Archives de catégorie : citations

Comment organiser une bibliothèque publique (1981)

Les catalogues seront subdivisés au maximum : on veillera à séparer le catalogue des livres de celui des revues, et ceux-ci du catalogue par matières, ainsi que les ouvrages d’acquisition récente des ouvrages d’acquisition plus ancienne. Si possible, l’orthographe de ces deux derniers catalogues sera différente ; par exemple, le mot hiérarchie prendra un H initial dans… Lire la suite »

cette sacrée corde raide

Je n’écris pas pour les carabins. Ceux là savent qu’il ne se passe rien alors qu’un phénomène biologique comme les autres. De même que les militaires de métier savent qu’une maison coupée en deux, c’est une maison qui a reçu une bombe et que des tas de types morts, c’est tout simplement le résultat d’une… Lire la suite »

deus ex machina

Si je ne peux accorder crédit à ce deus ex machina qui fait trop opportunément se rencontrer ou se manquer les personnages d’un récit, en revanche, il m’apparaît tout à fait crédible, parce que dans l’ordre sensible des choses, que Proust soit soudain transporté de la cour de l’Hôtel des Guermantes sur le parvis de… Lire la suite »

carrefours de sens

Plus ou moins consciemment, par suite des imperfections de sa perception puis de sa mémoire, l’écrivain sélectionne subjectivement, choisit, élimine, mais aussi valorise entre cent ou mille quelques éléments d’un spectacle (…) S’il s’est produit une cassure, un changement radical dans l’histoire de l’art, c’est lorsque des peintres, bientôt suivis par des écrivains, ont cessé… Lire la suite »

fonds commun

C’est à la recherche de ce jeu que l’on pourrait peut-être concevoir un engagement de l’écriture, qui, chaque fois qu’elle change un tant soit peu le rapport que par son langage l’homme entretient avec le monde, contribue dans sa modeste mesure à changer celui-ci. Le chemin suivi sera alors, on s’en doute, bien différent de… Lire la suite »

je préfère être cyborg

Lynn Randolph, Cyborg (1989) Le cyborg est un organisme cybernétique, hybride de machine et de vivant, créature de la réalité sociale comme personnage de roman. […] mais la frontière qui sépare la science-fiction de la réalité sociale n’est qu’illusion d’optique. Le cyborg est résolument du côté de la partialité, de l’ironie, de l’intimité et de… Lire la suite »

à l’origine de toute richesse intérieure

Pour ne pas compliquer ma fuite, j’ai tout de suite compris que je devrais à tout prix éviter de descendre prendre mon petit déjeuner dans la salle à manger de l’hôtel car il y avait de fortes chances que des membres de l’organisation qui m’avaient invité finissent par découvrir ma présence et m’obligent à intervenir… Lire la suite »

sous cette peau, croupir

Ce lieu que Proust, doucement, anxieusement, vient occuper de nouveau à chacun de ses réveils, à ce lieu-là, dès que j’ai les yeux ouverts, je ne peux plus échapper. Non pas que je sois par lui cloué sur place – puisque après tout je peux non seulement bouger et remuer, mais je peux le «… Lire la suite »

il se sent social comme il se sent mortel

Le sage considère la société comme une limite. Il se sent social comme il se sent mortel. (p. 38) L’individualiste peut-il être fonctionnaire ? Oui. Mais il ne peut pas consentir à toutes sortes de fonctions. Quelles sont les fonctions dont s’abstiendra l’individualiste ? L’individualiste s’abstiendra de toute fonction de l’ordre administratif, de l’ordre judiciaire… Lire la suite »

le grand hôtel garni de l’univers

Je ne suis pas plus moderne qu’ancien, pas plus Français que Chinois, et l’idée de la patrie, c’est-à-dire l’obligation où l’on est de vivre sur un coin de terre marqué en rouge ou en bleu sur la carte, et de détester les autres coins, en vert ou en noir, m’a paru toujours étroite, bornée, et… Lire la suite »

ne pas laisser de trace

Plus tu auras réussi à écrire (si tu écris), plus éloigné tu seras de l’accomplissement du pur, fort, originel désir, celui, fondamental, de ne pas laisser de trace. Quelle satisfaction la vaudrait ? Écrivain, tu fais tout le contraire, laborieusement le contraire ! Henri Michaux, Poteaux d’angle (1971, Poésie Gallimard, p. 57)

la sottise de te montrer

Même si tu as eu la sottise de te montrer, sois tranquille, ils ne te voient pas. Henri Michaux, Poteaux d’angle (1971, Poésie Gallimard, p. 36)

si la souffrance

Si la souffrance dégageait une énergie importante, directement utilisable, quel technicien hésiterait à ordonner de la capter, et à faire construire à cet effet des installations ? Avec des mots de « progrès, de promotion, de besoin de la collectivité » il fermerait la bouche aux malheureux et recueillerait l’approbation de ceux qui à travers tout entendent… Lire la suite »

les vertus du mimétisme

Dans une société de grande civilisation, il est essentiel pour la cruauté, pour la haine et la domination si elles veulent se maintenir, de se camoufler, retrouvant les vertus du mimétisme. Le camouflage en leur contraire sera le plus courant. C’est en effet par là, prétendant parler seulement au nom des autres, que le haineux… Lire la suite »

quantité d’autres

La pierre n’a pas reçu en partage la respiration. Elle s’en passe. C’est à la gravitation surtout qu’elle a affaire. Toi, c’est beaucoup plus aux « autres » que tu auras affaire, à quantité d’autres. Considère en conséquence tes compagnons de séjour avec discrimination, traitant les roches d’une façon, le bois, les plantes, les vers, les microbes… Lire la suite »

dessiner l’écoulement du temps

  Je voulais dessiner la conscience d’exister et l’écoulement du temps. Comme on se tâte le pouls. Ou encore, en plus restreint, ce qui apparaît lorsque, le soir venu, repasse (en plus court et en sourdine) le film impressionné qui a subi le jour. Henri Michaux, « Dessiner l’écoulement du temps », Passages (1957, Gallimard, Tel,… Lire la suite »

je me chiffonne

J’ai rarement rencontré dans ma vie des gens qui avaient besoin comme moi d’être regonflés à chaque instant. On ne m’invite plus dans le monde. Après une heure ou deux (où je témoigne d’une tenue au moins égale à la moyenne), voilà que je me chiffonne. Je m’affaisse, je n’y suis presque plus, mon veston… Lire la suite »

en somme une infirmité

Le style, cette commodité à se camper et à camper le monde, serait l’homme ? Cette suspecte acquisition dont, à l’écrivain qui se réjouit, on fait compliment ? Son prétendu don va coller à lui, le sclérosant sourdement. Style : signe (mauvais) de la distance inchangée (mais qui eût pu, eût dû changer), la distance où à tort… Lire la suite »

versez la sauce énigmatique

POUR UN ART POÉTIQUE (suite) Prenez un mot prenez-en deux faites-les cuir’ comme des œufs prenez un petit bout de sens puis un grand morceau d’innocence faites chauffer à petit feu au petit feu de la technique versez la sauce énigmatique saupoudrez de quelques étoiles poivrez et puis mettez les voiles où voulez-vous en venir… Lire la suite »

un poète du soir

TOUJOURS LE TRAVAIL je serai courageux je me lèverai à la première heure pour écrire des poèmes à onze heures du matin j’en aurai produit au moins un avant dix heures même lever laver petit déjeuner et hop à la selle en selle sur Pégase dans le ptit air frumeux de l’aube j’aperçois pourtant là-bas… Lire la suite »