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	<title>mille plateaux &#187; travail</title>
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	<description>mémoire des lignes de fuite</description>
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		<title>un poète du soir</title>
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		<pubDate>Sat, 29 Sep 2007 01:30:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
				<category><![CDATA[citations]]></category>
		<category><![CDATA[queneau]]></category>
		<category><![CDATA[travail]]></category>

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		<description><![CDATA[TOUJOURS LE TRAVAIL je serai courageux je me lèverai à la première heure pour écrire des poèmes à onze heures du matin j&#8217;en aurai produit au moins un avant dix heures même lever laver petit déjeuner et hop à la selle en selle sur Pégase dans le ptit air frumeux de l&#8217;aube j&#8217;aperçois pourtant là-bas [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="/public/images%20sept07/van_gog_meridienne.jpg" alt="van_gog_meridienne.jpg" /></p>
<p>TOUJOURS LE TRAVAIL</p>
<p>je serai courageux<br />
je me lèverai à la première heure pour écrire des poèmes<br />
à onze heures du matin j&#8217;en aurai produit au moins un<br />
avant dix heures même<br />
lever laver petit déjeuner et hop à la selle<br />
en selle sur Pégase dans le ptit air frumeux de l&#8217;aube<br />
j&#8217;aperçois pourtant là-bas les mains à la charrue<br />
qui déjà se reposent pour casser la croûte<br />
ils sont debout depuis quatre heures du matin – eux<br />
faut pas être frileux pour semer le blé qui<br />
alimentera le poète</p>
<p>moi le suis plutôt un poète du soir<br />
j&#8217;exhale ma journée en vers mesurés ou pas<br />
et si par fortune il m&#8217;arrive d&#8217;écrire le matin<br />
il est midi au moins &#8211; voyons voir<br />
qu&#8217;est-ce que je disais &#8211; il est une heure et demie<br />
déjà<br />
déjà</p>
<p>Raymond Queneau, <em>Le Chien à la mandoline</em>,<br />
<em>Œuvres complètes</em>, 1 (Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1989, p. 295-296)</p>
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		<title>la perfection de la paresse</title>
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		<pubDate>Fri, 20 Jul 2007 00:53:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
				<category><![CDATA[essais]]></category>
		<category><![CDATA[travail]]></category>

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		<description><![CDATA[À la demande générale, encore un peu de littérature subversive : dans un court texte écrit d’un seul jet le 15 février 1921, le peintre et théoricien Kazimir Malevitch se livre à une réhabilitation de la paresse « mère de la perfection », non sans prendre malicieusement l’exemple du modèle de perfection que les hommes se sont [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="/public/images%20juillet07/malevitch_paresse.jpg" alt="malevitch_paresse.jpg" /></p>
<p>À la demande générale, encore un peu de littérature subversive : dans un court texte écrit d’un seul jet le 15 février 1921, le peintre et théoricien <a hreflang="fr" href="http://expositions.bnf.fr/utopie/cabinets/rep/bio/11.htm">Kazimir Malevitch</a> se livre à une réhabilitation de la paresse « mère de la perfection », non sans prendre malicieusement l’exemple du modèle de perfection que les hommes se sont donné, Dieu lui-même :</p>
<blockquote><p>Le travail doit être maudit, comme l’enseignent les légendes sur le paradis, tandis que la paresse doit être le but essentiel de l’homme. Mais c’est l’inverse qui s’est produit. C’est cette inversion que je voudrais tirer au clair. (p. 12)</p>
<p>L’argent n’est rien d’autre qu’un petit morceau de paresse. Plus on en aura et plus on connaîtra la félicité de la paresse. (p. 16)</p>
<p>L&#8217;homme, le peuple, l&#8217;humanité entière se fixent toujours un but et ce but est toujours dans le futur : un de ces objectifs est la perfection, c&#8217;est-à-dire Dieu. L&#8217;imagination humaine l&#8217;a décrit et a même donné le détail des jours de la création, d&#8217;où il ressort que Dieu construisit le monde en six jours et que le septième il se reposa. Combien de temps ce jour se prolonge-t-il, on ne le sait pas, mais en tout cas, le septième jour est celui du repos. On peut admettre que le premier moment de repos soit un repos physique, mais en réalité, il n&#8217;en a pas été ainsi : s&#8217;il avait dû construire l&#8217;univers en effectuant un travail physique, Dieu aurait dû travailler autant qu&#8217;un homme ; il est clair qu&#8217;il ne s&#8217;agissait pas d&#8217;un travail physique, et qu&#8217;en conséquence il n&#8217;avait pas besoin de se reposer. Pour effectuer sa création, il n&#8217;avait qu&#8217;à prononcer les mots « Que cela soit » : l&#8217;univers dans toute sa diversité a été créé en répétant six fois « Que cela soit ». Depuis ce temps, Dieu ne crée plus, il se repose sur le trône de la paresse et contemple sa propre sagesse. (p. 29-30)</p>
<p>Ainsi se justifie la légende de Dieu comme perfection de la « Paresse ». (p. 32)</p></blockquote>
<p>Kazimir Malevitch, <a hreflang="fr" href="http://www.alliaeditions.com/Catalogueview.asp?ID=182">La Paresse comme vérité effective de l’homme</a> (1921) (Allia, 1995)</p>
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		<title>juste dépanner</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Sep 2006 00:15:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
				<category><![CDATA[citations]]></category>
		<category><![CDATA[écrivains]]></category>
		<category><![CDATA[travail]]></category>

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		<description><![CDATA[II &#8211; LYCÉE PUBLIC MIXTE- TERMINALE G3 &#8211; METZ 1978 J&#8217;ai dit littérature, ils ont répondu gestion-commerce. Pas assez douée pour la voie littéraire, il aurait fallu redoubler mais les parents ne veulent pas le redoublement puisque ce n&#8217;est pas obligé. Préparer un bac pour une fille d&#8217;ouvrier, c&#8217;est déjà bien et puis gestion-commerce, ça [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>II &#8211; LYCÉE PUBLIC MIXTE- TERMINALE G3 &#8211; METZ 1978<br />
J&#8217;ai dit littérature, ils ont répondu gestion-commerce. Pas assez douée pour la voie littéraire, il aurait fallu redoubler mais les parents ne veulent pas le redoublement puisque ce n&#8217;est pas obligé. Préparer un bac pour une fille d&#8217;ouvrier, c&#8217;est déjà bien et puis gestion-commerce, ça fait sérieux. On dirait presque un métier.<br />
Et je me laisse convaincre. Aimer lire Kerouac et Miller ne fait pas de moi une littéraire. Trop de fautes dans mes dissertations. C&#8217;est inscrit au stylo rouge dans la marge : <em>des idées, certes, mais que de fautes</em> ! Ce mot de faute qui fait honte et me rappelle d&#8217;où je viens. Le père et la mère qui parlent mal le français. Famille qui ne semble pas venir d&#8217;un pays mais du plus sombre de la mine, là où le grand-père poussait les wagons. La pauvreté est une punition et moi je faute dans mes dissertations.<br />
Terminale G3, un métier assuré après le bac. Secrétaire Commerciale, C&#8217;est déjà bien pour une fille d&#8217;ouvrier. Alors, j&#8217;essaie au début de faire bien, de travailler, d&#8217;écouter et de suivre, de faire commerce, de faire gestion. Mais dans la classe tout semble vouloir se passer ailleurs qu&#8217;au tableau, ailleurs que dans la bouche des enseignants qui souvent nous traitent de bons à rien, parce qu&#8217;on ne s&#8217;intéresse pas à la vie des entreprises, à la façon de rédiger un courrier, aux subtilités de la comptabilité. De notre vie définitivement foutue si on persiste à mal faire. Et si certains élèves s&#8217;accrochent parce que ce serait bien le bac à la fin de l&#8217;année, on est dans une classe de bons à rien. Chaque jour, un prof pour nous le rappeler, pour le graver dans notre tête, pour nous le tatouer sur la peau. Bons à rien. De leur soulagement à se convaincre que c&#8217;est de notre faute. Notre faute. (&#8230;)</p></blockquote>
<blockquote><p>IV &#8211; ENTREPRISE D&#8217;IMPORTATION &#8211; MARSEILLE &#8211; BOUCHES-DU-RHôNE &#8211; SEPTEMBRE 1978 (&#8230;)<br />
Dans les toilettes, je fume, assise sur le couvercle baissé des W.-C. Je fume et j&#8217;ai hâte d&#8217;être 17 heures. J&#8217;ai hâte de retrouver le soleil qui donne encore un air de vacances à la ville. J&#8217;ai hâte de marcher sur le vieux port, de voir la mer, de boire un verre on terrasse. Retrouver mon temps a moi, retrouver les bonnes raisons d&#8217;être là, à Marseille. L&#8217;usine de dattes pour dépanner. Juste dépanner.<br />
Ma cigarette fumée jusqu&#8217;à la limite du filtre jaune, je retourne dans la grande salle active et constate que des barquettes vides ont été rajoutées aux miennes. Je comprends que l&#8217;une ou peut-être toutes les autres femmes ont profité de mon départ pour se décharger d&#8217;une partie des leurs. Je ne dis rien. Je ne sais pas ce que je pourrais dire. Je ne suis pas en colère, un peu triste. Je sais que je ne suis là que pour un mois au maximum. Après, une autre ville, un autre boulot pour dépanner. Marseille n&#8217;est pas la ville pour s&#8217;arrêter.<br />
Elles, les femmes étrangères, ici pour la survie. Ici, parce qu&#8217;elles n&#8217;ont pas d&#8217;autre choix.<br />
Je ne dis rien, je remplirai les barquettes que je pourrai. Et j&#8217;imagine que partout dans la ville portuaire, dans des hangars comme celui-ci, oui, un peu partout dans Marseille, on trie, on pèse, on emballe la cargaison des bateaux. Les fruits, les huiles, les piments, les épices, marchandises que l&#8217;on manipule jusqu&#8217;au dégoût. L&#8217;odeur qui s&#8217;infiltre par le nez, la bouche et la peau. L&#8217;odeur qui s&#8217;installe et chasse les rêves.</p></blockquote>
<p>Fabienne Swiatly, <em>Gagner sa vie</em> (La fosse aux ours, 2006, p. 11-12 et 24-25)</p>
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		<title>ce qu&#039;il en coûte</title>
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		<pubDate>Thu, 07 Sep 2006 23:02:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[écrivains]]></category>
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		<description><![CDATA[Gagner sa vie, publié par La fosse aux ours est un beau livre en forme de curriculum vitae : Fabienne Swiatly y invite, à travers 13 courts tableaux consacrés chacun à un travail différent, de l&#8217;emballage des dattes à l&#8217;atelier d&#8217;écriture, à « réfléchir à ce qu&#8217;il en coûte exactement de gagner sa vie » (ce sont les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img style="float: left; margin: 0 1em 1em 0;" src="/public/livres/swialty_gagner_sa_vie.jpg" alt="swialty_gagner_sa_vie.jpg" /></p>
<p><a hreflang="fr" href="http://www.remue.net/spip.php?article1767">Gagner sa vie</a>, publié par <a hreflang="fr" href="http://www.lekti-ecriture.com/editeurs/-La-fosse-aux-ours-.html">La fosse aux ours</a> est un beau livre en forme de curriculum vitae : Fabienne Swiatly y invite, à travers 13 courts tableaux consacrés chacun à un travail différent, de l&#8217;emballage des dattes à l&#8217;atelier d&#8217;écriture, à « réfléchir à ce qu&#8217;il en coûte exactement de gagner sa vie » (ce sont les derniers mots du livre). Avec, en refrain, les instants volés dans chaque journée pour se retrouver soi-même et fumer dans les toilettes :</p>
<p>« Dédramatiser. Sauver sa peau. Interroger l&#8217;extérieur et mieux comprendre ce qui a empiété sur le faire ensemble.<br />
Se détacher, se défaire. Fumer une dernière fois le dos à la porte du local, les yeux dans le vague. Souffler fort pour élargir la respiration. Aspirer, souffler et penser à demain. Fumer et réfléchir à ce qu’il en coûte exactement de gagner sa vie. » (p. 91-92)</p>
<p>Fabienne Swiatly est née en 1960 à Amnéville en Lorraine. Elle est membre du comité de rédaction de <a hreflang="fr" href="http://www.remue.net/">remue.net</a>. Elle a aussi publié un recueil de poèmes, <em>Stimmlos &#8211; Sans voix</em> (En Forêt, 2006)</p>
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		<title>une autre technique</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Aug 2006 00:10:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
				<category><![CDATA[écrivains]]></category>
		<category><![CDATA[travail]]></category>

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		<description><![CDATA[&#8230; consiste à lire les livres : 457 romans français pour cette rentrée ! Parmi eux 97 premiers romans, dont, rituellement, j’essaie d&#8217;ajouter chaque année les auteurs (débutants d’un bal plus ou moins brillant) dans l’index de labyrinthe, en espérant qu’ils auront l’opportunité de publier un deuxième roman. Le premier « premier roman » lu cette année &#8211; Marge [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img style="float: left; margin: 0 1em 1em 0;" src="/public/livres/quintreau_marge_brute.gif" alt="quintreau_marge_brute.gif" />&#8230; consiste à lire les livres : 457 romans français pour cette rentrée ! Parmi eux 97 premiers romans, dont, rituellement, j’essaie d&#8217;ajouter chaque année les auteurs (débutants d’un bal plus ou moins brillant) dans l’index de <a hreflang="fr" href="http://perso.orange.fr/labyrinthe/contemporains.html">labyrinthe</a>, en espérant qu’ils auront l’opportunité de publier un deuxième roman.</p>
<p>Le premier « premier roman » lu cette année &#8211; <em>Marge brute</em> de Laurent Quintreau (Denoël, 2006) &#8211; m&#8217;a séduite. Il donne à lire les monologues intérieurs très habilement juxtaposés de 11 cadres d&#8217;une multinationale réunis entre 11h et 13h pour parler marge brute, dégraissages et licenciements. Tragiquement drôles, ces points de vue très contrastés offrent un concentré des jeux de rôles destructeurs produits par le monde du travail et les positions hiérarchiques.</p>
<p>Le récit, très construit, est placé sous le signe de <em>La Divine Comédie</em> de Dante et découpé en 11 chapitres : les neuf cercles de l’Enfer (les monologues intérieurs de neuf des participants), le Purgatoire (celui d’un jeune employé, encore plein d’illusions), et le Paradis (monologue du petit dernier qui sera viré à la fin de sa période d&#8217;essai, que tous prennent pour un doux dingue, et qui, bien sûr, se nomme Alighieri).</p>
<p>Laurent Quintreau (nous dit la <a hreflang="fr" href="http://www.denoel.fr/Denoel/actus/Marge_brute.jsp#">notice de son éditeur</a>, qui propose également en ligne un long extrait, le début du premier chapitre) « est l’un des membres fondateurs de la <em>Revue Perpendiculaire</em>, qui anima la scène littéraire de la fin des années 90. Chroniqueur pour différentes revues, auteur de théâtre, il est aujourd’hui salarié d’une grande entreprise de communication et syndicaliste. »</p>
<p>D&#8217;ailleurs son syndicat <a hreflang="fr" href="http://www.f3c-cfdt.fr/actualites/marge-brute">signale le roman</a> et lui-même déclare : « <a hreflang="fr" href="http://management.journaldunet.com/0509/0509101se_syndiquer.shtml">Je suis cadre et syndiqué</a> » dans le <em>Journal du Mangement</em>.</p>
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		<title>c&#039;est nager qu&#039;elle fait</title>
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		<pubDate>Tue, 09 May 2006 23:20:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[michaux]]></category>
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		<description><![CDATA[L&#8217;âme adore nager. Pour nager on s&#8217;étend sur le ventre. L&#8217;âme se déboîte et s&#8217;en va. Elle s&#8217;en va en nageant. (Si votre âme s&#8217;en va quand vous êtes debout, ou assis, ou les genoux ployés, ou les coudes, pour chaque position corporelle différente l&#8217;âme partira avec une démarche et une forme différentes c&#8217;est ce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>L&#8217;âme adore nager.<br />
Pour nager on s&#8217;étend sur le ventre. L&#8217;âme se déboîte et s&#8217;en va. Elle  s&#8217;en va en nageant. (Si votre âme s&#8217;en va quand vous êtes debout, ou  assis, ou les genoux ployés, ou les coudes, pour chaque position  corporelle différente l&#8217;âme partira avec une démarche et une forme  différentes c&#8217;est ce que j&#8217;établirai plus tard.)<br />
On parle souvent de voler. Ce n&#8217;est pas ça. C&#8217;est nager qu&#8217;elle fait. Et  elle nage comme les serpents et les anguilles, jamais autrement.<br />
Quantité de personnes ont ainsi une âme qui adore nager. On les appelle  vulgairement des paresseux. Quand l&#8217;âme quitte le corps par le ventre  pour nager, il se produit une telle libération de je ne sais quoi, c&#8217;est  un abandon, une jouissance, un relâchement si intime.<br />
L&#8217;âme s&#8217;en va nager dans la cage de l&#8217;escalier ou dans la rue suivant la  timidité ou l&#8217;audace de l&#8217;homme, car toujours elle garde un fil d&#8217;elle à  lui, et si ce fil se rompait (il est parfois très ténu, mais c&#8217;est une  force effroyable qu&#8217;il faudrait pour rompre le fil), ce serait terrible  pour eux (pour elle et pour lui).<br />
Quand donc elle se trouve occupée à nager au loin, par ce simple fil qui  lie l&#8217;homme à l&#8217;âme s&#8217;écoulent des volumes et des volumes d&#8217;une sorte  de matière spirituelle, comme de la boue, comme du mercure, ou comme un  gaz &#8211; jouissance sans fin.<br />
C&#8217;est pourquoi le paresseux est indécrottable. Il ne changera jamais.  C&#8217;est pourquoi aussi la paresse est la mère de tous les vices. Car  qu&#8217;est-ce qui est plus égoïste que la paresse ?<br />
Elle a des fondements que l&#8217;orgueil n&#8217;a pas.<br />
Mais les gens s&#8217;acharnent sur les paresseux.<br />
Tandis qu&#8217;ils sont couchés, on les frappe, on leur jette de l&#8217;eau  fraîche sur la tête, ils doivent vivement ramener leur âme. Ils vous  regardent alors avec ce regard de haine, que l&#8217;on connaît bien, et qui  se voit surtout chez les enfants.</em></p>
<p>Henri Michaux, « La Paresse », <em>Mes propriétés </em>(<em>La Nuit  remue</em>)</p>
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		<title>un vide se crée</title>
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		<pubDate>Mon, 08 May 2006 00:35:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[travail]]></category>

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		<description><![CDATA[La conscience est apparue grâce aux instants de liberté et de paresse. Lorsque tu es étendu, les yeux fixés sur le ciel ou sur un point quelconque, entre toi et le monde un vide se crée sans lequel la conscience n’existerait pas. Cioran, Des larmes et des saints (Quarto, p. 295)]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>La conscience est apparue grâce aux instants de liberté et de  paresse. Lorsque tu es étendu, les yeux fixés sur le ciel ou sur un  point quelconque, entre toi et le monde un vide se crée sans lequel la  conscience n’existerait pas.</em></p>
<p>Cioran, <em>Des larmes et des saints </em>(Quarto, p. 295)</p>
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		<title>le laïus</title>
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		<pubDate>Wed, 03 May 2006 23:25:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[travail]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour le plaisir, encore un extrait de L&#8217;os du doute : la fin du chapitre intitulé « Le laïus » (p. 65-66) : Personne ne vous force à obéir, c’est fini, ça. Nous sommes dans le participatif, ici. Nous vous demandons d’être responsable de votre réussite, responsable de votre projet, gestionnaire de vos performances, responsable [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pour le plaisir, encore un extrait de <em>L&#8217;os du doute </em>: la fin  du chapitre intitulé « Le laïus » (p. 65-66) :</p>
<p><em>Personne ne vous force à obéir, c’est fini, ça. Nous sommes dans le  participatif, ici. Nous vous demandons d’être responsable de votre  réussite, responsable de votre projet, gestionnaire de vos performances,  responsable devant vos responsables.<br />
Et de contribuer à la bonne ambiance.<br />
C’est ça, le participatif.<br />
On ne dit pas donner des ordres. On dit donner des objectifs.</em></p>
<p><em><img src="http://consciences.blogspirit.com/images/medium_cadres.2.jpg" alt="" /></em></p>
<p><em>Notre objectif est le suivant : occuper le terrain.<br />
Et nous vous demandons un engagement total.</em></p>
<p><em>Il n’y a pas de contrainte, c’est fini, ça la contrainte : vous êtes  parfaitement libre de vous lever, de ramasser vos affaires et de vous en  aller.<br />
Mais compter mesquinement ses petites forces dans une telle aventure !  Un tel défi !<br />
Ça nous remonte par le nez jusqu’aux sinus, ce défi, pas vous ? Ça nous  électrise incroyablement. Nous nous défonçons tellement, sur ce projet,  que nous nous passons de manger, nous nous passons de caresser la tête  de nos gosses&#8230; et le sommeil, nous n’y pensons même plus.<br />
Pas vous ?</em></p>
<p><em>Nous sommes des artistes de haut niveau, concentrés comme des fous, cent  pour cent de passion, nous donnons le plus profond de nous-mêmes en  attendant que la victoire nous propulse vers le 8ème à la vitesse grand  Vi.<br />
Nous donnons tout.<br />
Pas vous ?<br />
Les synapses surexcitées en permanence, l’adrénaline à son taux de  compétition, le cœur soutenu par les bêtabloquants, matin, midi et soir,  nous sommes à fond dedans, épuisés, radieux.<br />
Pas vous ?</em></p>
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		<title>l&#039;os du doute</title>
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		<pubDate>Tue, 02 May 2006 23:05:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
				<category><![CDATA[écrivains]]></category>
		<category><![CDATA[travail]]></category>

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		<description><![CDATA[Quant à ce que le travail fait aujourd&#8217;hui des humains, Nicole Caligaris le décrit fort bien dans sa pièce L&#8217;os du doute, mise en scène fin 2005 et publiée par les éditions Verticales. L’os du doute est une farce écrite dans la langue du « management », qui n&#8217;est pas sans rappeler le dépeçage analytique [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://consciences.blogspirit.com/images/medium_os_du_doute.2.jpg" alt="" /></p>
<p>Quant à ce que le travail fait aujourd&#8217;hui des humains, Nicole  Caligaris le décrit fort bien dans sa pièce <em>L&#8217;os du doute</em>, mise  en scène fin 2005 et publiée par les éditions Verticales.</p>
<p><em>L’os du doute</em> est une farce écrite dans la langue du «  management », qui n&#8217;est pas sans rappeler le dépeçage analytique d’<a href="http://consciences.blogspirit.com/archive/2006/03/15/lingua-quintae-respublica.html" target="_blank">Eric Hazan dans <em>LQR</em></a>.<br />
Nicole Caligaris y déroule avec jubilation le discours de trois « cadres  à fort potentiel », pions d’un pouvoir plus mythique que réel (le « 8e  »). Milan, Dièse et Bille, mobilisés sur un projet, pensent objectifs et  délais, gèrent des ressources même plus humaines, cherchent des noms  porteurs et avalent du « Bi to Bi (business to business) » à la «  vitesse Grand Vi ». Et, tandis qu&#8217;ils se rêvent en super-héros ou en  demi-dieux, ils s’épuisent … jusqu’à l’os.<br />
Quelques extraits :</p>
<p><em>La Ressource H est au point, dégraissée, restructurée, compressée,  décapée, martelée, laminée, affectée, compactée, requalifiée, triturée,  usinée, polie, lissée, brossée, rincée, tordue, serrée, stressée,  chauffée, pincée, piquée, broyée, bourrelée, roulée, tendue à bloc.</em> (25)<br />
<em>- Pas oublier que l&#8217;homme est au cœur du dispositif.<br />
- Un coeur de cible.</em> (27)<br />
<em>- J’ai la nouvelle grille. On a changé les noms, au 8e. Ça va plus  s’appeler Ressource H.</em> […]<br />
<em>Ça va s’appeler les Moyens Utilisés : les mus. </em>(29)<br />
<em>- Surmenage ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Si vous ne vous en sortez  pas, c’est que vous ne savez pas gérer.</em><br />
[…] <em>Regardez, moi, tenez, facile !</em> […] <em>J’ai shunté le  superflu : lecture diagonale, écoute flottante, chassé-croisé des deux  cerveaux, de gauche à droite, de droite à gauche, quelques cachets,  quelques cafés, décuplement des facultés, arrêt complet du  boogie-woogie, contrôle des dérapages, programmation neurolinguistique,  analyse transactionnelle et golf deux fois par semaine pour entretenir  le corpore sano. Pas sorcier ! </em>(44-45)<br />
<em>Nous avons fait ce qu’il fallait pour rester à la pointe de ce qui  se fait, pas devenir des obsolètes. Dès que possible, nous avons balancé  les mus faibles dans le marigot pour avancer plus vite.</em> […] <em>Nous  avons échangé en douce des mus pourris contre de jeunes mus à l’échine  souple et aux dents pointues.</em> […] <em>Nous avons planté notre  esprit entrepreneur en aplomb des têtes candides. Elles n’ont pas tenu.</em> (49)<br />
<em>« Savoir séparer l’affectif du projet, préconise le </em>Strategor <em>:  parmi les cinq sortes de dangers, une trop grande sympathie pour les  mus. Un exécutive qui hésite à charger ses mus est un exécutive qui  risque de perdre son potentiel. Ceux des étages inférieurs, explique </em>Strategor<em>,  si on veut en tirer quelque chose, faire en sorte qu’ils ne soient  jamais tranquilles. » </em>(65)<br />
<em>Nous avons la vérité sur le bout de la langue. Il nous suffit  d’inventer une connerie, c’est vrai : tous les mastères se mettent à  l’exposer en schémas Power Point, devant des amphis bondés.</em> […]<br />
<em>On ne dit pas mensonge. On dit inévitable. On dit réalité. On dit  scientifiquement donné en calculs corrigés des variations du hasard. </em>(80-81)</p>
<p>Pour en lire plus :<br />
le <a href="http://pointn.free.fr/doc/introduction.html" target="_blank">site  de Nicole Caligaris</a><br />
les <a href="http://www.remue.net/rubrique.php3?id_rubrique=146" target="_blank">pages qui lui sont consacrées </a>sur l&#8217;incontournable  site littéraire <a href="http://www.remue.net/" target="_blank">remue.net</a>.</p>
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		<title>vita contemplativa</title>
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		<pubDate>Sun, 30 Apr 2006 23:30:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cgenin</dc:creator>
				<category><![CDATA[citations]]></category>
		<category><![CDATA[travail]]></category>

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		<description><![CDATA[En l&#8217;honneur du 1er mai, petit florilège nietzschéen (non exhaustif!) sur le travail : Dans la glorification du « travail », dans les infatigables discours sur la « bénédiction du travail », je vois la même arrière-pensée que dans les louanges des actes impersonnels et conformes à l&#8217;intérêt général : la crainte de tout ce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En l&#8217;honneur du 1er mai, petit florilège nietzschéen (non exhaustif!)  sur le travail :</p>
<p><em>Dans la glorification du « travail », dans les infatigables discours  sur la « bénédiction du travail », je vois la même arrière-pensée que  dans les louanges des actes impersonnels et conformes à l&#8217;intérêt  général : la crainte de tout ce qui est individuel. On se rend  maintenant très bien compte, à l&#8217;aspect du travail — c&#8217;est-à-dire de ce  dur labeur du matin au soir — que c&#8217;est là la meilleure police, qu&#8217;elle  tient chacun en bride et qu&#8217;elle s&#8217;entend à entraver vigoureusement le  développement de la raison, des convoitises, des envies d&#8217;indépendance.  Car le travail use la force nerveuse dans des proportions  extraordinaires, il retire cette force à la réflexion, à la méditation,  aux rêves, aux soucis, à l&#8217;amour et à la haine il place toujours devant  les yeux un but minime et accorde des satisfactions faciles et  régulières. Ainsi une société, où l&#8217;on travaille sans cesse durement,  jouira d&#8217;une plus grande sécurité : et c&#8217;est la sécurité que l&#8217;on adore  maintenant comme divinité suprême. </em> (« Les apologistes du travail  », <em>Aurore</em>)</p>
<p><img src="http://consciences.blogspirit.com/images/medium_danger_travail.2.jpg" alt="" /><em> </em></p>
<p><em>Le travail est désormais assuré d&#8217;avoir toute la bonne  conscience de son côté : la propension à la joie se nomme déjà « besoin  de repos » et commence à se ressentir comme un sujet de honte. « Il faut  bien songer à sa santé » &#8211; ainsi s&#8217;excuse-t-on lorsqu&#8217;on est pris en  flagrant délit de partie de campagne. Oui, il se pourrait bien qu&#8217;on en  vînt à ne point céder à un penchant pour la </em>vita contemplativa <em>(c&#8217;est-à-dire  pour aller se promener avec ses pensées et ses amis) sans mauvaise  conscience et mépris de soi-même. </em> (« Loisir et désœuvrement », <em>Le  Gai Savoir</em>)</p>
<p><em>Ce qu&#8217;il y a de comique chez beaucoup de gens laborieux &#8211; Par un  surcroît d&#8217;efforts, ils arrivent à se conquérir des loisirs et,  lorsqu&#8217;ils sont arrivés à leurs fins, ils ne savent rien en faire, sinon  de compter les heures jusqu&#8217;à ce que le temps soit passé.</em> («  Opinions et sentences mêlées », <em>Humain, trop humain</em>, II, 1)</p>
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