Archives de l’auteur : cgenin

pseudo génétique

Ayant signé hier un commentaire de mon pseudo habituel, « cgat », mon interlocuteur m’a à ma grande surprise répondu que ce pseudo évoquait pour lui « ces gars, comme dans la marine » ! à chacun ses fantasmes et les pompons ne font pas partie des miens, mais cela m’inquiète un peu : de grâce, commentateurs, commentatrices, dites-moi… Lire la suite »

une créature faite de matière

Je suis né en 1961. La science-fiction me passionne depuis mon plus jeune âge, et j’ai lu la plupart de ses classiques durant ma jeunesse. J’ai étudié les mathématiques à l’université et un peu flirté avec la réalisation de films amateurs, mais j’étais vraiment un mauvais réalisateur. J’ai fini par travailler comme analyste programmeur durant… Lire la suite »

le grand hôtel garni de l’univers

Je ne suis pas plus moderne qu’ancien, pas plus Français que Chinois, et l’idée de la patrie, c’est-à-dire l’obligation où l’on est de vivre sur un coin de terre marqué en rouge ou en bleu sur la carte, et de détester les autres coins, en vert ou en noir, m’a paru toujours étroite, bornée, et… Lire la suite »

ne pas laisser de trace

Plus tu auras réussi à écrire (si tu écris), plus éloigné tu seras de l’accomplissement du pur, fort, originel désir, celui, fondamental, de ne pas laisser de trace. Quelle satisfaction la vaudrait ? Écrivain, tu fais tout le contraire, laborieusement le contraire ! Henri Michaux, Poteaux d’angle (1971, Poésie Gallimard, p. 57)

la sottise de te montrer

Même si tu as eu la sottise de te montrer, sois tranquille, ils ne te voient pas. Henri Michaux, Poteaux d’angle (1971, Poésie Gallimard, p. 36)

si la souffrance

Si la souffrance dégageait une énergie importante, directement utilisable, quel technicien hésiterait à ordonner de la capter, et à faire construire à cet effet des installations ? Avec des mots de « progrès, de promotion, de besoin de la collectivité » il fermerait la bouche aux malheureux et recueillerait l’approbation de ceux qui à travers tout entendent… Lire la suite »

les vertus du mimétisme

Dans une société de grande civilisation, il est essentiel pour la cruauté, pour la haine et la domination si elles veulent se maintenir, de se camoufler, retrouvant les vertus du mimétisme. Le camouflage en leur contraire sera le plus courant. C’est en effet par là, prétendant parler seulement au nom des autres, que le haineux… Lire la suite »

quantité d’autres

La pierre n’a pas reçu en partage la respiration. Elle s’en passe. C’est à la gravitation surtout qu’elle a affaire. Toi, c’est beaucoup plus aux « autres » que tu auras affaire, à quantité d’autres. Considère en conséquence tes compagnons de séjour avec discrimination, traitant les roches d’une façon, le bois, les plantes, les vers, les microbes… Lire la suite »

dessiner l’écoulement du temps

  Je voulais dessiner la conscience d’exister et l’écoulement du temps. Comme on se tâte le pouls. Ou encore, en plus restreint, ce qui apparaît lorsque, le soir venu, repasse (en plus court et en sourdine) le film impressionné qui a subi le jour. Henri Michaux, « Dessiner l’écoulement du temps », Passages (1957, Gallimard, Tel,… Lire la suite »

je me chiffonne

J’ai rarement rencontré dans ma vie des gens qui avaient besoin comme moi d’être regonflés à chaque instant. On ne m’invite plus dans le monde. Après une heure ou deux (où je témoigne d’une tenue au moins égale à la moyenne), voilà que je me chiffonne. Je m’affaisse, je n’y suis presque plus, mon veston… Lire la suite »

en somme une infirmité

Le style, cette commodité à se camper et à camper le monde, serait l’homme ? Cette suspecte acquisition dont, à l’écrivain qui se réjouit, on fait compliment ? Son prétendu don va coller à lui, le sclérosant sourdement. Style : signe (mauvais) de la distance inchangée (mais qui eût pu, eût dû changer), la distance où à tort… Lire la suite »

versez la sauce énigmatique

POUR UN ART POÉTIQUE (suite) Prenez un mot prenez-en deux faites-les cuir’ comme des œufs prenez un petit bout de sens puis un grand morceau d’innocence faites chauffer à petit feu au petit feu de la technique versez la sauce énigmatique saupoudrez de quelques étoiles poivrez et puis mettez les voiles où voulez-vous en venir… Lire la suite »

un poète du soir

TOUJOURS LE TRAVAIL je serai courageux je me lèverai à la première heure pour écrire des poèmes à onze heures du matin j’en aurai produit au moins un avant dix heures même lever laver petit déjeuner et hop à la selle en selle sur Pégase dans le ptit air frumeux de l’aube j’aperçois pourtant là-bas… Lire la suite »

j’aime pas les autres

C’est des gens bizarres, les autres. Vous pensez qu’ils sont comme vous. Et pas du tout. Ils sont comme les autres. J’aime pas les autres. (p. 11) Pour moi, c’est une véritable révélation : il est plus intéressant et plus gratifiant de raconter la vie que de la vivre. Je serai écrivain. À partir de là,… Lire la suite »

balafre légère tracée dans le temps

De tels traits (ce mot convient au haïku, sorte de balafre légère tracée dans le temps) installent ce qu’on a pu appeler « la vision sans commentaire ». (…) ce qui est aboli, ce n’est pas le sens, c’est toute idée de finalité : le haïku ne sert à aucun des usages (eux-mêmes pourtant gratuits) concédés à… Lire la suite »

saison mentale

Cet automne-ci pourquoi donc dois-je vieillir ? oiseau dans les nuages. kono aki wa nande toshiyoru kumo ni tori Bashô Matsuo (1644–1694) Cent onze haïku de Bashô (Verdier, 2002, Traduction de Joan Titus-Carmel) de Bashô, j’aime aussi beaucoup celui-ci : (mais je ne parviens pas à décider quelle traduction je préfère — c’est le problème… Lire la suite »

respectez les consignes

Nous savons maintenant la presse et la télévision commençaient à marteler le monde devient chaque jour de moins en moins sûr soyez attentifs, limitez vos déplacements, respectez les consignes, ne vous laissez pas aller, nous ne pouvons compter que sur nous même (p. 39) Voilà le tableau il faut être réaliste, nous allons apprendre à… Lire la suite »

compatible avec l’enfance

Déporté sur la gauche de l’esplanade (en son milieu dans le sens de la longueur), se trouve un élément fondamental de son décor : la bouche de métro qu’a conçue l’artiste français Jean-Michel Othoniel. Jean-Michel Othoniel est un artiste de réputation internationale dont les œuvres, des installations in situ pour la plupart, baroques, féeriques, cristallines, colorées,… Lire la suite »

la légèreté vexante d’une fugitive

(…) elle n’en demeure pas moins comme d’habitude insaisissable et mouvementée, disparaissant dans les étages avec la légèreté vexante d’une fugitive. Je précise que ma voisine du quatrième appartient à cette catégorie d’individus qui ne s’expriment jamais qu’en s’éloignant – comme le font si bien les P-DG avec leurs subalternes dans les couloirs des entreprises.… Lire la suite »

comme de plaisants propriétaires terriens

M’ont fait rire notamment (tout décrivant des mécanismes très justes qu’enfant moi-même d’une classe très moyenne j’ai souvent ressentis) les morceaux de bravoure sur la lutte des classes en littérature, à propos desquels Éric Reinhardt dit dans un entretien : « Comme j’aime pratiquer l’art de l’exagération, j’ai développé l’idée d’un complot contre l’émergence des écrivains issus… Lire la suite »