Archives de catégorie : essais

je préfère être cyborg

Lynn Randolph, Cyborg (1989) Le cyborg est un organisme cybernétique, hybride de machine et de vivant, créature de la réalité sociale comme personnage de roman. […] mais la frontière qui sépare la science-fiction de la réalité sociale n’est qu’illusion d’optique. Le cyborg est résolument du côté de la partialité, de l’ironie, de l’intimité et de… Lire la suite »

sous cette peau, croupir

Ce lieu que Proust, doucement, anxieusement, vient occuper de nouveau à chacun de ses réveils, à ce lieu-là, dès que j’ai les yeux ouverts, je ne peux plus échapper. Non pas que je sois par lui cloué sur place – puisque après tout je peux non seulement bouger et remuer, mais je peux le «… Lire la suite »

il se sent social comme il se sent mortel

Le sage considère la société comme une limite. Il se sent social comme il se sent mortel. (p. 38) L’individualiste peut-il être fonctionnaire ? Oui. Mais il ne peut pas consentir à toutes sortes de fonctions. Quelles sont les fonctions dont s’abstiendra l’individualiste ? L’individualiste s’abstiendra de toute fonction de l’ordre administratif, de l’ordre judiciaire… Lire la suite »

salauds d’improductifs

Avant d’être salarié, le travailleur était un esclave. Son maître se devait alors de le nourrir et de le loger, voire de le vêtir. Depuis qu’il n’est plus cet esclave, le travailleur se doit à son tour de se vêtir, de se nourrir et de se loger lui-même, ainsi que du faire le plein de… Lire la suite »

la perfection de la paresse

À la demande générale, encore un peu de littérature subversive : dans un court texte écrit d’un seul jet le 15 février 1921, le peintre et théoricien Kazimir Malevitch se livre à une réhabilitation de la paresse « mère de la perfection », non sans prendre malicieusement l’exemple du modèle de perfection que les hommes se sont… Lire la suite »

les livres que l’on n’a pas lu

S’agissant de lecture, voici un livre dont je peux en toute bonne conscience parler sans l’avoir (encore) lu : Pierre Bayard, dont j’ai beaucoup aimé les précédents essais, qui regorgent de surprises, de romanesque et de paradoxes (Comment améliorer les œuvres ratées ? (Minuit, 2000), Peut-on appliquer la littérature à la psychanalyse ? (Minuit, 2004), Demain est écrit… Lire la suite »

je suis idiot devant l’autre

Avital Ronell est née à Prague en 1953 de parents diplomates Israéliens. Elle a étudié l’herméneutique à Berlin, travaillé notamment avec Derrida et obtenu un doctorat à Princeton. Elle enseigne l’anglais, l’allemand et la littérature comparée à la New York University. Aucun de ses essais, qui creusent les failles du quotidien, s’interrogent sur nos machines… Lire la suite »

taf d’écrivain médiatisé

Voilà qui va plaire à Berlol, fan de Ce soir (ou jamais!) : Frédéric Taddeï tente de confronter le féminisme de Virginie Despentes à celui de Gisèle Halimi mais le dialogue tourne très vite court, la jeune outrecuidante étant renvoyée au caractère par trop léger et individualiste de sa révolte. Mieux vaut lire le manifeste autobiographique… Lire la suite »

plus jamais ?

En écoutant les journalistes, le philosophe Slavoj Zizek se pose quant à lui une autre question essentielle : Que penser alors de cette phrase dont l’écho se propage partout : « Rien ne sera plus jamais comme avant le 11 Septembre » ? Cette phrase, et c’est significatif, n’est jamais développée plus avant : c’est un geste vide qui essaie… Lire la suite »

puzzle divin

Bernard Debré éclaire également son propos en mettant en parallèle la science et les mythes, dont on s’aperçoit que – dans toutes les religions – ils fonctionnent fort bien comme métaphores – et comme récits fondateurs – du clonage reproductif. Inséparables des récits retraçant la création du monde – de la cosmogonie égyptienne à la… Lire la suite »

otages des mots

Debré resitue par exemple le débat sur l’eugénisme à sa juste place, et montre que les interventions eugénistes n’ont pas attendu le déchiffrage du génome humain : Serons-nous toujours otages des mots ? La nature n’est-elle pas suffisamment complexe ni sa connaissance assez ardue pour que nous persistions à interpréter le présent et imaginer l’avenir,… Lire la suite »

la revanche du serpent

Concernant cette peur irrationnelle devant les avancées scientifiques, soigneusement alimentée par nombre d’intellectuels et de politiques, Bernard Debré (dont les options politiques me séduisent moins, je le précise) publie un essai court mais tonique : La revanche du serpent ou la fin de l’homo sapiens (Le Cherche midi, 2006). Les progrès actuels de la génétique… Lire la suite »

la mobilisation infinie

Un constat voisin, encore, dans La Mobilisation infinie du philosophe Peter Sloterdijk, que j’ai eu l’occasion d’évoquer déjà : à ériger le mouvement perpétuel, le travail, l’action, la réalisation de soi, l’ascension sociale en but ultime, l’homme moderne s’expose à devenir un « automate » : Le « dynamisme » moderne a contribué à la… Lire la suite »

éloge de la fuite

Ces conseils rejoignent ceux que donne, dans le très beau premier chapitre, intitulé « Autoportrait », de son Éloge de la fuite (Robert Laffont, 1976), le biologiste Henri Laborit : […] chaque homme saura qu’il n’exprime qu’une motivation simple, celle de rester normal. Normal, non par rapport au plus grand nombre, qui, soumis inconsciemment à… Lire la suite »

au doigt et à l’œil

Alternant les projets de nouvelles et les anecdotes malicieuses (« [je m]’égare un peu en facéties» dit-il) avec des développements plus philosophiques (il cite notament Spinoza), Philip K. Dick tente dans la suite de sa conférence de définir ce qui fait de certains hommes des machines et ce qui permet d’échapper à ce sort. Même… Lire la suite »

inverser l’analogie

Dans sa conférence « Androïde contre humain » (« Androïd and human », Vancouver, 1972), Philip K. Dick, immense écrivain de science-fiction, invite très judicieusement, sur cette question de l’homme-macine, à « inverser l’analogie » : plutôt que de se demander si un jour la vie artificielle va devenir humaine, pourquoi ne pas nous demander… Lire la suite »

croquer la pomme

Tout le processus de la pensée demeure encore plutôt mystérieux, mais je crois qu’une machine pensante pourrait grandement nous aider à découvrir comment nous pensons nous-mêmes. Alan M. Turing, Conférence à le BBC, 15 mai 1951, Archives Turing, King’s College, Cambridge Alan Mathison Turing est l’un des premiers théoriciens de l’intelligence artificielle. Il a passé… Lire la suite »

le sentiment même de soi

Pour Damasio, ce titre l’affirme, la conscience est un sentiment. Un sentiment (en simplifiant énormément, car il existe des sentiments inconscients) est ce qui naît lorsqu’une émotion devient consciente ; la conscience naît lorsque le fait de ressentir devient lui même conscient. La conscience est par conséquent un sentiment de sentiment, « le sentiment de… Lire la suite »

voués à connaître

Nous sommes donc voués à connaître, et c’est une joie qui ne va pas sans souffrance : La conscience est […] à l’origine du drame de la condition humaine parce qu’elle repose sur un marché que nul d’entre nous n’a jamais conclu […]. Le sentiment que nous avons de ce qui se passe est la… Lire la suite »

persévérer dans son être

Chaque chose, selon sa puissance d’être, s’efforce de persévérer dans son être. […] L’effort par lequel chaque chose s’efforce de persévérer dans son être n’est rien en dehors de l’essence actuelle de cette chose. Spinoza, Éthique, III, propositions 6 et 7 Le conatus (le terme latin utilisé pour nommer cet effort, ce désir ou cette… Lire la suite »