame Bovary</em>, par exemple :</p>
<blockquote><p>Il y a à ce sujet dans <em>Madame Bovary</em> une toute petite phrase d&#8217;une importance capitale, et qui a présidé à tout un aspect de l&#8217;évolution du roman contemporain. C&#8217;est celle-ci : « Tout ce qu&#8217;il y avait en elle de réminiscences, d&#8217;images, de combinaisons, s&#8217;échappait à la fois, d&#8217;un seul coup (comme les mille pièces d&#8217;un feu d&#8217;artifices). Elle aperçut nettement et par tableaux détachés , son père, Léon, le cabinet de Lheureux ; leur chambre là-bas, un autre paysage, des figures inconnues ». Comme vous le voyez, il introduit là pour la première fois dans le roman les notions de simultanéité et de discontinuité. (entretien Knapp, 1970)</p></blockquote>
<blockquote><p>Nous ne percevons le monde, je crois, que par fragments. Curieusement deux écrivains aussi différents que Tolstoï et Flaubert l&#8217;ont senti. Dans <em>Guerre et Paix</em> Tolstoï dit : Un homme en bonne santé perçoit, sent et se remémore en un seul instant un nombre de choses incalculable. Et Flaubert dit de madame Bovary (je cite de mémoire) : « Elle revit en un seul instant, comme les milles pièces d&#8217;un feu d&#8217;artifice, son père, sa chambre, le cabinet de Lheureux, par fragments détachés et par combinaisons. Par combinaisons ! » (entretien Lebrun, 1989)</p></blockquote>
<blockquote><p>J&#8217;ai, il y a quelques années, à l&#8217;occasion d&#8217;un colloque sur Proust, entendu avec stupeur (stupeur partagée par Barthes qui était présent et qui a, du coup, renoncé à prendre la parole) un éminent essayiste dire que Proust aurait, comme par une sorte de perversité maligne, « fragmenté le réel » pour déconcerter son lecteur. Or c&#8217;est exactement l&#8217;inverse : Proust a réussi à ordonner et «cristalliser» en un seul bloc cohérent tous ces petits fragments de « réalité » que nous sommes seulement capables d&#8217;appréhender et de retenir. Avant lui, Flaubert décrivant l&#8217;afflux de souvenirs qui submerge Emma malade « par tableaux détachés, d&#8217;un seul coup et comme les mille pièces d&#8217;un feu d&#8217;artifice » avait pressenti cette combinatoire. (entretien Calle, 1993)</p></blockquote>
<p>ou encore dans son <a hreflang="fr" href="/post/2007/02/25/carrefours-de-sens">Discours de Stockholm</a>.</p>
<p>Or dans le texte définitif de <em>Madame Bovary</em>, point de « fragments » ni de « tableaux détachés » :</p>
<blockquote><p>Elle resta perdue de stupeur, et n&#8217;ayant plus conscience d&#8217;elle-même que par le battement de ses artères, qu&#8217;elle croyait entendre s&#8217;échapper comme une assourdissante musique qui emplissait la campagne. Le sol sous ses pieds était plus mou qu&#8217;une onde, et les sillons lui parurent d&#8217;immenses vagues brunes, qui déferlaient. Tout ce qu&#8217;il y avait dans sa tête de réminiscences, d&#8217;idées, s&#8217;échappait à la fois, d&#8217;un seul bond, comme les mille pièces d&#8217;un feu d&#8217;artifice. Elle vit son père, le cabinet de Lheureux, leur chambre là-bas, un autre paysage. La folie la prenait, elle eut peur, et parvint à se ressaisir, d&#8217;une manière confuse, il est vrai; car elle ne se rappelait point la cause de son horrible état, c&#8217;est-à-dire la question d&#8217;argent. Elle ne souffrait que de son amour, et sentait son âme l&#8217;abandonner par ce souvenir, comme les blessés, en agonisant, sentent l&#8217;existence qui s&#8217;en va par leur plaie qui saigne.<br />
La nuit tombait, des corneilles volaient.<br />
Il lui sembla tout à coup que des globules couleur de feu éclataient dans l&#8217;air comme des balles fulminantes en s&#8217;aplatissant, et tournaient, tournaient, pour aller se fondre sur la neige, entre les branches des arbres. Au milieu de chacun d&#8217;eux, la figure de Rodolphe apparaissait. Ils se multiplièrent, et ils se rapprochaient, la pénétraient; tout disparut. Elle reconnut les lumières des maisons, qui rayonnaient de loin dans le brouillard.<br />
Alors sa situation, telle qu&#8217;un abîme, se représenta. Elle haletait à se rompre la poitrine. Puis, dans un transport d&#8217;héroïsme qui la rendait presque joyeuse, elle descendit la côte en courant, traversa la planche aux vaches, le sentier, l&#8217;allée, les halles, et arriva devant la boutique du pharmacien.</p></blockquote>
<blockquote><p>Gustave Flaubert, <em>Madame Bovary</em>, III, 8</p></blockquote>
<p>Dans la <a hreflang="fr" href="http://www.intratext.com/IXT/FRA0023/_INDEX.HTM">concordance</a> en ligne, des « <a hreflang="fr" href="http://www.intratext.com/IXT/FRA0023/1/KU.HTM">tableaux</a> » (dans d&#8217;autres passages) mais toujours pas de « tableaux détachés ». On les retrouve, en revanche, dans les <a hreflang="fr" href="http://www.univ-rouen.fr/flaubert/02manus/196_hallucinations/0_pres196.htm">manuscrits de la séquence 196</a> (ainsi que d&#8217;autres séquences, d&#8217;ailleurs, comme si cette expression était une sorte d&#8217;indication scénaristique) : les « tableaux détachés » apparaissent dans le <a hreflang="fr" href="http://www.univ-rouen.fr/flaubert/02manus/196_hallucinations/bro_6_194v.htm">folio 194v</a>, sont encore présents dans le <a hreflang="fr" href="http://www.univ-rouen.fr/flaubert/02manus/196_hallucinations/bro_6_191v.htm">folio 191v</a>, mais raturés dans le <a hreflang="fr" href="http://www.univ-rouen.fr/flaubert/02manus/196_hallucinations/bro_6_185.htm">folio 185</a>. Dans la Pléiade <em>Claude Simon</em>, une note précise que l&#8217;écrivain cite une édition spécifique : <em>Madame Bovary, nouvelle version précédée des scénarios inédits</em> (texte établi par Jean Pommier et Gabrielle Leleu, Corti, 1949, p. 597).</p>
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		<title>sur le fond de ténèbres</title>
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		<pubDate>Fri, 12 Jan 2007 01:30:00 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[&#160; Un soir il s’assit à sa table devant une feuille de papier blanc. C’était le printemps maintenant. La fenêtre de la chambre était ouverte sur la nuit tiède. L’une des branches du grand acacia qui poussait dans le jardin touchait presque le mur, et il pouvait voir les plus proches rameaux éclairés par la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<blockquote><p>Un soir il s’assit à sa table devant une feuille de papier blanc. C’était le printemps maintenant. La fenêtre de la chambre était ouverte sur la nuit tiède. L’une des branches du grand acacia qui poussait dans le jardin touchait presque le mur, et il pouvait voir les plus proches rameaux éclairés par la lampe, avec leurs feuilles semblables à des plumes palpitant faiblement sur le fond de ténèbres, les folioles ovales teintées d’un vert cru par la lumière électrique remuant par moments comme des aigrettes, comme animées soudain d’un mouvement propre, comme si l’arbre tout entier se réveillait, s’ébrouait, se secouait, après quoi tout s’apaisait et elles reprenaient leur immobilité.</p></blockquote>
<blockquote><p>Claude Simon, <em>L&#8217;Acacia</em> (Minuit, 1989, derniers mots, p. 380)</p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
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