Archives mensuelles : février 2007

entassement non panoramique

Un dernier détail de Piero della Francesca pour vous remercier d’avoir continué à lire et animer par vos commentaires les lignes de fuite pendant mon absence ! Je veux voir la boîte d’albâtre mystérieuse et translucide qu’y tient Marie-Madeleine comme une antidote à la déprimante « fosse à bitume » de François Bon, métaphore injustement négative pour… Lire la suite »

fonds commun

C’est à la recherche de ce jeu que l’on pourrait peut-être concevoir un engagement de l’écriture, qui, chaque fois qu’elle change un tant soit peu le rapport que par son langage l’homme entretient avec le monde, contribue dans sa modeste mesure à changer celui-ci. Le chemin suivi sera alors, on s’en doute, bien différent de… Lire la suite »

carrefours de sens

Plus ou moins consciemment, par suite des imperfections de sa perception puis de sa mémoire, l’écrivain sélectionne subjectivement, choisit, élimine, mais aussi valorise entre cent ou mille quelques éléments d’un spectacle (…) S’il s’est produit une cassure, un changement radical dans l’histoire de l’art, c’est lorsque des peintres, bientôt suivis par des écrivains, ont cessé… Lire la suite »

deus ex machina

Si je ne peux accorder crédit à ce deus ex machina qui fait trop opportunément se rencontrer ou se manquer les personnages d’un récit, en revanche, il m’apparaît tout à fait crédible, parce que dans l’ordre sensible des choses, que Proust soit soudain transporté de la cour de l’Hôtel des Guermantes sur le parvis de… Lire la suite »

cette sacrée corde raide

Je n’écris pas pour les carabins. Ceux là savent qu’il ne se passe rien alors qu’un phénomène biologique comme les autres. De même que les militaires de métier savent qu’une maison coupée en deux, c’est une maison qui a reçu une bombe et que des tas de types morts, c’est tout simplement le résultat d’une… Lire la suite »

une poignée de verre pilé

ce fut ainsi que cela se passa, en tout cas ce fut cela qu’il vécut, lui : cette incohérence, cette juxtaposition brutale, apparemment absurde, de sensations, de visages, de paroles, d’actes. Comme un récit, des phrases dont la syntaxe, l’agencement ordonné – substantif, verbe, complément – seraient absents. Comme ce que devient n’importe quel article de… Lire la suite »

un bloc de plexiglas

On dirait des gens obligés de se battre dans un couloir contre les parois duquel ils se cogneraient sans cesse, ou plutôt entre deux plaques de verre tellement rapprochées qu’à la fin ils semblent pris, immobilisés tels quels, comme ces animaux ou ces objets enfermés dans un bloc de plexiglas, encastrés les uns dans les… Lire la suite »

caractéristique flétrissure

chez della Francesca : cette caractéristique flétrissure de la plupart des visages et qui ne tient pas tant à la morphologie première (faciès de brutes — naturels dans la soldatesque —, d’empoisonneurs, de bellâtres, de gitons, comme, par exemple, dans la Défaite de Chosroès, le page qui souffle de la trompette, un adolescent à première vue… Lire la suite »

une mince pellicule de couleur

Quoique les règles de la perspective soient apparemment observées pour suggérer au spectateur la sensation de profondeur, le peintre s’est contradictoirement attaché à multiplier les artifices qui ont pour résultat de détruire cet effet de façon que le géant se trouve partie intégrante du magma de terre, de feuillage, d’eau et de ciel qui l’entoure.… Lire la suite »

réseau de correspondances

Dans Les jeunes filles en fleurs, Proust, parlant des repas qu’il prend avec sa grand-mère dans la salle à manger du Grand Hôtel de la Plage, à Balbec, écrit ceci : « Pour ma part, afin de garder, pour pouvoir aimer Balbec, l’idée que j’étais sur la pointe extrême de la terre, je m’efforçais de regarder… Lire la suite »

soustraction du sens

Dans Logique du sens, Deleuze expliquait que le sens ne serait pas quelque chose de planqué qu’il s’agirait de débusquer. Il n’y a pas de dévoilement à opérer, parce qu’il n’y a rien à dévoiler. Le sens n’est tapi nulle part ; n’attend pas qu’on vienne le chercher. Il ne précède pas le texte – n’en… Lire la suite »

le titanic après l’iceberg

je pose aujourd’hui que ce qu’on appelle roman (officiel) ce qu’on offre en tant que roman (officiel) ce qu’on achète en tant que roman (officiel) ce qu’on critique en tant que roman (officiel) ce dont on parle comme étant de l’ordre du roman (officiel) dans la presse et dans l’édition en France en général n’est… Lire la suite »

météo-poétique

La nature c’est comme le reste, c’est pas plus beau ni plus pur qu’une ville, que les zones commerciales ou les zones industrielles, que les éoliennes hautes et arrogantes au-dessus des épicéas. Des fois même la nature elle est comme ça énervante et neurasthénique, à l’automne si moche et sale, boueuse et collante au printemps… Lire la suite »

entaille dans la grande fiction

On nous dirait qu’ainsi va le monde. On nous dirait qu’ainsi il va, qu’il n’y a rien d’autre. À chercher. À trouver. Tous le diraient. Tous depuis toujours. On est si petit alors. On vient d’arriver. On nous dit ce qui est vrai. Que faire ? On dirait qu’on ferait semblant de croire que ce qui… Lire la suite »

ceci tuera cela

Après avoir lu les réponses de François Bon et de Berlol à un article où Francis Marmande (Le Monde, 8 février 2007) accuse la « toile cirée » d’internet de tuer la littérature, j’ai envie d’ajouter mon grain de sel en ricochant sur une autre expression. Comme trop souvent ceux qui accusent aujourd’hui internet de tous les… Lire la suite »

ce qui est fait

J’ai souvenir de mon émotion quand je lisais Voyage en grande Garabagne, il y a plus de vingt ans. Tout au long de ma lecture, je me disais « j’ai une idée, je vais écrire ce livre », et j’étais tellement exalté par ce projet que je ne voyais pas l’évidence : qu’il était trop tard, que… Lire la suite »

méconnaître un dieu

Puisque ce « passage secret » (il le reste même s’il a été souvent cité et étudié) figure dans mes tablettes numériques (il m’est cher et secret aussi), j’espère que Jean-François Paillard ne m’en voudra pas de le rendre moins secret en le citant in extenso : Nous descendîmes sur Hudimesnil ; tout d’un coup je fus rempli de… Lire la suite »

l’épouvantail d’hudimesnil

Jean-François Paillard parle également fort bien de ses propres « machines romanesques » dans un entretien avec Fabienne Swiatly proposé par remue.net : (…) Au point où en est aujourd’hui la « Fiction », je pense qu’un roman est une expérience narrative qui doit tout tenter, même l’impossible, le présomptueux, le « plus grand que soi », la confusion,… Lire la suite »

machines romanesques

Pour le volume Devenirs du roman (Inculte / Naïve, 2007), Philippe Vasset propose un beau texte intitulé « Machines romanesques » (p. 55-60) : -> (…) Pour mes deux premiers textes, je pensais avoir mis en place une forme nouvelle, baptisée « Machines » (j’avais négocié pour que cet intitulé apparaisse en-dessous du fatal « roman » sur la couverture de mes… Lire la suite »

oreille absolue

Merci à buzz littéraire de mettre en ligne un (trop) court extrait de l’intervention de Régis Jauffret lors du colloque Enjeux contemporains du roman.