Archives par mot-clé : travail

la nature des temps

Puisqu’il est probable que le Goncourt lui sera décerné demain – tout à l’heure, de fait -, il est plus que temps de citer quelques passages d’un livre que j’ai plutôt aimé,  qui à mon sens ne mérite ni les torrents d’éloges ni les déchaînements de haine qu’il suscite et qui a le grand mérite… Lire la suite »

qu’est-ce qu’on a ri

Nous sommes sortis un à un de la salle, le visage fermé. Nous ne savions pas quelle direction prendre. Nous ne voulions pas rentrer sagement dans nos box. Nous ne pouvions plus rien faire de nos jambes, de nos mains, de nos cerveaux. Nous avancions en tâtonnant, et la présence de celui qui était devant… Lire la suite »

il se sent social comme il se sent mortel

Le sage considère la société comme une limite. Il se sent social comme il se sent mortel. (p. 38) L’individualiste peut-il être fonctionnaire ? Oui. Mais il ne peut pas consentir à toutes sortes de fonctions. Quelles sont les fonctions dont s’abstiendra l’individualiste ? L’individualiste s’abstiendra de toute fonction de l’ordre administratif, de l’ordre judiciaire… Lire la suite »

un poète du soir

TOUJOURS LE TRAVAIL je serai courageux je me lèverai à la première heure pour écrire des poèmes à onze heures du matin j’en aurai produit au moins un avant dix heures même lever laver petit déjeuner et hop à la selle en selle sur Pégase dans le ptit air frumeux de l’aube j’aperçois pourtant là-bas… Lire la suite »

la perfection de la paresse

À la demande générale, encore un peu de littérature subversive : dans un court texte écrit d’un seul jet le 15 février 1921, le peintre et théoricien Kazimir Malevitch se livre à une réhabilitation de la paresse « mère de la perfection », non sans prendre malicieusement l’exemple du modèle de perfection que les hommes se sont… Lire la suite »

juste dépanner

II – LYCÉE PUBLIC MIXTE- TERMINALE G3 – METZ 1978 J’ai dit littérature, ils ont répondu gestion-commerce. Pas assez douée pour la voie littéraire, il aurait fallu redoubler mais les parents ne veulent pas le redoublement puisque ce n’est pas obligé. Préparer un bac pour une fille d’ouvrier, c’est déjà bien et puis gestion-commerce, ça… Lire la suite »

ce qu’il en coûte

Gagner sa vie, publié par La fosse aux ours est un beau livre en forme de curriculum vitae : Fabienne Swiatly y invite, à travers 13 courts tableaux consacrés chacun à un travail différent, de l’emballage des dattes à l’atelier d’écriture, à « réfléchir à ce qu’il en coûte exactement de gagner sa vie » (ce sont les… Lire la suite »

une autre technique

… consiste à lire les livres : 457 romans français pour cette rentrée ! Parmi eux 97 premiers romans, dont, rituellement, j’essaie d’ajouter chaque année les auteurs (débutants d’un bal plus ou moins brillant) dans l’index de labyrinthe, en espérant qu’ils auront l’opportunité de publier un deuxième roman. Le premier « premier roman » lu cette année – Marge… Lire la suite »

c’est nager qu’elle fait

L’âme adore nager. Pour nager on s’étend sur le ventre. L’âme se déboîte et s’en va. Elle s’en va en nageant. (Si votre âme s’en va quand vous êtes debout, ou assis, ou les genoux ployés, ou les coudes, pour chaque position corporelle différente l’âme partira avec une démarche et une forme différentes c’est ce… Lire la suite »

un vide se crée

La conscience est apparue grâce aux instants de liberté et de paresse. Lorsque tu es étendu, les yeux fixés sur le ciel ou sur un point quelconque, entre toi et le monde un vide se crée sans lequel la conscience n’existerait pas. Cioran, Des larmes et des saints (Quarto, p. 295)

le laïus

Pour le plaisir, encore un extrait de L’os du doute : la fin du chapitre intitulé « Le laïus » (p. 65-66) : Personne ne vous force à obéir, c’est fini, ça. Nous sommes dans le participatif, ici. Nous vous demandons d’être responsable de votre réussite, responsable de votre projet, gestionnaire de vos performances, responsable… Lire la suite »

l’os du doute

Quant à ce que le travail fait aujourd’hui des humains, Nicole Caligaris le décrit fort bien dans sa pièce L’os du doute, mise en scène fin 2005 et publiée par les éditions Verticales. L’os du doute est une farce écrite dans la langue du « management », qui n’est pas sans rappeler le dépeçage analytique… Lire la suite »

vita contemplativa

En l’honneur du 1er mai, petit florilège nietzschéen (non exhaustif!) sur le travail : Dans la glorification du « travail », dans les infatigables discours sur la « bénédiction du travail », je vois la même arrière-pensée que dans les louanges des actes impersonnels et conformes à l’intérêt général : la crainte de tout ce… Lire la suite »

éloge de l’oisiveté

Ceux qui me reprochent tant de contradictions ne manqueront pas ici de m’en reprocher encore une. J’ai dit que l’oisiveté des cercles me les rendait insupportables, et me voilà recherchant la solitude uniquement pour m’y livrer à l’oisiveté. C’est pourtant ainsi que je suis ; s’il y a là de la contradiction, elle est du… Lire la suite »

la fin du travail

Mais il n’y a pas que la sf … et en ce début de troisième millénaire de plus en plus d’écrivains mélangent les genres pour importer dans un format romanesque plus classique des réflexions sur les mutations technologiques et ce qu’elles impliquent : James Flint, Douglas Coupland, Haruki Murakami, David Mitchell, mais aussi, en France,… Lire la suite »