situation des esprits
Par cgat le samedi 9 septembre 2006, 01:33 - édition - Lien permanent
Je regarde sur un coin d'écran la première
de l'émission littéraire de la nouvelle grille de France 2, animée par
Guillaume Durand, intitulée Esprits libres et programmée à 23h40, en direct de chez Drouant (en
attendant le Goncourt). Il y a sur la table de très joli petits umpc (ou
archos?) noirs retransmettant l'émission (qui font trop moderne) et autour
plein d'écrivains/critiques/éditeurs/présentateurs télé (cochez une ou
plusieurs cases).
Éric Naulleau stigmatise (comme d'habitude) la pensée unique qui l'empêche (on voit ça) de dire du mal de Christine Angot. Il déplore l'irrésistible déclin de la littérature française. Il a aimé, toutefois, la haute tenue du livre dont on parle ensuite, forcément, du livre qu'il faut lire cette rentrée, vous savez celui d'un jeune auteur américain mais francophone qui n'a pas hésité à se mettre dans la peau d'un nazi et qui a rédigé son premier jet en quatre mois après quatre années de documentation ... on en parle de manière polémique, forcément, ça fait vendre ... puis on revient sur Christine Angot, et on se querelle un peu, aussi, mais moins (mauvais signe ça).
Je vais plutôt continuer la lecture de Démolir Nisard d'Éric Chevillard (Minuit, 2006) dont je reparlerai certainement. Son incipit n'est pas hors sujet :
Selon Désiré Nisard, la littérature française a entamé son irrésistible déclin dès la fin du XVIIe siècle et la mort de Bossuet, opinion qu'il énonce en 1853, c'est dire comme les choses ont dû se dégrader encore, c'est dire quelle aversion lui eût à coup sûr inspiré cet ouvrage, daté des premières années du XXIe siècle. Et certes, il ne sera pas écrit dans le style des classiques latins chers à son coeur, mais cette tare n'eût été que le prétexte allégué par ce faux jeton de Nisard pour justifier son dédain, nous ne sommes pas si naïfs. (p. 7)
Commentaires
Merci de l'avoir regardée pour moi (nous ?). J'y avais pensé mais pas eu le courage - je craignais trop que ce soit ça pour veiller si tard. Je ne peux plus, n'ai plus de crédit disponible pour ces gens-là, ces faux jetons. Alors, Chevillard, oui, bien sûr.
pas de télévision, et n'en veux pas. vous ne trouvez pas ça rafraîchissant les diatribes contre les mauvais livres, contre le déclin de l'art, pour un théâtre d'avant-garde qui en fait a soixante ans d'âge, il y a des sujets qui reviennent avec régularité depuis... Voltaire s'énerve contre la décadence du goût des français de son temps pour l'opéra comique qui leur fait délaisser la grande tragédie (comme la sienne) et c'est tout de même mon grand homme
rafraîchissant peut-être mais un peu facile aussi, brigetoun ... et la télévision aussi est parfois "rafraîchissante" si on veut
berlol, tu aurais tout de même apprécié je pense (toi qui est fan de Christine Angot) des images d'archives la montrant en 1990, interviewée pour son premier roman Vu du ciel (qui était d'après mon souvenir un beau roman, même pas autofictionnel puisque la narratrice était une petite fille assassinée) : elle était très différente ... cheveux mi-longs trop maquillée très intimidée ... cela met en évidence le travail sur son image accompli depuis, que l'on ne peut que saluer
bien vu l ami
Chevillard ? connais pas... je vais tâcher de corriger cette erreur. Par contre Angot Christine ! ça ça sent particulièrement mauvais... Déclin de la littérature française ? bof. Il est certain que quand on voit des Angot-Darrieusecq-Giraud-Kaddour-Piccouly-Toussaint-Lachaud
encensés par la critique (jusqu'à obtenir des prix littéraires !) alors que leur métier est "marchand de bouquins"... et, pire encore, obtenir parfois un succès commercial ! on s'inquiète... mais tant qu'il reste encore de vrais auteurs, laissons ceux-là qui n'en sont pas car ils sont amputés de talent patauger dans la gloire !
lisez Eric Chevillard en effet, vous ne le regretterez pas ... vous citez des écrivains que vous n'aimez pas (et vous me permettrez de ne pas forcément être d'accord avec vous concernant plusieurs d'entre eux) mais pas les "vrais auteurs" que vous aimez : ce serait plus utile, pourtant