Archives mensuelles : mars 2006

goûter à un certain fruit

J’ai emprunté ces ponts qui unissent – ou devraient unir – culture scientifique et culture littéraire, franchissant un fossé qui m’a toujours semblé absurde. […] Il s’agit d’une coupure artificielle, arbitraire et nuisible, héritage de lointains tabous et de la Contre-Réforme, voire d’une interprétation étroite de l’interdit biblique qui défend de goûter à un certain… Lire la suite »

le parc humain

Cette question de l’apprentissage est également au centre de la réflexion de Peter Sloterdijk dans la conférence qui lui vaut en 1999 d’être quasiment accusé de fascisme, Règles pour le parc humain (Mille et une nuits, 2000). On reproche alors au philosophe d’appeler de ses vœux un avenir anthropotechnique, là où il fait simplement acte… Lire la suite »

le cerveau des femmes

Peut-être à cause de la virilité du penseur de Rodin, qui m’a fait penser à Camille, peut-être en croisant le regard mélancolique de la Rachel de Blade runner dans une de mes notes précédente, je me dis que peut-être il est moins difficile pour les femmes de supporter la vexation par les machines ou d’accepter… Lire la suite »

un roseau pensant

L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature, mais c’est un roseau pensant. Il ne faut pas que l’univers entier s’arme pour l’écraser, une vapeur, une goutte d’eau suffit pour le tuer. Mais quand l’univers l’écraserait, l’homme serait encore plus noble que ce qui le tue ; parce qu’il sait qu’il meurt, et… Lire la suite »

la vexation par les machines

Dans « La vexation par les machines », Peter Sloterdijk commence par rappeller l’importance de l’estime de soi pour l’homme : La biologie récente nous a accoutumés à l’idée que la vie physique de l’individu n’est rien d’autre que la phase à succès de son système immunitaire. De ce point de vue, la vie apparaît… Lire la suite »

le néant en déploiement

Dans le premier de ces essais, « L’heure du crime et le temps de l’oeuvre d’art », Peter Sloterdijk s’interroge sur la nature du desarroi contemporain face à la part croissante de l’artificiel dans l’humain. Il montre comment, depuis les premiers outils, la création d’extensions artificielles (et d’oeuvres d’art) fait partie intégrante de la nature… Lire la suite »

la vulnérabilité de la vie

Grand amateur de métaphores lui aussi, Peter Sloterdijk est affublé par certains d’une réputation sulfureuse, placé sur un piédestal par d’autres. Il est en tout cas l’un des seuls philosophes à poser, de manière pointue mais très lisible, et qui plus est avec humour et ecclectisme, les questions auxquelles l’humanité actuelle doit faire face. Son… Lire la suite »

l’explication des métaphores

Loin du temps, de l’espace, un homme est égaré, Mince comme un cheveu, ample comme l’aurore, Les naseaux écumants, les deux yeux révulsés, Et les mains en avant pour tâter le décor — D’ailleurs inexistant. Mais quelle est, dira-t-on, La signification de cette métaphore : « Mince comme un cheveu, ample comme l’aurore » Et… Lire la suite »

mélancolies. 2

Le parcours historique très documenté de Jean Clair se terminait au 20e siècle et ne faisait qu’effleurer le 21e, mais c’était avec une oeuvre extrêmement marquante de l’australien Ron Mueck, une sculpture sans titre baptisée Gros homme (2000). Ce mélancolique hyperréaliste (ou plutôt trop réaliste pour l’être encore) posé dans le coin au fond nous… Lire la suite »

Catégorie : art

mélancolies

Dans la collection Phillips aussi, la Mélancolie de Degas, petit tableau peu connu mais remarquable. Avec la jeune fille mélancolique du Renoir, elles prolongent la belle exposition proposée par Jean Clair à la fin de l’année dernière au Grand Palais, Mélancolie. Génie et folie en Occident. Contre toute attente, le thème, qui a longtemps fait… Lire la suite »

Catégorie : art

totalement inhumaine ?

Pourquoi serait-elle forcément « totalement inhumaine » la nouvelle forme de conscience qui remplacera l’homme au sommet de la hiérarchie des espèces ? L’hypothèse de Jean-Michel Truong est que de l’intelligence déposée par l’homme dans le silicium va émerger une forme de conscience qui deviendra très vite plus intelligente que l’homme. Mais pourquoi le but… Lire la suite »

les reliefs d’un déjeuner

Chaque fois je me promets qu’on ne m’y reprendra plus, à visiter les expositions sur-médiatisées comme celle de la Collection Phillips au Sénat : on réserve d’avance, on paie (assez cher), on fait tout de même la queue, pour pénétrer dans des salles tellement surpeuplées (il faut rentabiliser au maximum) qu’il est à peine possible… Lire la suite »

Catégorie : art

noosphère

L’expression « totalement inhumaine » est empruntée à un grand visionnaire : Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955), jésuite, paléontologue et philosophe, dont le concept de « noosphère » préfigure celui de singularité. Dans Le Phénoméne humain il déploie une vision grandiose, même si on peu la trouver trop religieuse, de l’évolution cosmique et humaine, et… Lire la suite »

totalement inhumaine

Jean-Michel Truong – psychologue et philosophe de formation, fondateur de Cognitech, première société européenne spécialisée en intelligence artificielle – a rencontré en 1999 un grand succès avec Le Successeur de Pierre (Denoël), un roman de science-fiction très stimulant dans lequel il mettait en récit des réflexions sur les mutations que vont entraîner l’intelligence artificielle. À… Lire la suite »

interroger l’habituel

Interroger l’habituel. Mais justement, nous y sommes habitués. Nous ne l’interrogeons pas, il ne nous interroge pas, il semble ne pas faire problème, nous le vivons sans y penser, comme s’il ne véhiculait ni question ni réponse, comme s’il n’était porteur d’aucune information. Comment parler de ces « choses communes », comment les traquer plutôt,… Lire la suite »

lingua quintae republicae

Pas si loin de la mémétique, l’intéressant petit livre d’Eric Hazan, LQR. La propagande du quotidien (Raisons d’agir, février 2006) a recueilli ces dernières semaines, sans que les médias y soient pour grand chose, un succès assez large auprès du public. LQR, pour Lingua Quintae Republicae, Langue de la Cinquième République. Eric Hazan a forgé… Lire la suite »

moi n’est qu’une position d’équilibre

Moi n’est jamais que provisoire (changeant face à un tel, moi ad hominem changeant dans une autre langue, dans un autre art) et gros d’un nouveau personnage, qu’un accident, une émotion, un coup sur le crâne libérera à l’exclusion du précédent et, à l’étonnement général, souvent instantanément formé. Il était donc déjà tout constitué. On… Lire la suite »

un algorithme voltairien

C’est bien joli comme mot, mais à quoi ça sert, la mémétique ? Le méméticien traque le mème sous chaque idée, regarde chaque comportement, chaque slogan avec un décodeur. Devenir méméticien – amateur – cela peut donc être, dans une version soft, commencer par se poser des tas de questions amusantes et utiles : comment… Lire la suite »

le mème du mème se répand

Et c’est une bonne nouvelle pour tout ceux que la mémétique intéresse. Sans doute internet et la blogosphère ont-ils largement contribué à propager le virus, car jusqu’ici on ne trouvait à lire en français sur le sujet que les deux volumes décapants du new-yorkais Howard Bloom, Le Principe de Lucifer (1) (1995) et Le Cerveau… Lire la suite »

plus vaste que le ciel

Plus vaste que le Ciel, le cerveau, Car, placez-les côte à côte, L’un l’autre contiendra Aisément, et vous en outre. The brain is wider than the sky, For, put them side by side, The one the other will include With ease, and you beside. Emily Dickinson