Archives mensuelles : avril 2006

le regard de bonnard

Tout au long de sa vie, Pierre Bonnard a peint de remarquables autoportraits dont le regard impénétrable fascine. Le premier, ci-contre, date de ses débuts : en 1889, Bonnard a 22 ans, il débute et affirme classiquement, en tenant ses pinceaux et palette, sa vocation de peintre ; mais son regard est fixe et comme… Lire la suite »

Catégorie : art

garde ton andante

Henri Michaux le dit aussi, autrement : Dans une époque d’agités, garde ton « andante ». En toi-même redis-toi toujours : « Davantage, davantage d’andante », tâchant de t’amener où il faut que tu arrives. Sinon, précipité, tout devient superficiel. Les indignés du moment n’y échappent guère, pressés comme ils sont, afin de n’être jamais… Lire la suite »

la mobilisation infinie

Un constat voisin, encore, dans La Mobilisation infinie du philosophe Peter Sloterdijk, que j’ai eu l’occasion d’évoquer déjà : à ériger le mouvement perpétuel, le travail, l’action, la réalisation de soi, l’ascension sociale en but ultime, l’homme moderne s’expose à devenir un « automate » : Le « dynamisme » moderne a contribué à la… Lire la suite »

éloge de la fuite

Ces conseils rejoignent ceux que donne, dans le très beau premier chapitre, intitulé « Autoportrait », de son Éloge de la fuite (Robert Laffont, 1976), le biologiste Henri Laborit : […] chaque homme saura qu’il n’exprime qu’une motivation simple, celle de rester normal. Normal, non par rapport au plus grand nombre, qui, soumis inconsciemment à… Lire la suite »

au doigt et à l’œil

Alternant les projets de nouvelles et les anecdotes malicieuses (« [je m]’égare un peu en facéties» dit-il) avec des développements plus philosophiques (il cite notament Spinoza), Philip K. Dick tente dans la suite de sa conférence de définir ce qui fait de certains hommes des machines et ce qui permet d’échapper à ce sort. Même… Lire la suite »

inverser l’analogie

Dans sa conférence « Androïde contre humain » (« Androïd and human », Vancouver, 1972), Philip K. Dick, immense écrivain de science-fiction, invite très judicieusement, sur cette question de l’homme-macine, à « inverser l’analogie » : plutôt que de se demander si un jour la vie artificielle va devenir humaine, pourquoi ne pas nous demander… Lire la suite »

perpendiculairement rampante

[…] c’est cette forte analogie qui force tous les savants et les vrais juges d’avouer que ces êtres fiers et vains, plus distingués par leur orgueil que par le nom d’hommes, quelque envie qu’ils aient de s’élever, ne sont au fond que des animaux et des machines perpendiculairement rampantes. Elles ont toutes ce merveilleux instinct,… Lire la suite »

être une machine

Il est trop difficile de peindre. Les choses que je veux montrer sont mécaniques. Les machines ont moins de problèmes. J’aimerais être une machine, pas vous ? Si je peins de cette façon, c’est parce que je veux être une machine, et je pense que tout ce que je fais comme une machine correspond à… Lire la suite »

croquer la pomme

Tout le processus de la pensée demeure encore plutôt mystérieux, mais je crois qu’une machine pensante pourrait grandement nous aider à découvrir comment nous pensons nous-mêmes. Alan M. Turing, Conférence à le BBC, 15 mai 1951, Archives Turing, King’s College, Cambridge Alan Mathison Turing est l’un des premiers théoriciens de l’intelligence artificielle. Il a passé… Lire la suite »

le sentiment même de soi

Pour Damasio, ce titre l’affirme, la conscience est un sentiment. Un sentiment (en simplifiant énormément, car il existe des sentiments inconscients) est ce qui naît lorsqu’une émotion devient consciente ; la conscience naît lorsque le fait de ressentir devient lui même conscient. La conscience est par conséquent un sentiment de sentiment, « le sentiment de… Lire la suite »

voués à connaître

Nous sommes donc voués à connaître, et c’est une joie qui ne va pas sans souffrance : La conscience est […] à l’origine du drame de la condition humaine parce qu’elle repose sur un marché que nul d’entre nous n’a jamais conclu […]. Le sentiment que nous avons de ce qui se passe est la… Lire la suite »

summus conatus est res intelligere

Corps et esprit étant intimement liés chez Spinoza, le conatus consiste également à s’efforcer de développer sa raison, à désirer connaître : être un homme c’est tendre à comprendre et à comprendre toujours plus. Cet effort pour comprendre n’est autre que le conatus parvenu à son plus haut degré d’efficience ; le désir de connaître… Lire la suite »

persévérer dans son être

Chaque chose, selon sa puissance d’être, s’efforce de persévérer dans son être. […] L’effort par lequel chaque chose s’efforce de persévérer dans son être n’est rien en dehors de l’essence actuelle de cette chose. Spinoza, Éthique, III, propositions 6 et 7 Le conatus (le terme latin utilisé pour nommer cet effort, ce désir ou cette… Lire la suite »

intuitions spinozistes

Mais, selon Damasio, Spinoza ne s’est pas contenté de contredire Descartes en affirmant que l’esprit est inséparable du corps, que tous deux sont faits de la même étoffe et sur un pied d’égalité : « Il me semble – mais peut-être me trompé-je – que, si on se fie aux propositions de la deuxième partie… Lire la suite »

une seule et même chose

[…] l’esprit et le corps sont une seule et même chose, qui se conçoit sous l’attribut tantôt de la Pensée, tantôt de l’Étendue. […] Personne, en effet, n’a jusqu’ici déterminé ce que peut le corps, c’est à dire que l’expérience n’a jusqu’ici enseigné à personne ce que, grâce aux seules lois de la Nature –… Lire la suite »

je pense donc je suis

Ainsi, à cause que nos sens nous trompent quelquefois, je voulus supposer qu’il n’y avait aucune chose qui fût telle qu’ils nous la font imaginer. […] Je rejetai comme fausses toutes les raisons que j’avais prises auparavant pour démonstrations […] et me résolus de feindre que toutes les choses qui m’étaient jamais entrées en l’esprit… Lire la suite »

spinoza encule descartes

Un neurologue a beaucoup travaillé et écrit sur les émotions, les sentiments, et les rapports complexes entre le corps et l’esprit : Antonio R. Damasio, qui est né et a fait ses études à Lisbonne avant de partir pour les Etats-Unis, et est aujourd’hui mondialement connu pour ses travaux sur le cerveau humain. Damasio, dont… Lire la suite »

je suis triste parce que je pleure

Les émotions, de même, ne sont pas nécessairement conscientes. Elles sont même d’abord inconscientes. Les émotions dites primaires (la peur, la joie, la colère, la tristesse, la surprise, le dégoût…) sont en effet dans un premier temps des modifications corporelles : face à une situation donnée, le corps tout entier réagit par des sécrétions endocrines… Lire la suite »

biologie des passions

Tout de même, anature ou pas, l’homme doit composer avec tout ce que, dans son système nerveux, il ne contrôle pas et dont le plus souvent il n’est pas même conscient – peut-être est-ce là, d’ailleurs, que réside l’inconscient véritable. Comme tous les organismes vivants le corps humain n’a pu survivre qu’en maintenant son milieu… Lire la suite »

néoténie et anature

Dans Machine-esprit (Odile Jacob, 2001), Alain Prochiantz reprend cette idée de la plasticité du cerveau humain, qui « est l’objet d’une reconstruction permanente permise par le renouvellement des neurones, la modification de leurs arborisations, la naissance et la mort des synapses ». Il revient sur l’histoire de la formation du cerveau, des arthropodes aux vertébrés,… Lire la suite »