Archives mensuelles : juillet 2007

éclipse

Michelangelo Antonioni est mort lui aussi hier … triste semaine ! post-scriptum : Jeanne Moreau ressemble tellement dans ce plan de La Notte à une vierge boudeuse de Piero Della Francesca, qui était le peintre préféré d’Antonioni, peintre lui-aussi.

Catégorie : art

je ritualise l’indicible

Sur la table blanche avec ses rallonges, il y avait, au milieu des autres cadeaux de Noël de mon frère, le cinématographe avec sa cheminée recourbée, son élégante lentille de cuivre et le dispositif pour les rouleaux de films. Ma décision fut immédiate, j’ai réveillé mon frère et je lui ai proposé une affaire. Je… Lire la suite »

Catégorie : art

et nous déguisons à nous-mêmes

Au risque de déprimer certains et d’en énerver d’autres, encore quelques citations reprises du Laudator Temporis Acti de Lucien Jerphagnon, qui m’a donné envie de lire les Pensées du début à la fin, et pas en grappillant, avec par exemple : Ainsi la vie humaine n’est qu’une illusion perpétuelle : on ne fait que s’entre-tromper et s’entre-flatter.… Lire la suite »

si on ne s’évite pas

À plusieurs, on souffre autant, mais on le supporte moins mal, et c’est toujours autant de pris. Ainsi, l’intérêt du présent recueil de désespérances pourrait être – je dis bien pourrait être – que mon lecteur tombât, comme cela, sur celle dont il souffre à cette heure-là. Et se retrouvant avec Sophocle, Abélard, Charles Maurice… Lire la suite »

salauds d’improductifs

Avant d’être salarié, le travailleur était un esclave. Son maître se devait alors de le nourrir et de le loger, voire de le vêtir. Depuis qu’il n’est plus cet esclave, le travailleur se doit à son tour de se vêtir, de se nourrir et de se loger lui-même, ainsi que du faire le plein de… Lire la suite »

demande au lecteur

– Pourquoi vous êtes en pente ? – Et pourquoi vous ne tombez pas ? Ils étaient tous couchés dans leurs lits, les lits étaient tournés vers le sol, mais ils n’étaient pas attachés aux cadres des sommiers métalliques. – Mais c’est toi qui es en pente, pas nous, dit C-C-C, lentement, distinctement, en détachant tous… Lire la suite »

Catégorie : art

ne pas s’agglomérer

Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. À te regarder, ils s’habitueront. La sagesse est de ne pas s’agglomérer, mais, dans la création et dans la nature communes, de trouver notre nombre, notre réciprocité, nos différences, notre passage, notre vérité, et ce peu de désespoir qui en est l’aiguillon et le… Lire la suite »

les minutes de suif de la clarté

La reproduction en couleur du Prisonnier de Georges de La Tour que j’ai piquée sur le mur de chaux de la pièce où je travaille, semble, avec le temps, réfléchir son sens dans notre condition. Elle serre le cœur mais combien désaltère ! Depuis deux ans, pas un réfractaire qui n’ait, passant la porte, brûlé ses… Lire la suite »

la réalité n’était qu’une vieille chaussette

Ingrid réfléchissait. Parce que la réalité nous appâtait avec quelques péripéties, nous laissait espérer une montée en puissance et une impressionnante explosion finale, on l’envisageait vigoureuse et exubérante. On prévoyait des séparations passionnées, ouvertes sur des revirements surprenants, alors qu’on n’avait droit qu’à un théâtre d’ombres, celui des silhouettes fantomatiques des amis morts et des… Lire la suite »

une brèche dans le vide

Tout se patine. À condition de savoir éviter la rancœur et de se garder du cynisme, on petit faire bonne mesure de sa tristesse. Et même l’aimer, ou du moins en sourire. Elle n’est pas le contraire de la joie, c’est un peu la même lueur sous un autre angle. Plutôt qu’un psy ou un… Lire la suite »

de continuelles interventions s’abstenir

La vie, aussi vite que tu l’utilises, s’écoule, s’en va, longue seulement à qui sait errer, paresser. À la veille de sa mort, l’homme d’action et de travail s’aperçoit – trop tard – de la naturelle longueur de la vie, de celle qu’il lui eût été possible de connaître lui aussi, si seulement il avait… Lire la suite »

la perfection de la paresse

À la demande générale, encore un peu de littérature subversive : dans un court texte écrit d’un seul jet le 15 février 1921, le peintre et théoricien Kazimir Malevitch se livre à une réhabilitation de la paresse « mère de la perfection », non sans prendre malicieusement l’exemple du modèle de perfection que les hommes se sont… Lire la suite »

participer au grand handicap

Aujourd’hui, chacun est contraint, sous peine d’être condamné par contumace pour lèse-respectabilité, d’exercer une profession lucrative, et d’y faire preuve d’un zèle proche de l’enthousiasme. La partie adverse se contente de vivre modestement, et préfère profiter du temps ainsi gagné pour observer les autres et prendre du bon temps, mais leurs protestations ont des accents… Lire la suite »

face au trou noir

1 équipage. Ce sont des résistants. Ils forment 1 ensemble. Cohérent ou incohérent n’est pas le questionnement. Leur futur sera une situation bouleversée. Vous suivez ? Ils laissent 1 univers derrière eux. Cet univers était celui d’une planète dévastée où les derniers hommes s’étaient réfugiés dans 1 dôme isolé. Vous suivez ? OK. Bienvenue à bord. On… Lire la suite »

ferry boat et poésie

Je retrouve mon addiction au « blogging », après quelques jours à Marseille, où je n’ai pas fait que savourer le soleil, buller sur la corniche en regardant passer les (quelques petits) nuages et attendre (en vain) que le « ferry boat » du vieux port (sur lequel veille une vache paresseuse du plus beau rose) ne soit… Lire la suite »

peur d’absence

Connaître soudain la peur que le lien au monde soit interrompu. Se retourner vers ce qui est accumulé, confusément. Dans ce fouillis fouiller de façon de plus en plus désordonnée, secoué par la crainte qui a motivé la fouille de ne pas trouver de quoi renforcer le lien déjà si distendu qu’il menace de céder… Lire la suite »

inutile et nuisible

Le mode conditionnel est inutile et nuisible, qui ne fait qu’apporter au passé la rancune, au présent l’envie, au futur la timidité dont ils n’ont nul besoin. Je peux tabler aujourd’hui sur un avenir selon mes vœux dont demain me dira s’il le fut ou pas, quant au passé, de lui-même il s’est enseveli et… Lire la suite »

l’art est illusionniste

Si la caricature consiste à conserver les proportions de l’ensemble tout en modifiant la forme et la dimension de certaines parties, il n’y a pas d’art qui ne soit caricatural – avec en plus cette différence que, le réel n’étant pas un ensemble dans lequel il serait loisible d’isoler des parties, l’art de l’art consiste… Lire la suite »

les suivre les redessine

Ce qui n’a pas de chair ne peut être entamé ; ce qui a affecté l’âme ne l’a pas pénétrée – ni ne l’a marquée ; ce qui y demeure ce sont des lignes qui se perdent aussi loin qu’on les remonte : les suivre les redessine. (p. 7) Œuvre est en soi, posée en soi par l’auteur… Lire la suite »

que notre invisible s’accroche

On laisse derrière soi l’événement muet. On laisse derrière soi l’événement, on le pose, on tourne, travaille, sombre, voyage. On laisse derrière soi tout ce qui eut lieu de l’homme ou de l’histoire qui révéla l’énigme précédant tout et soi. On n’a pas d’émoi. L’indifférence bâille, au début, dès le début, et finit, après le… Lire la suite »