Archives mensuelles : décembre 2006

voeux

La chute d’Icare Pourquoi Icare est-il tombé ? Parce qu’il s’est trop approché du soleil ? Absolument pas. Icare avait bien étudié la question et il se tenait à une distance prudente. Mais l’une de ses ailes manifesta dès le départ un irrépressible attrait pour le sol et cela compromit tant et si bien sa tenue de… Lire la suite »

larmes existentielles

Vu également il y a quelques jours, in extremis avant qu’il ne soit désinstallé le 31 décembre, le Léviathan Thot qu’Ernesto Neto (né à Rio en 1964) a crée pour le Panthéon. Cette oeuvre est un exemple très réussi de la manière dont la cohabitation des contraires peut admirablement fonctionner et émouvoir : les formes féminines,… Lire la suite »

Catégorie : art

imprégnation de l’espace

Yves Klein fait également l’objet d’une exposition très intelligente au Centre Georges Pompidou : davantage sans doute que les oeuvres exposées (ci-dessus Ci gît l’espace, 1960), sont surprenants car beaucoup moins connus les enregistrements visuels et sonores de l’artiste qui les accompagnent, par exemple cet étonnant « Manifeste de l’Hôtel Chelsea » (New York, 1961) ou Klein affirme… Lire la suite »

Catégorie : art

rapprocher et confronter

Pour le plaisir, l’incipit de la préface manuscrite d‘Orion aveugle, qui montre bien comment l’écriture de Simon s’apparente au travail de Rauschenberg, tout en étant très différente, car les mots en effet sont un « matériau » très particulier : Je ne connais pour ma part d’autres sentiers de la création que ceux ouverts pas à pas, c’est-à-dire… Lire la suite »

machines signifiantes

Pour quelques jours encore le Centre Georges Pompidou expose les Combines (1953-1964) de Robert Rauschenberg (né en 1925). J’ai découvert Robert Rauschenberg grâce à Claude Simon, qui dans les Corps conducteurs évoque notamment Charlene (1954, ci-dessus) et Canyon (1959). J’aime l’alchimie (intime et universelle, signifiante et énigmatique) qui réunit dans ses « combinaisons » des reproductions de… Lire la suite »

Catégorie : art

l’empire de la passivité moderne

Spécialement pour Berlol (!) encore un peu de « péremptoire » debordien : 12. Le spectacle se présente comme une énorme positivité indiscutable et inaccessible. Il ne dit rien de plus que « ce qui apparaît est bon, ce qui est bon apparaît ». L’attitude qu’il exige par principe est cette acceptation passive qu’il a déjà en fait obtenue… Lire la suite »

la publicité du temps

154. Cette époque, qui se montre à elle-même son temps comme étant essentiellement le retour précipité de multiples festivités, est également une époque sans fête. Ce qui était, dans le temps cyclique, le moment de la participation d’une communauté à la dépense luxueuse de la vie, est impossible pour la société sans communauté et sans… Lire la suite »

qui-je-fus me parlent

  Je suis habité ; je parle à qui-je-fus et qui-je-fus me parlent. Parfois, j’éprouve une gêne comme si j’étais étranger. Ils font à présent toute une société et il vient de m’arriver que je ne m’entends plus moi-même. Henri Michaux, Qui je fus, Gallimard, Poésie, p. 173  

disposition à ne rien faire

Chaque fois que je reçois dans ma boîte mail le feuilleton offert actuellement par les éditions POL (après Winckler, Camille Laurens, Jacques Jouet, etc.) j’ai envie d’en parler, tant les dessins de François Matton sont poétiques, énigmatiques et émouvants. De plus, dans sa notice biographique (POL), on lit : Vivant de peu, se contentant d’un rien,… Lire la suite »

et in arcadia ego

( (…) quelque chose pour être écrit — ou décrit — en latin, à l’aide de ces mots latins, non pas crus, impudiques, mais, semble-t-il, spécialement conçus et forgés pour le bronze, les pierres maçonnées des arcs de triomphe, des aqueducs, des monuments, les rangées de mots elles-mêmes comme maçonnées, elles-mêmes semblables à d’indestructibles murailles… Lire la suite »

je m’en vais escornifflant

Nous ne travaillons qu’à remplir la mémoire, et laissons l’entendement et la conscience vuide. Tout ainsi que les oyseaux vont quelquefois à la queste du grain, et le portent au bec sans le taster, pour en faire bechée à leurs petits : ainsi nos pedantes vont pillotans la science dans les livres, et ne la logent… Lire la suite »

je n’aime pas la campagne

Juste pour l’aphorisme-titre de ce recueil de Jean-Michel Ribes calligraphiés par Stéphane Trapier (Xavier Barral, 2006) !

depuis maintenant

Inventaire/Invention, l’irremplaçable « pôle (multimedia) de création littéraire » fondé en octobre 1999 par Patrick Cahuzac, a refondu sa présentation et sa maquette, mais offre un contenu de plus en plus riche à lire, à voir, à écouter. Les petits livres d’Inventaire/Invention sont disponibles en ligne et pourtant très souvent leur qualité donne envie de les acheter… Lire la suite »

les coulisses du désordre

Philippe De Jonckheere entrouvre une fenêtre sur les coulisses soigneusement (ré)organisées de son Désordre, dont il a tenu à « augmenter la dimension labyrinthique (…) compliquer les choses, brouiller les repères » ; il nous dévoile même une bribe du code css.

énigmatiques

Le dernier roman publié par les éditions Comp’Act que j’ai lu est Chants de Mars : ce premier roman de Marc Ory n’est pas totalement réussi mais il est très intéressant car énigmatique, à la fois drôle et métaphysique ; commençant dans un panier à salade sur la corniche de Marseille comme un roman de Philippe Carrese,… Lire la suite »

une chambre pleine de livres

Pour devenir écrivain, il faut avoir, avant la patience et le goût des privations, un instinct de fuir la foule, la société, la vie ordinaire, les choses quotidiennes partagées par tout le monde, et de s’enfermer dans une chambre. Nous, écrivains, avons besoin de la patience et de l’espérance pour rechercher les fondements, en nous-mêmes,… Lire la suite »

incertitude sur tout

Dans son journal intime, Benjamin Constant, utilisait un code chiffré pour éviter de devoir se répéter, ce qui donne des résultats est assez surprenants, par exemple : « Juin 1805 Le 15 : Lettres de Mme de Staël. 7. 8. 12. 13 sur tout cela, excepté sur 2. Je penche pour 7. Ecrit à Meylan. 13. 13. 8.… Lire la suite »

une barrière insurmontable

Ne sachant que faire le soir, j’ai relu ce journal, et il m’a passablement amusé. Si ceux dont je parle le lisaient, aucun ne serait content. Cependant aucun n’écrirait autrement sur ses amis, s’il écrivait pour lui-même. En le commençant je me suis fait une loi d’écrire tout ce que j’éprouverais. Je l’ai observée, cette… Lire la suite »

le fil de notre labyrinthe

Le journal intime n’est prolixe que sur les choses un peu impersonnelles, et n’est pas exact ni complet dans les sujets intimes, du moins un journal masculin. Des pages non destinées à la flamme en deviennent discrètes. Et d’ailleurs une sorte de gêne et de pudeur particulière empêche un homme de parler avec grâce ou… Lire la suite »

brèves

Quelques billets amusants à signaler dans la blogosphère (ou du moins ma blogosphère) : ::: les bonnes recettes de KA (dont la Boîte à images est irremplaçable, je le redis ici) ::: un double pastiche de Christine Angot très réussi ::: je déteste Noël, mais j’aime les bulles d’introduction (par Une Jeune fille bien dont le… Lire la suite »