Archives mensuelles : avril 2007

parler en mieux

Transmettre sa nervosité, transmettre son stress, je ne demande que ça, qu’on me transmette son stress. La musique ne calme pas mes nerfs, elle les chauffe à blanc. Je ne fais de bonnes choses que stressée. NTM me porte sur les nerfs, c’est une bénédiction. Un mot, quelques syllabes, qui me tapent sur le système,… Lire la suite »

sous le front plissé des androïdes

Quant à ces passants qui continuent de mouvoir dans leur monde parallèle leurs hologrammes, ne relèvent-ils pas aussi, à leur manière, du simulacre ? Dans la lumière bleuie du dehors qui les baigne comme une onde, ils vous ont une allure qui flirte avec l’étrange, sans que l’on puisse dire sur quoi exactement se fonde cette… Lire la suite »

mon œil fugue

Je ne sais pas ce qu’il en est de vous, mais, pour ma part, dans un tableau, le plus souvent, ce n’est pas le sujet principal que je considère ; ce sont plutôt ces petites scènes qui se logent dans les arrière-plans, ces sujets secondaires, qui s’esquissent à coups de pinceau plus rapides, qui ont lieu… Lire la suite »

pauvre cosmonaute sans exercice

Quel était ce souvenir qui venait sourdre ainsi ? Quel était l’impossible passé commun auquel il paraissait se référer ? C’était quelque chose qui semblait venir du fond des âges, quelque chose de puissant et de gourd, et qui l’envahissait. Qui l’aspirait, comme si soudain on l’invitait à remonter la chaîne du temps, comme si on l’obligeait… Lire la suite »

la maladie naturelle de notre esprit

Les hommes méconnaissent la maladie naturelle de leur esprit : il ne fait que fureter et quêter ; et va sans cesse, tournoyant, bâtissant, et s’empêtrant en sa besogne, comme nos vers à soie, et s’y étouffe. Mus in pice. Il pense remarquer de loin, je ne sait quelle apparence de clarté et vérité imaginaire : mais pendant… Lire la suite »

presque toujours

Presque toujours en politique, le résultat est contraire à la prévision. François René de Chateaubriand (Mémoires d’outre-tombe, Livre IX, chapitre 3)

nous ne faisons que nous entregloser

Il y a plus affaire à interpréter les interprétations qu’à interpréter les choses, et plus de livres sur les livres que sur autre sujet : nous ne faisons que nous entregloser. Tout fourmille de commentaires : d’auteurs, il en est grand cherté. Le principal et plus fameux savoir de nos siècles, est-ce pas savoir entendre les savants ?… Lire la suite »

lost in translation

Le paradoxe spatio-temporel selon Calvino : au-delà d’une certaine distance, il n’y a plus de temps de réponse possible, surtout quand les corps célestes s’éloignent les uns des autres à la vitesse de la lumière. Dès lors, le message devient absolu, définitif – il devient une vérité, irrémédiable, perdue dans l’infini, hors d’atteinte. Ce serait une… Lire la suite »

chrysalides du concept

La science n’est sans doute au fond qu’une merveilleuse source de métaphores. La double flèche du temps, la mémoire de l’eau, l’apoptose, les trous noirs, l’antimatière – où trouver de plus belles métaphores (…) ? Et pourquoi ne pas en abuser ? Ce sont les chrysalides du concept. Jean Baudrillard, Cool Memories V : 2000-2004 (Galilée, 2005, p.… Lire la suite »

un art de la disparition

Quand je parle du temps, c’est qu’il n’est pas encore Quand je parle d’un lieu, c’est qu’il a disparu Quand je parle d’un homme, c’est qu’il est déjà mort Quand je parle du temps, c’est qu’il n’est déjà plus Parlons donc du monde d’où l’homme a disparu. Il s’agit de disparition, et non pas d’épuisement,… Lire la suite »

un soulier de confort dans l’élan

27. Technique La force de l’homme est le point. Celui-là sur le banc fut un homme. Celui-ci sur le banc continue. Il devient ce qu’il est. Qui est un homme ? Bête se demande. Elle dit parfois : « Voilà un homme ». Ou « Voici ». Elle va sur lui. Droit devant. Il prend un bâton et… Lire la suite »

politique quotidienne du désordre

Le conseil avisé de François Bégaudeau au « désordrophile » – quelque peu frustré, par les temps qui courent – qui sommeille – selon lui – en tout électeur de gauche : (…) instaurer, dans son espace vital, une Politique Quotidienne du Désordre, ou PQD. Cette dernière est menée en circuit interne. Par l’individu, pour l’individu. Juge et… Lire la suite »

détournement de mots d’ordre

Quelques uns des Grands mots d’ordre et petites phrases pour gagner la présidentielle (POL, 2007) d’Hubert Lucot : Nul n’est censé ignorer la loi de la jungle. (p. 15) Tous les humains ont devoir de se ressourcer, sauf s’ils n’ont pas de ressources. (p. 61) L’intelligence artificielle n’est pas au point. Heureusement, l’informatique assiste intelligemment la… Lire la suite »

êtres de fuite

Comment rebondissent-ils ? On l’ignore. Ils ne touchent ni le sol ni les choses ni les hommes, pourtant ils tiennent. Par commodité, on les imagine gluants, extrêmement malléables et d’une légèreté qui confine à la susceptibilité : ils fuient à l’approche de la moindre surface, ricochent sans fin entre les choses, entre les gens, horizontalement mais aussi… Lire la suite »

tous contre tous

Même si ceux qui ne les lisent pas continuent d’accuser les écrivains français contemporains de ne s’intéresser qu’à leur nombril, ils me semblent nombreux, en ces temps pré-électoraux, à parler de ce qui les entoure et ne leur plaît pas. Ariel Kenig publie ainsi Quitter la France (Denoël, 2007), court pamphlet en forme de lettre… Lire la suite »

numérisation de l’univers

Dans la nouvelle d’A. Clarke, les étoiles s’éteignent une à une dès que sont comptabilisés tous les noms de Dieu. N’est-ce pas la même opération de numérisation de l’univers qu’ont entreprise les computers du monde entier, cette fois pour leur propre compte, sans tenir compte de Dieu, et ne faut-il pas prévoir la même extinction… Lire la suite »

pensée siliconée

« L’humanité ne pourra se penser comme telle que lorsqu’elle rencontrera une autre espèce consciente… » Il y a une grande présomption à ne vouloir se mesurer à quelque autre espèce que sur la base de la conscience. Celle-ci est un miroir déformant qui empêche de voir que la confrontation existe déjà hors-conscience, dans l’infra-humain, dans l’animal,… Lire la suite »

grenouille artificielle

Harry, le narrateur de Neurotwistin’, de Laurent Queyssi est une grenouille neurasthénique, fruit d’une expérience qui lui a donné un esprit humain : non seulement il parle mais il écrit des romans d’espionnage à succès. Ce premier roman, paru en 2006, est désormais téléchargeable gratuitement sur le site de son éditeur , Les Moutons électriques, qui… Lire la suite »

tableaux détachés

Dans plusieurs entretiens et textes théoriques, Claude Simon cite (de mémoire précise-t-il) un passage de Madame Bovary, par exemple : Il y a à ce sujet dans Madame Bovary une toute petite phrase d’une importance capitale, et qui a présidé à tout un aspect de l’évolution du roman contemporain. C’est celle-ci : « Tout ce qu’il y avait… Lire la suite »

qui pleurent comme des urnes

Allez, encore un petit passage de Flaubert, sur les lectures d’Emma, avec une autre métaphore étrange, celle des messieurs « qui pleurent comme des urnes » : Ce n’étaient qu’amours, amants, amantes, dames persécutées s’évanouissant dans des pavillons solitaires, postillons qu’on tue à tous les relais, chevaux qu’on crève à toutes les pages, forêts sombres, troubles du… Lire la suite »