ce dont tremble un enfant

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Si par hasard vous croisez, n’importe où dans le monde – à l’aéroport de Chicago par exemple, les flics y sont très gentils avec les enfants, ils leur donnent toujours des badges amusants -, une petite fille vêtue de noir coiffée d’un béret, un attaché-case à ses pieds, et qui lit avec intensité, en suçant son pouce ou en buvant du jus de tomate avec une paille, le Traité du désespoir de Kierkegaard, il y a pas mal de chances pour que ce soit Unica.
Et si elle vous regarde droit dans les yeux, en murmurant : Ce dont tremble un enfant, pour l’adulte n’est rien. L’enfant ne sait ce qu’est l’horrible, l’homme le sait, et il en tremble. Le défaut de l’enfance, c’est d’abord de ne pas connaître l’horrible, et en second lieu, suite à son ignorance, de trembler de ce qui n’est pas à craindre.
Éloignez-vous au plus vite…

Elise Fontenaille, Unica (Stock, 2007, p. 11)

Ce court roman, qui est à la fois (et donc n’est pas vraiment) un thriller d’anticipation, une fable sur les tabous de notre époque et une histoire d’amour impossible entre Herb, ancien hacker qui traque les pédophiles sur internet, et Unica, la petite fille aux cheveux blancs qui ne peut pas vieillir, exerce une étrange séduction.

Née à Nancy, en 1960, Élise Fontenaille est l’auteur de cinq autres romans :
La gommeuse (Grasset, 1997)
Le Palais de la femme (Grasset, 1999)
Demain les filles on va tuer papa (Grasset, 2001)
L’enfant rouge (Grasset, 2002)
Brûlements (Grasset, 2005)